LE PROJET DE DIEU POUR CHACUN DE NOUS : 
C'EST LA SAINTETÉ !

Dieu seul est Saint, mais il veut nous faire participer à sa sainteté.
Déjà dans l'ancien testament, dans le Lévitique par exemple, nous trouvons  cet appel :
" Soyez saints, car moi Yahvé, je suis Saint ".

Dans l'Évangile , dans Mathieu 5, Jésus nous invite à la perfection :
" Soyez parfaits comme votre Père Céleste est parfait ".

Et saint Paul, dans son épître à Timothée , rajoute :
" La volonté de Dieu, c'est votre sanctification ".

Au 16-17ème siècle, François de Sales, évêque de Genève et docteur de l'Église, met la sainteté à la portée de tous.
Dans son " Traité de la vie dévote", qu'il adresse à tous les laïcs et à toute âme qui veut aimer Dieu, il enseigne que c'est au quotidien, dans les petites choses vécues avec amour, que se joue l'essentiel d'une vie. Il écrit :
" Ces petites charités quotidiennes, ce mal de tête, ce mal de dent, cette bizarrerie du mari ou de l'épouse, ce verre brisé, ce mépris ou cette moue, cette perte de gants, bref, toutes ces petites souffrances, étant acceptées avec amour, touchent la bonté divine, laquelle pour un seul verre d'eau a promis la mer de toute félicité à ses fidèles ".

Plus loin il écrit encore :
" la sainteté réside dans la promptitude de la charité … elle ne saurait donc être réservée aux prêtres et aux religieux, mais elle concerne également " la compagnie des soldats, la boutique des artisans, la cour des princes, le ménage des gens mariés".

Au 19-20ème siècle, à la suite de François de Sales, le Père Crozier, prêtre à Lyon, actualise la doctrine de l'évêque de Genève.
Il nous dit :
" Nous n'avons pas à nous singulariser par l'extérieur. Il nous faut vivre simplement sans chercher l'extraordinaire, sinon dans l'ordre de l'amour ".
Et en précurseur qu'il est, il voit pour plus tard :
" Une France et un monde couverts de petites familles sacerdotales et laïques, insérées au cœur des réalités humaines comme un levain dans la pâte ".

Dans les années trente, José-Maria  Escriva de Balaguer, prêtre fondateur de l'Opus Dei, canonisé par Jean Paul II, prône une spiritualité de la sainteté pour chaque homme dans le devoir d'état de chaque jour :
" Tous appelés à la sainteté, tous ! Tous sont égaux devant la nécessité de répondre, selon leur voie, à l'invitation du maître ! ".
Plus tard revenant sur ces années là, le père José-Maria dira :
" A l'époque, c'était une folie de prétendre que l'on peut et que l'on doit être saint au milieu de la rue !
Que peuvent et doivent être saints celui qui vend des glaces dans une petite voiture, l'employé qui passe son temps à la cuisine, le directeur d'une banque, le professeur d'université, et celui qui travaille dans la campagne, et celui qui charge les valises sur ses épaules.
Ils sont tous appelés à la sainteté ".

Plus près de nous, le Concile Vatican II consacre un chapitre entier, le chapitre 5 de Lumen Gentium, à cet appel à la sainteté:
"  Tous les fidèles sont invités et obligés à poursuivre la sainteté et la perfection de leur état ".

Le pape Jean Paul II a beaucoup insisté sur cette vocation à la sainteté. En voici quelques exemples :

Au cours de son voyage en France en 1986 :
" Puissiez-vous avoir compris ces jours-ci que la sainteté n'est pas un privilège de quelques-uns, que la douceur évangélique n'est pas une faiblesse … c'est un amour fort, de la force de Dieu, qui change le cours d'une vie, qui soulève la torpeur de la société ".

Et dans sa lettre apostolique " au début du nouveau millénaire ", il  n'hésite pas à dire :
" la perspective dans laquelle doit se placer tout le cheminement  pastoral, est celle de la sainteté ".

Il précise encore :
" Il ne faut pas se méprendre sur cet idéal de perfection comme s'il supposait une sorte de vie extraordinaire que seuls quelques génies de la sainteté pourraient pratiquer.
Les voies de  la sainteté sont multiples et adaptées à la vocation de chacun.
Il est temps de proposer de nouveau à tous, avec conviction, ce haut degré de la vie chrétienne ordinaire.
Il est toutefois évident que les parcours de la sainteté sont personnels et qu'ils exigent une vraie pédagogie de la sainteté qui soit capable de s'adapter au rythme des personnes ".

Quant à notre pape Benoît XVI il affirme :
"On pense parfois que la sainteté est une condition privilégiée réservée à quelques élus. En réalité, devenir saint est la tâche de chaque chrétien, et nous pourrions dire de chaque homme!".