La  taille du paradis en nous, c’est l’accomplissement minutieux et magnanime de notre  devoir d’état.

Faire son devoir d’état, c’est accepter de rester là où on est pour que le règne de Dieu vienne jusqu’à nous et s’étende sur cette terre que nous sommes.

Quand nous faisons la volonté de Dieu, quand nous nous levons, quand nous préparons  le  repas, quand nous sortons, quand nous faisons une course, quand nous prenons notre train, nous nous enfonçons pour ainsi dire dans l’union au Seigneur en acceptant et en voulant sa volonté.

Nos petites peines, elles, sont le merveilleux moyen que nous avons d’activer, de féconder la grande peine du monde.
Rien n’est triste en ce moment comme de voir souffrir des épreuves exceptionnelles, à l’aveugle, par le monde entier.

On reconnaîtrait vite un saint dans les toutes petites peines de la vie quotidienne.
Il y mettrait une aisance, un naturel et aussi une grâce – dans les deux sens du mot – une bonne grâce qui ferait de cette petite peine une grande œuvre d’amour.

Madeleine Delbrêl, la sainteté des gens ordinaires, Nouvelle Cité, p.33 à 41 (extraits)