Jacques de Voragine (Iacoppo da Varazze, Jacobus da Varagine)

Né à Varazze vers 1228 – décédé  à Gênes en 1298

Archevêque de Gênes et auteur de la Légende dorée,

 

LA LEGENDE DOREE

célèbre ouvrage racontant la vie d'un grand nombre de saints et saintes, martyrs chrétiens, ayant subi les persécutions des Romains.

Il est béatifié en 1816 et est fêté le 13 juillet.    (source wikipédia)

Pour lui :

La fête de la Toussaint a été instituée pour quatre objets :
- en premier lieu, pour commémorer la consécration d’un temple,
- en second lieu pour suppléer à des omissions;
- en troisième lieu pour expier nos négligences,
- en quatrième lieu pour nous faciliter l’accomplissement de nos vœux.

1° Voici d’abord l’histoire de la consécration du temple.
Les Romains devenus maîtres du monde, avaient construit un temple énorme, au milieu duquel ils avaient placé leur idole; et tout à l’entour étaient les idoles de toutes les provinces conquises la face tournée vers l’idole des Romains. (…)
Mais bientôt ce temple ne suffit pas aux Romains, qui construisirent pour chaque dieu un temple particulier.
Et comme tous les dieux ne ne pouvaient pas avoir un temple à eux dans la ville, les Romains, pour mieux étaler leur folie, construisirent en l’honneur de tous les dieux un temple plus admirable encore que les autres, et l’appelèrent le Panthéon, ce qui signifie le temple de tous les dieux.
Pour tromper le peuple, les prêtres des idoles lui racontèrent que la déesse Cybèle, qu’ils appelaient la mère de tous les dieux, leur était apparue ; et cette déesse leur aurait dit que, si Rome voulait remporter la victoire sur toutes les nations, on eût à élever, à tous les dieux ses fils, un temple magnifique.
Ce temple fut construit sur une base circulaire, afin de symboliser l’éternité des dieux. (…)

Or, sous le règne de l’empereur Phocas, lorsque depuis longtemps déjà Rome était devenue chrétienne, le pape Boniface, quatrième successeur de Saint Grégoire, obtint de l’empereur le susdit temple, le débarrassa de toutes ses idoles, et, le 3 mai de l’année 605, le consacra à la Vierge Marie et à tous les martyrs: d’où il reçut le nom de Sainte-Marie aux Martyrs. (…)

Plus tard, encore, un pape nommé Grégoire transporta au 1er novembre la date de la fête anniversaire de cette consécration: car à cette fête les fidèles venaient en foule, pour rendre hommage aux saints martyrs, et le pape jugea meilleur que la fête fut célébrée à un moment de l’année où les vendanges et les moissons étaient faites, les pèlerins pouvaient plus facilement trouver à se nourrir.
En même temps, ce pape décréta qu’on célébrerait, ce jour là, dans l’Eglise tout entière, non seulement l’anniversaire de cette consécration, mais la mémoire de tous les saints.
Et ainsi ce temple, qui avait été construit pour toutes les idoles, se trouve aujourd’hui consacré à tous les saints.

2° La fête de la Toussaint a été instituée pour suppléer à des omissions :
car il y a beaucoup de saints que nous oublions, et qui non seulement n’ont pas de fête propre, mais qui ne se trouvent même pas commémorés dans nos prières.
c’est en effet chose impossible que nous célébrions séparément la fête de tous les saints, tant à cause de leur innombrable quantité que de notre faiblesse et du manque de temps.

3° La fête de la Toussaint a été instituée pour expier des négligences :
car bien que nous ne célébrions la fête que de peu de saints, encore négligeons-nous souvent ceux-là même, par ignorance ou par paresse. Et c’est de ce péché que nous pouvons nous délivrer en célébrant d’une façon générale tous les saints, le jour de la Toussaint. (…)

4° Enfin la fête de la Toussaint a été instituée pour nous faciliter l’obtention de nos vœux.
De même que nous honorons en ce jour tous les saints, de même nous leur demandons d’intercéder, tous ensemble, pour nous, de façon à nous faire avoir plus facilement la miséricorde de Dieu.
Les saints peuvent, en effet intercéder pour nous par leurs mérites et par leur affection : par leur mérite en ce que le surplus de leurs bonnes œuvres s’emploie à compenser nos fautes; par leur affection en ce qu’ils demandent à Dieu que nos vœux se réalisent, chose qu’ils ne font, cependant, que quand ils savent que cela ne contrarie pas la volonté de Dieu.