« L’existence des saints est de la théologie vécue », écrit le cardinal Urs Von Balthasar dans un article  Théologie et sainteté publié en 1948.
Le pape Jean Paul II reprendra cette expression de «  théologie vécue des saints » dans sa lettre pour le nouveau millénaire.
Bien que la Révélation soit achevée depuis les apôtres,  Dieu continue à se révéler, à se faire connaître à travers ses saints.

Qu’en est-il de  sainte Germaine ?

Elle n’a  fondée ni ordre ni œuvre, elle n’a pas été religieuse ;
Elle ne nous a pas laissé d’écrits ni de paroles fortes, elle n’a pas eu d’apparition, aucune activité directement missionnaire, elle  n’a pas versé son sang.
Elle a été simplement  une jeune bergère, illettrée, souffreteuse, mal aimée.
On la retrouve morte de misère sous l’escalier de la bergerie, on l’enterre et on l’oublie.
Pas de reconnaissance de sainteté, d’ouverture de procès de canonisation, aucun écrit de ses contemporains ne parle d’elle.
 Humainement, c’est terminé.

Mais la Providence ne l’entend pas ainsi.
44ans après, et c’est long, Dieu permet que son corps soit retrouvé intact.
Les personnes âgées de  la commune se souviennent que cette jeune fille était douce et pieuse, aimait la messe, était maltraitée mais partageait le peu qu’elle avait avec  plus pauvre qu’elle.
On la prie, des guérisons s’opèrent.
Longtemps après, on pense à demander sa canonisation.
Après une longue enquête, et au vu de sa grande fécondité, elle est reconnue bienheureuse puis sainte par l’Eglise.

Ce qui est manifeste dans le cas de sainte Germaine, c’est que c’est par une intervention directe de Dieu à travers  la conservation et la découverte de son corps, que  l’Eglise a pris conscience de la sainteté de cette jeune fille.
Il est clair que Dieu n’a pas voulu que cette sainteté reste cachée.
Par la vie de Germaine Dieu veut nous donner un enseignement  sur Lui-même, sur notre vocation et sur le sens profond de la vie humaine.

-          Tout d’abord, Dieu nous montre qu’une vie des plus modestes, sans le moindre éclat, peut être à ses yeux d’une grande richesse.
Il n’attache pas d’importance à l’apparence, à la position sociale, aux revenus, mais ce qui compte pour Lui, c’est la qualité de l’amour avec  lequel  nous accomplissons notre devoir d’état, même dans les activités les plus ordinaires.
Pour Dieu, aucune action n’est banale, si elle est faite avec amour.

-          Nous souhaitons tous réussir notre vie, apporter notre petite pierre, être utile aux autres : bref, avoir une certaine fécondité.
La vie de Germaine nous montre que les tâches de la vie quotidienne faites en union avec Dieu peuvent être source d’une très grande fécondité.
Pour réussir notre vie, il ne s’agît pas de chercher à faire des choses compliquées, qui sortent du commun mais simplement «  fleurir là où on est semé » selon l’expression de saint François de Sales, contemporain de Germaine. 

-          La vie de Germaine illustre donc de manière particulière, le sens profond de la vie humaine, de chaque vie humaine ou encore « le haut degré de la vie chrétienne ordinaire » comme aimait le dire Jean Paul II.
Par elle, nous touchons du doigt le désir de Dieu de s’unir à chaque personne et de lui donner une grande fécondité indépendamment de la réussite humaine apparente.
Cette vie de Germaine qui semble un échec à première vue, est en fait une merveilleuse réussite : elle est Parole de Dieu.