Le martyrologium des premiers siècles a été le fondement du culte des saints. En proclamant et en vénérant la sainteté de ses fils et de ses filles, l'Eglise rendait un suprême hommage à Dieu lui-même. Dans les martyrs, elle vénérait le Christ, qui était à l'origine de leur martyre et de leur sainteté. Plus tard s'est développé l'usage de la canonisation, qui existe encore dans l'Eglise Catholique et dans les Eglises Orthodoxes.
Les canonisations et les béatifications se sont multipliées ces dernières années. Elles manifestent la vitalité des églises locales, qui sont aujourd'hui beaucoup plus nombreuses qu'aux premiers siècles et qu'au premier millénaire. Le plus grand hommage que toutes les Eglises rendront au Christ au seuil du troisième millénaire sera de montrer la présence toute puissante du Rédempteur par les fruits de foi, d'espérance, et de charité chez des hommes et des femmes de si nombreuses langues et races qui ont suivi le Christ dans les diverses formes de la vocation chrétienne.
Il reviendra au Siège apostolique, dans la perspective du troisième millénaire, de mettre à jour les martyrologes pour l'Eglise universelle, en accordant une grande attention à la sainteté de ceux qui, à notre époque aussi, ont vécu pleinement dans la vérité du Christ. D'une manière toute spéciale, on devra s'employer à reconnaître l'héroïcité des vertus d'hommes et de femmes qui ont réalisé leur vocation chrétienne dans le mariage : convaincus que les fruits de sainteté ne manquent pas non plus dans cet état, nous sentons le besoin de trouver les moyens les plus adaptés pour les mettre en évidence et les présenter à toute l'Eglise comme modèles et stimulants pour les autres époux chrétiens. 

Jean Paul II
(Lettre apostolique pour le Jubilé de l'an 2000)