Toussaint nous invite à nous tourner vers le ciel.

Le ciel est peuplé de saints anges, des saints et de toutes les personnes qui nous ont  précédés et qui sont arrivés à la plénitude de la communion avec Dieu : « Après cela, j'ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. »(Ap 7,9)

Certains parmi eux ont acquis sur terre une grande sainteté : « rien ne nous assure que les saints canonisés soient les plus grands » écrivait sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.
Le pape Jean-Paul II disait aux jeunes à Lyon, en 1986 : « Ce sont les saints que l'Église béatifie et canonise, mais aussi tous les saints cachés et anonymes : ils sauvent l'Église de la médiocrité, ils la réforment du dedans et ils l'entraînent vers ce qu'elle doit être. »

D’autres, ont eu un parcours plus tortueux, peut-être même ont-ils commis de grandes fautes, mais ils ont reconnus ces fautes, acceptés le pardon de Dieu et ils ont « lavés leur vêtement » : «  L'un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d'où viennent-ils ? »  Je lui répondis : « C'est toi qui le sais, mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau. » (Ap 7,13-14)

La Sainte Trinité a pu alors les introduire dans la Cité Céleste, selon son plus cher désir.

En effet, si Dieu est le seul Saint, un Dieu trois fois saint comme le chantent au ciel les séraphins et les 4 Vivants (Is 6,3 et Ap 4,8), il a voulu nous créer pour nous associer à sa vie trinitaire, à sa sainteté.
Toutefois, nul ne peut paraître face à Lui sans être saint.
Or le péché, le mauvais usage de notre liberté, nous blesse profondément.
Mais, dans son amour et son infinie miséricorde, Dieu veut restaurer en nous son image : « Venez donc et discutons, dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l'écarlate, ils deviendront comme la neige. S'ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront blancs comme la laine » (Is 1,18). « Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent. » (Lc 5,32)
La plus grande joie de Dieu, c’est d’arriver à restaurer notre dignité, à restaurer son image en nous et pouvoir enter en pleine communion avec nous.

En cette fête de la Toussaint, nous nous réjouissons avec Dieu pour tous ceux qui sont arrivés au bout de ce chemin qui les a conduits à rejoindre les saints anges et chanter la gloire du Dieu trois fois saint.
Ainsi Dieu a pu réaliser en eux « son rêve de sainteté », selon l’expression du roi Beaudouin.

Toussaint nous rappelle notre vocation et la communion des saints

Ces habitants du ciel nous rappellent notre vocation, le sens profond de chaque vie humaine.
Nous sommes tous appelés à quelque chose de très grand : partager la vie de Dieu, entrer dans son intimité pour les siècles des siècles.
Ce projet d’union, la Trinité souhaite le réaliser dès notre vie sur terre : « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui » (Jn 14,23).

Dans la communion des saints, nos frères qui nous ont précédés souhaitent nous aider à ne pas passer à côté de notre vocation, pour la plus grande gloire de Dieu, le bien de nos frères et le nôtre, n’oublions donc pas de demander leur aide, de les prier.

Et le lendemain, le 2 novembre, dans cette même communion des saints, nous sommes invités à prier pour ceux qui nous ont quittés et qui ont encore à se purifier pour rejoindre la grande cohorte des anges et des saints. L’Eglise nous enseigne qu’ils ne peuvent plus rien directement pour eux mais que nous pouvons les aider par notre prière.