dimanche 19 avril 2015

Neuvaine de prière pour la France : 15 novembre 2014 - 15 août 2015

Site de la neuvaine :    http://www.laneuvaine.fr/

9 mois de prière pour la France 

La Neuvaine a pour vocation de soutenir la conversion des cœurs par la communion de prière et de réflexion spirituelle et non d’être un lieu de polémique.
Les commentaires qui nourrissent les méditations proposées par les questions qu’ils suscitent sont les bienvenus !
La Neuvaine a une deuxième vocation : celle de rassembler les enfants de Dieu, guidés par leurs prêtres, de toutes sensibilités et de tous horizons.
La Neuvaine vous remercie de respecter cette diversité dans l’unité de notre Mère l’Eglise.

Extraits de la Méditation du  Père Vincent (diocèse de Dijon) 

 Père Vincent

Texte intégral  ici : Posté le 16 avril 2015

Quand le Seigneur veut sauver la France ou quand Il a un message important à lui donner pour lui rappeler sa vocation, Il passe souvent par un enfant : pendant la guerre de 100 ans, Il suscite en Lorraine une petite fille au cœur pur : Jeanne d’Arc ;
quand, au XIXème siècle, la France croit que le Salut vient par la science et que le Ciel n’existe pas, Il envoie sa Maman dans un village des Pyrénées auprès d’une fillette sans instruction :  Bernadette ;
alors que la France est de nouveau en grand danger en 1947, Notre Dame vient visiter la Touraine pour demander à 4 fillettes de prier pour la France et promettre du bonheur dans les familles.

(…) Si nous voulons que la France soit de nouveau fidèle à sa vocation de Fille aînée de l'Eglise, c’est tout simple : il nous faut redevenir comme des enfants ! Comme Jeanne, Bernadette, Jacqueline et les autres ! Des enfants au cœur pur et innocent, des enfants au cœur simple et obéissant, des enfants au cœur doux et humble !

Si nous voulons que quelque chose change en France, il faut certainement prier, mais il faut aussi que nous nous convertissions : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. » (…)

Maryam de Bethléem, entrée dans la Vie le 26 août 1878 va être canonisée par le Pape François le 17 mai prochain.
Dans une vision du 26 mai 1873, Jésus lui disait : « La France est le centre de mon Cœur. »
Et Maryam rappelait à un prêtre quelques années plus tard que "la France a fait trop de bien dans les missions pour que Dieu l’abandonne."

Dieu ne nous abandonnera pas !
Notre cher pays est dans son Cœur !
Que craignons-nous ? Si nous avons peur et manquons d’espérance, alors c’est que nous avons perdu notre cœur d’enfant, que nous ne faisons pas confiance à notre Père et que nous ne sommes pas assez petits pour qu’Il puisse faire son œuvre en nous, en France !

Un jour Maryam de Bethléem entendit Jésus lui dire : « Oui, Je ferai mes délices dans le sein de la France ; elle sera encore la reine de tous les royaumes. Mais avant, il faut que la France soit tout à fait rien, que Je sois à la tête des armées, afin que toutes les nations disent entre elles, de génération en génération : « Vraiment, c’est le Très-Haut qui est à la tête de la France. » Toutes les nations le crieront d’une même bouche, d’une même voix, sur le même ton, même les impies. »
D’abord l’épreuve, ensuite la victoire et les suites du triomphe : voilà la pédagogie de Dieu. D’abord la croix, ensuite la résurrection.

En France, nous vivons le temps de l’épreuve.
Mais ne craignons rien. Dieu est notre Père.
Nous sommes ses enfants. Soyons bien petits.
Si nous voulons être grands, soyons petits.
Si nous voulons que la France se relève et montre le chemin du Ciel aux autres nations, soyons des enfants, purs et innocents, simples et obéissants, doux et humbles.
Comme l’Enfant que Dieu met au milieu de nous, en France : connaissez-vous l’Enfant Jésus de Beaune ? Voilà l’Enfant que Jésus a mis au milieu du Royaume de sa Mère, la France.
Voilà le trésor qui pourra aider les français à changer pour devenir comme des enfants, comme l’Enfant Jésus.
Allons le prier, ce saint Enfant ! Allons dans son sanctuaire à Beaune, devant sa statue miraculeuse,  si nous le pouvons !
Allons le contempler et l’adorer pour qu’il nous apprenne à être des enfants, des petits-bien-petits !

(...) Et la France se relèvera.

 

Extraits de la Méditation de Mgr Rey

Mgr Rey

Texte intégral  ici : Posté le 4 avril 2015

 Au cours de sa visite apostolique en 1980, Jean-Paul II adressait une adjuration pathétique aux chrétiens de France : « France, fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? »

Les peuples, comme les personnes, ont une âme et une vocation à remplir, en toute liberté.
Une nation est une famille de familles qui a sa physionomie, son histoire temporelle et spirituelle particulières.
L’amour de Dieu est certes le même pour tous les peuples de la surface du globe, même si ces derniers ne Le connaissent pas encore.
Mais chacune des nations est aimée d’un amour de prédilection, qui correspond à son « genre de beauté » propre, c’est-à-dire à sa vocation communautaire spécifique.

Le rayonnement de la France à travers le monde s’enracine dans sa vocation chrétienne, source toujours vivante d’une culture riche de poètes et d’écrivains, de philosophes et de théologiens, de penseurs et d’artistes de génie, surgis d’un terreau fécondé par la foi des apôtres et irrigué du sang des martyrs.
Notre géographie est recouverte du manteau d’églises, de sanctuaires et de cités, qui souligne combien la foi a embrassé notre histoire. (…)

En crise, non seulement économique et politique, mais aussi morale et spirituelle, la France doit accepter de mourir à elle-même.
Elle doit renier une conception de la « liberté au-dessus de toutes les valeurs » qu’elle a enseignée au monde entier : une liberté déifiée au nom de laquelle on s’arroge le droit de blasphémer, de corrompre les intelligences, de dénaturer l’amour humain ou de tuer « légalement » l’enfant et le vieillard.
La France doit cesser de regimber sous l’aiguillon et rejoindre l’étendard qu’elle n’aurait jamais dû quitter.
Nombre de saints et de mystiques, dont bien sûr Jean-Paul II, ont conditionné le renouveau de la France et son relèvement à sa fidélité aux promesses de son baptême.

Le christianisme est l’âme de notre pays mais il s’est laissé depuis longtemps gagner par une profonde acédie qui l’entraîne aujourd’hui dans les pires égarements.
Son principe vital s’affaiblissant, le corps naturellement se délite ; mais il se relèverait même du tombeau, si l’âme retrouvait sa ferveur baptismale.
Le Salut de notre patrie suppose donc de chacun une conversion concrète et audacieuse, comme nous y appelle aujourd’hui encore l’apôtre Paul : « si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre » (Col., III, 1-2).

Toute résurrection suppose, non pas le rétablissement d’un état antérieur, mais une profonde transformation de l’être jusqu’à son accomplissement.
La France doit ainsi renoncer à ce qu’elle fut, pour s’accomplir davantage, à travers les circonstances dramatiques que Dieu permet en vue de ce plus grand bien. A l’image des stigmates du Christ glorifié, nos épreuves, vécues avec courage, dans la foi et l’espérance, seront la gloire de notre patrie transfigurée.

 

Extraits de la Méditation de Mgr Aillet

mgr Aillet

Texte intégral ici Posté le 3 avril 2015

 « Il y a grande pitié au Royaume de France », disait Jeanne d’Arc ! Sans céder au pessimisme, nous pouvons être à juste titre troublés devant la crise que traversent nos sociétés de vieille tradition chrétienne gagnées par la sécularisation, où l’on vit comme si Dieu n’existait pas et où règne « la dictature du relativisme ». (…)

La France, Fille aînée de l’Eglise, est appelée depuis l’interpellation du Bourget par le Pape Jean Paul II, lors de son premier voyage apostolique dans notre pays, à un sérieux examen de conscience.
C’est d’abord vrai de l’Etat laïque, qui tend à imposer une laïcisation radicale de la société, en reniant les racines chrétiennes de notre culture.
Une société sans mémoire est une société sans avenir ! Et cette amnésie volontaire n’est pas sans effet boomerang aujourd’hui.
Mais c’est vrai aussi de la communauté ecclésiale qui s’est parfois repliée sur son fonctionnement, et qui, selon une interprétation politique de la vie de l’Eglise, donne une importance démesurée à la « sacra potestas », jusqu’à s’enliser dans des querelles de pouvoir qui finissent par paralyser tout élan apostolique.
Sans compter l’« apostasie silencieuse » qui gagne parfois nos rangs, selon les mots de saint Jean Paul II.

Ce sont les impasses auxquelles nous sommes confrontés et qui nous laissent souvent démunis et impuissants.
Nous lancerons-nous tête baissée dans l’action politique, dans un esprit de revanche et de reconquête ?
Et si, en contemplant le Christ crucifié, en ce Vendredi-Saint, nous n’envisagions pas une autre stratégie, sinon plus efficace à vues humaines, en tout cas plus féconde ?
Lorsque les foules acclamaient Jésus entrant triomphalement dans la Ville de Jérusalem, aux cris de « Hosanna au Fils de David » et « Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur », elles avaient la naïveté de croire qu’il profiterait de ce soulèvement populaire pour expulser l’occupant romain et rétablir la Royauté temporelle en Israël.
Mais ce n’était pas son intention : l’acclamation des foules, qu’il avait lui-même suscitée, avait pour but d’annoncer prophétiquement sa victoire sur le Mal de la souffrance et de la mort.
Déterminé, « le visage dur comme pierre » (Is 50, 7), il entrait librement dans sa passion, sûr de sa Résurrection.
Il devait s’offrir en sacrifice d’expiation pour relever le monde épuisé par le péché et réconcilier les hommes avec Dieu et entre eux.

Je ne dis pas que la situation de la France défigurée d’aujourd’hui et amputée de son âme chrétienne, n’ait pas besoin d’un engagement politique renouvelé.
Mais, comme l’affirmait Marthe Robin, « l’action déborde de la prière ».
Le relèvement de la France exige d’abord des fils de l’Eglise qu’ils s’engagent résolument à prier, à se laisser attirer dans l’offrande d’amour du Christ et à faire miséricorde. C’est la leçon du Vendredi-Saint ! (…)

 

Extraits de la Méditation d’un moine du Barroux

Moines du Barroux

Texte intégral ici : Posté le 1er avril 2015

Qui peut dire ce que sera demain ? « L’avenir est à Dieu ! » répond le poète.
Et Dom Gérard précisait : « Tant qu’il y aura des moines pour prier, des prêtres pour prêcher et administrer les sacrements, des fidèles pour transmettre la vie et la foi, des chrétiens ouvriers, paysans, soldats, des militants et des hommes politiques pour défendre et rebâtir, une chrétienté nouvelle restera possible.
Le royaume de Dieu est comme une toute petite graine qui pousse lentement, mais elle peut devenir un grand arbre où viendront se percher les oiseaux du ciel. » (…)

L’audace des héros, la ténacité et le courage des paysans et des artisans qui ont fait la France, l’intelligence des ingénieurs, le génie des artistes, nous invitent à ne pas sombrer dans un morne abattement.
Mais plus que tout c’est la foi des saints qui nous invite à l’espérance : « la France aurait pu faire l’économie des héros et des génies, elle n’aurait pu se passer de ses saints » (Pourrat). (…)

 

Extraits de la Méditation de l’Abbé Le Pivain

Abbé Le Pivain

Texte intégral ici : Posté le 19 mars 2015 « Celui qui fait la Vérité vient à la Lumière » (Jn 3, 21)

 (…) Dans une vie humaine, dans celle d’une communauté humaine, la perte du sens de la Vérité est un handicap terrible, qui précède aussi bien la décadence morale que l’aveuglement spirituel.
Ce qui signifie qu’il ne suffit pas de « moraliser » – à force de slogans – ou de « spiritualiser » – à coup de sentiments – pour endiguer ce mouvement.
« Plein de grâce et de vérité » (Jn 1, 14) : c’est la mise en valeur du primat de la grâce comme de la vérité qui seule peut (re)donner accès au sens de Dieu, comme à celui de l’homme, révélé sur le visage du Verbe incarné.
De là peut jaillir une culture chrétienne authentique, avec cette paisible joie missionnaire qui en est la marque caractéristique.

Voici le dilemme auquel est aujourd’hui confronté l’Occident en général, notre pays, la France, en particulier, qui de ce point de vue garde une vocation particulière.
Saint Jean-Paul II remarquait, dans sa Lettre aux familles, en 1994 : « Qui pourrait nier que notre époque est une époque de grave crise qui se manifeste en premier lieu sous la forme d’une profonde ‘crise de la vérité’ ? »

Dans un petit livre lumineux, intitulé Scandaleuse vérité, le Cardinal Daniélou analysait les causes de cette désaffection pour la vérité – nous sommes en 1961, mais un demi-siècle plus tard, ce diagnostic n’a rien perdu de sa valeur, bien au contraire. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement la vérité, mais l’existence même du concept de vérité qui dérange ; parler de vérité, ce serait aller contre la tolérance ou la liberté de conscience.

Évoquant les procès de Socrate et d’Antigone ou de Jésus, il constate d’abord que « les témoins de la vérité ont toujours irrité les sceptiques et les habiles. » Puis vient cette autre constatation : « Dès qu’on parle de vérité, quelque chose se crispe chez beaucoup d’hommes de notre temps, on sent en eux une réaction de défense. » Ce n’est pas poli de parler de vérité, ou mieux c’est un manque d’intelligence.

Quelles en sont les raisons ? Le Cardinal Daniélou en recense trois :

1-« La crise de l’intelligence moderne a été et reste pour une grande part une crise de la métaphysique. »
C’est très exactement le diagnostic porté encore une fois par saint Jean-Paul, trente-sept ans plus tard, dans sa grande encyclique Fides et ratio.
C’est-à-dire que l’homme se détourne de ce qui est, de l’obéissance cordiale et confiante à la réalité la plus simple et la plus vérifiable, soit parce que le progrès érigé en dogme se substitue à la vérité, soit parce qu’il se réfugie dans le virtuel, soit simplement parce qu’il a oublié qu’il est lui-même une créature, et non un dieu connaissant le bien et le mal, soit enfin parce que l’on « substitue le point de vue subjectif de la sincérité au point de vue objectif de la vérité. »
Chacun est à lui-même sa propre norme, individuelle.

2-Une autre raison, selon le cardinal Daniélou, est la dévaluation – par inflation – de la parole.
Nous sommes en 1961… Que dirait-il aujourd’hui, dans ce flot continuel d’informations, de contrinformations, sur fond de passions, de scandales, d’émotionnel, transmis par tant d’écrans, d’écouteurs, de réseaux sociaux ?
Quel degré de confiance cela peut-il induire dans les rapports sociaux sous toutes leurs formes, dans les institutions, dans les canaux d’information, dans le monde du travail ?

3-Le dernier trait est la substitution du critère d’efficacité à celui de la vérité.
Je dis la vérité qui m’arrange, en fonction du milieu, de telle situation, de tel intérêt, au point de bientôt y croire.

Retrouver le sens de la Vérité, c’est retrouver le sens de la Parole, donc de l’écoute, à la façon dont Dieu le Père lui-même nous y invite : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! » (Mc 9, 7).
Et pour ce faire préparer les conditions d’une bonne écoute.
Ceux qui ont des missions d’enseignement ou d’éducation ont sur la question quelques idées.
On sait par exemple que l’écoute est impossible si le silence n’est pas présent.
On sait aussi que nul ne peut forcer quelqu’un à entendre avec ouverture du cœur un enseignement ou une parole, qu’il y faut une disposition intérieure de docilité, la vertu essentielle du disciple, celle qui favorise la sainteté de l’intelligence et permet de voir la réalité telle qu’elle est, non telle qu’on la rêve.
On sait enfin qu’il faut persévérance et constance, en un mot fidélité, chez tous ceux qui souhaitent apprendre.

Voici l’atmosphère de l’écoute : le silence, la docilité, la fidélité : le silence de plénitude qui met un soin jaloux à préserver la vie intérieure, de telle sorte que tout commence là et s’y termine, la docilité, qui est l’esprit d’enfance appliqué à la vie de l’intelligence, la fidélité, parce que, comme ceux qui s’aiment le savent, l’écoute n’est pas l’affaire d’un moment.
C’est celle de tous les instants.
C’est l’affaire d’une vie.
Pour l’écoute de Dieu, dans le Fils, c’est l’affaire de la vie éternelle.

 Puisse Marie, qui retenait et méditait toutes ces choses dans son cœur, nous montrer sur notre route vers Pâques l’urgence de soigner dans notre vie les conditions d’une véritable écoute, silencieuse et sereine, docile et respectueuse, fidèle et persévérante, de Celui qui veut nous emmener vers la Vérité tout entière, nous apporter sa grâce et sa vie, nous emmener aux sources de la Joie véritable, seule vraiment missionnaire.

 

Extrait de la Méditation de l’Abbé Ronan de Gouvello

Abbé de GouvelloTexte intégral ici : Posté le 12 mars 2015

 (…)La France a comme patronne principale la Vierge Marie et patronnes secondaires Ste Jeanne d’Arc et Ste Thérèse.
Prier pour la France, c’est choisir de s’offrir dans une maternité d’Espérance, quel qu’en soit le prix, pour que le Seigneur nous donne les saints dont notre pays a tant besoin.
Ce temps de Carême qui s’ouvre peut être vécu comme une invitation à parrainer un saint ou une sainte du nouveau millénaire dans le secret du cœur, dans le silence des petits sacrifices et de la fidélité à la prière.
Que Notre-Dame nous introduise à cette école de l’Amour dont Elle est la pédagogue éminente, le modèle héroïque de la mère dans les bras de laquelle on ne connaît aucune déception.

 

Extraits de la Méditation de Dom Dupont

Dom DupontTexte intégral ici : Posté le 5 mars 2015

(…)Les reliques de saint Benoît, désormais en France, ne sont-elles pas un gage de sa protection sur nous, si du moins nous voulons suivre ce qu’il nous enseigne ?
Le jeune abbé Prosper Guéranger n’avait pas d’autre but que saint Benoît lorsqu’il suivit l’inspiration d’en-Haut en faisant revivre la vie bénédictine au prieuré de Solesmes en 1833, au sortir de la tourmente révolutionnaire.
Comme le demandait saint Benoît, la liturgie occupa aussitôt la place principale dans l’horaire des nouveaux moines : « Dieu premier servi ». Ce principe est toujours à retenir dans notre situation actuelle.

Attentif à l’importance de la prière liturgique, Dom Guéranger eut à cœur, entre autres, l’élaboration de l’Office Propre de la nouvelle Congrégation, où il faisait, sans chauvinisme étroit, une large place aux saints et saintes de notre pays.
On perçoit nettement dans les notices qu’il rédigea sur eux dans son Année Liturgique la confiance qu’il mettait en l’intercession spéciale de nos protecteurs.
Il invitait non seulement ses moines, mais tous ses lecteurs à Que les grands saints Hilaire, Martin, Geneviève, Jeanne d’Arc protègent notre pays des ennemis de son âme, de toutes les tentations du sécularisme et de toutes les dérives dues au rejet des valeurs évangéliques !

Le cri entendu après le baptême de Clovis : « Le Christ aime les Francs » a traversé les siècles.
Sa sainte Mère aime aussi la France, à en juger par ses nombreuses « visites » sur notre terre : « Non fecit taliter omni nationi : cela, il ne l’a fait pour aucun autre peuple ! ».

Retenons surtout et mettons en pratique l’invitation pleine d’espérance qu’il laissait aux enfants de Pontmain : « Mais priez, mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps, mon Fils se laisse toucher ».

 

Extraits de la Méditation du Père Jean-Emmanuel de Gabory

Père de GaboryTexte intégral ici : Posté le 27 février 2015

Marie et Pellevoisin

Lors de la onzième apparition, le 15 septembre 1876, Marie dit à Estelle : « Je tiendrai compte des efforts que tu as faits pour avoir le calme ; ce n’est pas seulement pour toi que je le demande, mais aussi pour l’Eglise et pour la France.
Dans l’Eglise, il n’y a pas ce calme que je désire. »
Elle soupira et remua la tête en disant : « Il y a quelque chose. »
Elle s’arrêta … Je compris tout de suite qu’il y avait quelques discordes.
Puis elle reprit lentement : « Qu’ils prient et qu’ils aient confiance en moi. »
Ensuite la Sainte Vierge me dit tristement : " Et la France ! Que n’ai-je pas fait pour elle ! Que d’avertissements, et pourtant encore, elle refuse d’entendre !"
Elle paraissait émue en ajoutant : « La France souffrira. » Elle appuya sur ces paroles.
Puis elle s’arrêta encore et reprit : « Courage et confiance. »

Quel est ce calme dont nous parle la Vierge et qu’Estelle a su gagner ?
Lors de la neuvième apparition (9 septembre 1876), Marie nous éclaire sur ce point : « Tu t’es privée de ma visite le 15 août ; tu n’avais pas assez de calme … Hier encore, je serai venue. J’attendais de toi cet acte de soumission et d’obéissance. »

‘Comme Jésus en avait fait le reproche à Marthe qui voulait le bien servir : « Tu t’inquiètes et tu t’agites … (Lc 11, 40-41), ainsi la Vierge reproche à Estelle l’agitation de son cœur qui se tourmente de la voir. I
l lui faut retrouver cette paix de l’âme, vaincre le tumulte intérieur, pour retrouver aussi bien la communion fructueuse avec le Christ que la présence miséricordieuse de Marie.
La perturbation de l’âme, même provoquée par une bonne cause, ne peut qu’être nuisible au degré d’amour en lequel le Seigneur et sa Mère désirent se communiquer à nous ;
cette agitation ne peut qu’être nuisible à la lucidité intérieure et par là à la rectitude de notre jugement, comme à la bonne orientation et à la fermeté de nos décisions.
C’est tout le bien spirituel de notre personne qui en dépend.
Aussi dans son amour maternel, la Vierge veille-t-elle chaque fois qu’elle le juge nécessaire, à nous recommander, comme elle le fait pour Estelle, le calme, en vue de continuer à rendre sensibles ses ‘visites’ spirituelles, son assistance ainsi que sa communion de Mère au plus intime de notre cœur. ‘

Mais comment l’Eglise et la France doivent-elles elles-mêmes s’efforcer de gagner ce calme ?  En ce qui concerne l’Eglise, Estelle le comprendra plus tard. 
Lors de son audience privée avec Léon XIII le 30 janvier 1900, le Pape qui est bien informé sur Pellevoisin lui demande si la Vierge est contente de lui et Estelle de lui répondre : «  Oh ! Oui, Saint Père, elle est bien contente, très contente. Vous avez répondu à son appel, vos enseignements ont été depuis 22 ans les désirs exprimés par la Sainte Vierge. Vous avez ordonné le Salve Regina qui est la prière à la Mère toute miséricordieuse ; puis, Très Saint Père, vous avez ordonné la prière du Rosaire. Puis enfin, Très Saint Père, dans votre encyclique dernière, vous avez consacré le genre humain au Sacré-Cœur. »
C’est par ses enseignements sur Marie et la Consécration au Sacré-Cœur que Léon XIII a aidé l’Eglise à retrouver le calme, en ces temps troublés. 

Pour la France, il s’agit, pour sa part, encore et toujours de retrouver l’Alliance avec la Sagesse éternelle, comme Saint Jean Paul II nous le rappelait lors de la fameuse homélie du Bourget le 1° juin 1980 : « France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’Alliance avec la Sagesse éternelle ? ».
Dès lors puisque dans la conversion et le calme était (notre) salut, dans la sérénité et la confiance était (notre) force (Is 30, 15), il nous faut nous garder dans la prière et tout attendre du Christ qui est notre paix, en demandant à faire sa volonté dans le calme. (Ep. 2, 14)

 

Extraits de la Méditation de l’Abbé Lecoq

Abbé LecoqTexte intégral ici :  Posté le 19 février 2015

« Je suis venu jeter un feu sur la terre » (Luc 12, 49)

 (…)« Lorsque le fils de l’homme reviendra : retrouvera-t-il la Foi sur la terre ? » (Luc, 18, 8)
Retrouvera-t-il le trésor confié qui devait porter du fruit et rapporter au centuple ?
Retrouvera-t-il le Feu en train de consumer toutes choses ?

Hélas aujourd’hui  le monde est dans la glace, l’Eglise s’est presque éteinte, et la France toute entière recouverte de Cendres… La cendre d’un feu perdu, la cendre d’une Foi oubliée…

Comment se peut-il qu’un feu ne brûle pas !?  C’est pourtant son principe.
Comment se peut-il que la lumière n’éclaire pas les ténèbres ?
Comment se peut-il que la Vérité ne triomphe pas du mensonge ?
Comment se peut-il que les choses d’en bas ne cèdent pas la place aux choses d’en haut ?
Et que les hommes appelés à l’éternité s’en soient retournés à creuser leur tombeau ?

Cela ne se peut et pourtant cela est. (...)

Oui ! Nous voyons le mal se répandre et, semble-t-il, triompher.
Le Bien n’est pas aimé, le mal est applaudi. La mort partout. Une contre-morale qui s’insinue dans les consciences.

Nous voyons le monde se suicider, ayant perdu le sens de sa vie, divaguant sur les chemins de traverse, se cognant aux murs des choses.
Un monde pourtant  aimé de Dieu !
Qui n’a plus gout à rien sinon à jouer l’adolescent attardé qui ricane salement en bravant les interdits par oisiveté. 
Le monde court à sa perte avec la joie de l’homme ivre qui ne sait plus ce qu’il fait, ou plutôt qui sait ce qu’il fait mais qui n’en mesure plus les conséquences.

Voilà l’homme fait pour les hauteurs et qui en vient à préférer ses bassesses…

La France n’est pas en reste.
Une France vieillie trop tôt.
Une France qui ne s’aime plus.
Une France à l’âme grise comme l’ont ceux qui n’ont plus d’Esperance et qui continuent par habitude de se lever le matin sans plus savoir pourquoi.

Et aujourd’hui c’est l’Eglise elle-même qui est sous la cendre.
Elle aussi s’impose  depuis trop longtemps ses 40 ans au désert, comme une somnambule qui cherche à se convaincre que la cause de Dieu avance alors que Dieu n’est plus ni vu ni enseigné, ni prié, ni honoré…

La cendre répandue partout aujourd’hui : ce n’est même plus le drame romantique de Pompéi, c’est l’holocauste d’Hiroshima. (…)

Nous ne nous sommes pas méfiés du dédain, jusqu’à l’oubli de la Messe chez les chrétiens !

Nous ne nous sommes pas méfiés de la disparition des religieux et des religieuses : toutes ces âmes données en secret au service du Bien commun.
Du Bien commun LE PLUS HAUT et le plus grave: ces âmes sacrées, cachées au fond de leur couvent étaient en train de nous sauver !
Ces âmes rédemptrices dans leur fonction de suppléance, dans leur fonction de prier Dieu nuit et jour et donner leur vie pour porter au Seigneur les noms de tous les hommes. Pour les sauver.

Nous ne nous sommes pas méfiés, et nous en payons aujourd’hui un prix exorbitant.

Le monde se damne.
Faute d’âmes généreuses qui prient et qui, par leur prière, par leur sacrifice, luttent contre la damnation des autres.
Le monde se damne faute de personnes qui donnent leur vie pour le salut de leurs frères.

 (…) Si l’Eglise, si la France, si nous-mêmes avons failli pendant une période trop longue, il est temps de nous tenir debout, et de raviver la flamme oubliée, et de mettre à nouveau un feu de Foi, un amour Rédempteur dans notre cœur et notre vie.

 (…) Il faut que le monde soit sauvé, il faut que les hommes de ce monde soient sauvés.
Et pour cela il faut qu’un petit nombre, il faut qu’un petit troupeau, il faut que quelques disciples acceptent la mission Rédemptrice.

Alors le feu revivra, l’incendie se propagera quand nous aurons compris que le feu, c’est nous.

(…) Le Seigneur nous appelle : «  lève-toi et suis moi ! » Courage j’ai vaincu le monde !

 

Extraits de la Méditation de frère François Daguet.

frère François DaguetTexte intégral ici :  Posté le 13 février 2015

(…) Le temps de l’Eglise ne supprime pas les assemblées humaines que sont les nations, même si elles se font et se défont dans le mouvement incessant de l’histoire.
En évitant tout providentialisme, et sans nourrir aucun nationalisme politique, il apparaît bien que certains peuples ont une vocation particulière à faire briller la lumière du Christ dans le monde des hommes.
La foi qui les anime, les saints qui les éclairent, les œuvres qui en émanent en sont le témoignage.
Les cathédrales qui ornent le sol français, dédiées à Notre Dame, sont autant d’invocation à elle adressées pour la sauvegarde de la France.

Le cardinal Pacelli nous aide à la prier : « O Mère céleste, Notre Dame, vous qui avez donné à cette nation tant de gages insignes, de votre prédilection, implorez pour elle votre divin Fils ;
Ramenez-la au berceau spirituel de son antique grandeur, aidez-la à recouvrer, sous la lumineuse et douce étoile de la foi et de la vie chrétienne, sa félicité passée, à s’abreuver aux sources où elle puisait jadis cette vigueur surnaturelle, faute de laquelle les plus généreux efforts demeurent fatalement stériles, ou tout au moins bien peu féconds ;
Aidez-la aussi, unie à tous les gens de bien des autres peuples, à s’établir ici-bas dans la justice et dans la paix, en sorte que, de l’harmonie entre la patrie de la terre et la patrie du ciel, naisse la véritable prospérité des individus et de la société tout entière.

«  Mère du bon conseil  », venez au secours des esprits en désarroi devant la gravité des problèmes qui se posent, des volontés déconcertées dans leur impuissance devant la grandeur des périls qui menacent !

«  Miroir de justice  », regardez le monde où des frères, trop souvent oublieux des grands principes et des grands intérêts communs qui les devraient unir, s’attachent jusqu’à l’intransigeance aux opinions secondaires qui les divisent ;
Regardez les pauvres déshérités de la vie, dont les légitimes désirs s’exaspèrent au feu de l’envie et qui parfois poursuivent des revendications justes, mais par des voies que la justice réprouve ; ramenez-les dans l’ordre et le calme, dans cette tranquillitas ordinis qui seule est la vraie paix !

Regina pacis ! Oh ! Oui ! En ces jours où l’horizon est tout chargé de nuages qui assombrissent les coeurs les plus trempés et les plus confiants, soyez vraiment au milieu de ce peuple qui est vôtre la «  Reine de la Paix  » ;
Ecrasez de votre pied virginal le démon de la haine et de la discorde ;
Faites comprendre au monde, où tant d’âmes droites s’évertuent à édifier le temple de la paix, le secret qui seul assurera le succès de leurs efforts : établir au centre de ce temple le trône royal de votre divin Fils et rendre hommage à sa loi sainte, en laquelle la justice et l’amour s’unissent en un chaste baiser, justitia et pax osculatae sunt (Ps 74, 11).

Et que par vous la France, fidèle à sa vocation, soutenue dans son action par la puissance de la prière, par la concorde dans la charité, par une ferme et indéfectible vigilance, exalte dans le monde le triomphe et le règne du Christ Prince de la paix, Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Amen ! »

 

Extraits de la Méditation du Père Laurent-Marie

Père Laurent-MarieTexte intégral ici : Posté le 5 février 2015
Prier pour la France

En 1947, au sortir de la Guerre, Georges Bernanos écrivait pour les jeunes générations: « Il faut se hâter de sauver l’homme, parce que demain il ne sera plus susceptible de l’être, pour la raison qu’il ne voudra plus être sauvé. Car si cette civilisation est folle, elle fait aussi des fous ». (…)

Charles Péguy a eu l’intuition profonde de cette alliance du charnel et du spirituel, du caractère sacramentel de l’Eglise (la grâce divine communiquée au moyen d’institutions et de gestes humains) : « La terre est comme les marches de l’église.
Elle est pour monter au ciel comme les marches de l’église sont aussi pour monter et entrer dans l’église.
Nous avons le droit que la terre soit le seuil de votre ciel ».
Et il en tire une conclusion qui n’a rien perdu de son actualité : « C’est vraiment un grand mystère que cette sorte de ligature du spirituel au temporel.
On pourrait presque dire que c’est comme une sorte d’opération d’une mystérieuse greffe.
Le temporel fournit la souche et le spirituel, s’il veut vivre, s’il veut produire, s’il veut continuer, s’il veut poursuivre, s’il veut fleurir et feuillir, s’il veut bourgeonner et boutonner, s’il veut poindre et fructifier le spirituel est forcé de s’y insérer.
La force fournit la souche et l’idée est forcée de s’y insérer.
Le corps fournit la souche et l’esprit est forcé de s’y insérer
».

Prier pour notre pays, c’est aussi prendre l’engagement de travailler de toutes nos forces au service du bien commun de notre communauté nationale.
C’est saisir cette unité entre spirituel et temporel qui nous révèle, avec le mystère de l’histoire, le sens de notre vocation et de notre mission : témoigner de la présence et de l’action du Christ rédempteur dans l’épaisseur de notre condition charnelle.

 

Extraits de la Méditation du P. Serge-Thomas Bonino

Père BoninoTexte intégral ici :  Posté le 29 janvier 2015

On connaît l’apostrophe de saint Jean-Paul II :  « France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » On prête moins attention à ce qui suit : « France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ? » Cette Sagesse éternelle est le Fils, le Verbe, le Logos, c’est-à-dire la Pensée divine personnelle qui a présidé à la création, lui conférant ordre, beauté et intelligibilité. (…)

Le souci de la fécondité culturelle de la foi est essentiel à la vocation chrétienne de la France.
Au Moyen Age, la Chrétienté reposait sur trois piliers : le sacerdotium (autorité religieuse), l’imperium (autorité politique) et le studium (autorité intellectuelle).
Or si le sacerdotium a son centre à Rome et l’imperium quelque part dans le Saint-Empire romain germanique, le studium est vu comme l’apanage de la France.
A l’heure où se formait l’esprit des nations, la France apparait comme la nation qui se définit par son rayonnement culturel.
Ainsi, le pape Grégoire IX, en 1231, désignait l’Université de Paris comme la « mère des sciences, comme une autre Cariath Sepher (cité des lettres), qui brille d’un éclat précieux »,
et Eudes de Châteauroux († 1273), qui en fut chancelier, la décrit comme « le moulin dans lequel tout le froment de Dieu est moulu pour la nourriture du monde entier ; il est moulu par les leçons et les discussions des maîtres.
Paris est le four et la cuisine dans lesquels le pain du monde tout entier est cuit et la nourriture de ce monde préparée ».

Mais qui dit culture ne dit ni folklore ni culte jaloux des particularités.
Certes, toute culture s’enracine dans une histoire particulière mais elle est par nature ouverte à l’universel.
La France est « éducatrice des peuples » non parce qu’elle leur imposerait ses particularités culturelles mais parce que le contact avec la culture chrétienne française peut aider d’autres cultures à laisser s’épanouir en elles les valeurs universelles –  le vrai, le juste, le bien – qu’elles contiennent en germe.

Aujourd’hui le petit troupeau des chrétiens de France hérite de cette haute vocation.
Si réduites que soient ses forces, il ne peut renoncer à cette responsabilité en se réfugiant dans une foi toute sentimentale.
Appuyé sur un puissant héritage, il continue de vouloir penser sa foi, contribuant ainsi à nourrir une authentique culture humaine.
Ne sommes-nous pas d’ailleurs, en raison même de notre histoire nationale, aux avant-postes de la difficile rencontre entre la foi chrétienne et les nouvelles cultures sécularisées ?
Sans doute ces « cultures » se sont-elles souvent construites en opposition explicite au christianisme et elles renferment des germes mortifères de déshumanisation et de « dé-culturation » qu’il faut dénoncer.
Mais il faut aussi chercher à comprendre comment on en est arrivé là et tenter de recueillir avec discernement ce qu’il peut y avoir de vrai et de bon dans le mouvement culturel actuel afin d’en nourrir l’intelligence de la foi.
La tâche est immense et les ouvriers peu nombreux.
Aussi nous tournons-nous vers Marie, Sedes sapientiae, Trône de la Sagesse.
En accueillant la Parole de Dieu, la Sagesse éternelle, en « conservant avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur » (Lc 2, 19), elle se révèle la Vierge sage par excellence.
Prions-la d’aider la nation française à renouer son alliance féconde avec la Sagesse éternelle.

 

Méditation de Dom Courau

Dom CourauPosté le 15 janvier 2015

Ce que nous dit la Vierge à Pontmain  (17 janvier 1871)

Le surnaturel se manifeste en France lorsqu’elle se trouve au bord du précipice, mettant en cela notre pays un peu à part des autres.
Mais honor onus, disent les anciens, plus grand honneur entraîne davantage de responsabilité.
Clovis ou Jeanne d’Arc, les apparitions mariales depuis 1830 (Rue du Bac), tout cela c’est le Ciel qui se penche sur notre histoire à bout de souffle, l’obligeant au sursum corda duquel elle a failli.
En cette période de l’année, le 17 janvier 1871, Marie apparut à Pontmain, à 40 km d’une armée française en déroute vers Laval, humiliée et désespérée après la défaite du Mans devant les Prussiens.
La Bretagne est alors menacée, dernière carte pour négocier un armistice pas trop indigne : mutineries, épidémies, épuisement généralisé, que faire ?

À une encablure de là donc, un trou perdu, Pontmain, hameau de moins de cent habitants y compris les nouveau-nés et une marmaille nombreuse, souffre du drame de façon un peu assourdie.
Ce jour-là, l’angoisse n’empêche pas le train-train quotidien : piler des ajoncs pour le bétail, préparer les repas… À partir de 18h et jusqu’à 21h, dans un va-et-vient sur la grand’ place de l’église, deux enfants, puis d’autres voient au-dessus d’une grange, une douceur qui sourit au milieu d’un ciel très dégagé, constellé d’étoiles.
De quart d’heure en quart d’heure, les enfants s’assemblent, les adultes aussi (qui ne voient pas), jusqu’à un nouveau-né qui crie en pointant du doigt, « Zésus », le seul mot qu’il sache.
Deux religieuses et le curé qui tient bien sa paroisse se mêlent à la grosse cinquantaine de témoins (les 3/4 du village).

En ces heures graves, tous jouent le jeu presque d’emblée.
Un épisode mérite d’être souligné, car il éclaire l’actualité d’aujourd’hui et ses tristesses.
Alors que Marie souriait et attirait les sourires des enfants, jouant parfois même de ses mains comme pour cajoler de loin (au-dessus du toit de la grange), Vlà qu’elle tombe en humilité, disent-ils à un moment : en humilité, c’est-à-dire en tristesse, état de l’homme humilié, tombé à terre.
Dans le brouhaha, le curé demande alors le silence.
On lui propose de s’adresser à Notre Dame. Hélas, je ne la vois pas, que pourrais-je lui dire… Prions : mot-clé, celui de cette neuvaine de mois pour la France.

Au cours de la liturgie improvisée alors dans le froid piquant (chapelet, litanies, hymnes mariales, cantiques…), Notre-Dame, silencieuse, dévoile quelques symboles (croix, cierges) et surtout déroule un message tout simple sous ses pieds, à chaque intonation de ces diverses prières : MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS MON FILS SE LAISSE TOUCHER.
Le premier mot (mais), le manque de ponctuation, le gros point, ce qui est souligné, tout cela intrigue le Français qui aime les idées claires.
À Pontmain, Marie s’est moquée finement de nos désirs d’investigation exhaustive, qui nous poussent à vouloir tout savoir, tout de suite.
Toujours est-il que trois jours après ce 17 janvier, contre toute attente, les Prussiens rebroussaient chemin et l’armistice était signé le 28.
Conclusion : Pontmain est un trou perdu (et resté tel) ;
la vraie France se joue là où elle échappe aux médias, ayant en elle l’avenir de Dieu dans sa fidélité aux gestes de la vie quotidienne, au court terme « tout bête » mais bien ordonné, laissant le long terme à la Providence qui voit plus loin que nos prudences, surtout quand elles sont affolées.
Un évêque me disait récemment de S. Joseph : Plus il se cache, plus il rayonne.
La vocation de la France doit lui ressembler, rayonnant dans l’humilité cachée, dans l’effort patient qui ne paie pas de mine.
« Jeunesse nouvelle, jeunesse rebelle » à l’avilissement des âmes, écoute bien Marie qui te dit comment prier.

 

Méditation du Père Patrick de Laubier

Père Patrick de LaubierPosté le 18 décembre 2014

Neuvaine de prières pour la France

La Vierge Marie, patronne principale de la France est l’objet d’une prière collective et nationale  pour obtenir  un secours exceptionnel qui n’est pas sans rappeler  le vœu de Louis XIII  du 15août 1638.
Cette fois ce n’est plus le chef du Royaume qui s’engage, mais des membres du pays qui est menacé par  un changement de civilisation ou plutôt d’un effondrement de civilisation.

Nous invoquons la Vierge en l’appelant à notre secours au cours d’une neuvaine de 9 mois, du 15 novembre 2014 au 15 août 2015.

Vierge Immaculée, Fille du Père, Mère du Fils, Epouse non épousée de l’Esprit Saint, vous avez montré au cours  des siècles  une attention  toute spéciale pour la France, Fille aînée de l’Eglise.
Depuis  deux siècles  des révolutions  et vos apparitions se sont  multipliées et nous arrivons aujourd’hui à l’aboutissement d’un drame annoncé dès  la Salette(1846) à savoir  l’apostasie de ce pays.

Il y a eu au cours de son histoire des moments tragiques et  nul pays n’a connu une délivrance comparable à celle de Jeanne d’Arc dont l’intervention spirituelle et politique n’a pas d’équivalent dans l’histoire de l’Eglise.
La sainteté  a donné des  fruits  bien remarquables et continue à le faire, mais la Foi n’est plus vécue par le grand nombre .
L’athéisme  est devenu une croyance généralisée autorisant des législations opposées non seulement à la vérité évangélique mais aussi à la loi naturelle.
On assiste à des mouvements de protestation mais une sorte de paralysie  a gagné la vie politique.

La raison profonde de cette léthargie est une désuétude de la pratique de la  prière devenue habituelle chez les croyants malgré tant de rappels de votre part et l’enseignement de l’Eglise.
Les églises  de pierres encore si nombreuses sont vides et la vie paroissiale a perdu ce qui faisait sa force sans  que les chrétiens  ne réagissent à cette mort lente de la vie spirituelle .
Au moment même où les musulmans, de plus en plus nombreux, montrent l’exemple d’une dévotion oubliée par les baptisés.
Un grand nombre de chrétiens n’a gardé du christianisme  que  des coutumes sans rencontrer dans la prière la Personne du Christ qui est le Cœur même de la dévotion et de l’Amour.

Vierge très sainte vous savez tout cela, mais le dire et le redire  indique où est le mal et quelle est la guérison attendue.
Il faut prier, c’est-à-dire  s’adresser  à notre Sauveur en sollicitant votre aide secourable.
Les sacrements et en premiers lieux l’Eucharistie et la réconciliation qui la prépare  deviennent vite des routines sans âme lorsque la prière ne fait plus vivre en nous ces trésors surnaturels.

Marie très sainte, Mère de Dieu et notre Mère, notre Sœur aussi (Paul VI) écoutez notre supplication.
Tout est possible à Dieu mais la Grâce  sollicite notre liberté de créature  à l’image et à la ressemblance de Dieu.
L’Amour de Dieu attend l’amour de l’homme  et la prière en est l’expression nécessaire .
Face à une «  civilisation de la mort », nous chrétiens de France nous voulons préparer une civilisation de l’amour qui est l’orientation de la doctrine sociale  de l’Eglise.

Ô Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous.

 

Méditation du Père Xavier Malle

Père Xavier MallePosté le 7 décembre 2014

Le 8 décembre 1947, fête de l’Immaculée Conception, dans la Drôme, le Père Finet entre dans la chambre de Marthe Robin vers 9h du matin et lui dit :« La France est foutue ! ».
Marthe répond : « Non, Père, la Sainte Vierge va apparaître et demander la prière des petits enfants. »
Ce même jour, à L’Ile-Bouchard, petit village de Touraine, un peu avant 13h, quatre petites filles entrent pour prier dans l’église paroissiale, sur la recommandation de leur maitresse.
Elles témoigneront ensuite avoir vu « une belle Dame », qui leur a demandé de prier pour la France alors en grand danger et a promis du bonheur dans les familles.
La demande de la prière pour la France et la promesse de bonheur dans les familles sont intimement liées et d’une brûlante actualité.

La Belle Dame confie à quatre jeunes enfants une question d’adulte : la situation de la France, à la veille d’une guerre civile.
Elle va y revenir à quatre reprises pendant toute la semaine des évènements du 8 au 14 décembre 1947.
Dès sa seconde manifestation, et ce sont ses premiers mots : « Dites aux petits enfants de prier pour la France qui en a grand besoin. »
La quatrième fois, le mardi 9 à 13h, Marie réitère sa demande, sous une formulation légèrement différente : « Priez pour la France qui, ces jours-ci, est en grand danger. »
Les enfants vont faire ce que la Belle Dame leur demande : inviter leurs amies de l’école à prier pour la France, et participer elles-mêmes à cette prière.

Est-il légitime de confier à la prière de petits enfants des questions de « grandes personnes » ?
Demandez-vous à vos enfants de prier pour que papa ou maman retrouve un travail ?
Pour dénicher la maison ou l’appartement dont vous avez besoin pour accueillir bébé à naître ?
Bien sûr et vous avez raison !

- Il y a une pureté dans la demande des enfants, sans arrières pensées : ils prient pour leur pays, simplement, comme ils prient pour leur famille. C’est bien de cela qu’il s’agit ; notre pays est notre famille élargie.

- Il y a une foi spontanée dans leur prière. Ils ne doutent pas d’obtenir ce qu’ils demandent. Et effectivement la France a été sauvée : l’ordre de reprise du travail a été donné dès le mardi, sans qu’aujourd’hui encore on puisse en donner d’explication satisfaisante.

-Il y a une puissance de la prière des enfants sur le cœur de Dieu : « si vous ne redevenez comme ces petits enfants… » (Mt 18,3)

D’autant qu’en réalité, cette question de grande personne les regarde. C’était bien de leur avenir dont il s’agissait !

Comme en 1947, pense-t-on à demander plus particulièrement aux petits enfants de prier pour notre pays ?
Pour allier les deux aspects évoqués au début, je vous propose de prier avec les petits enfants trois Je vous salue Marie pour les familles de France : un pour les papas, un pour les mamans et un pour les enfants.

 

Extraits de la Méditation du Père Philippe de Maistre

Père Philippe de MaistreTexte intégral ici : Posté le 4 décembre 2014

Une génération s’est levée

« Tous ces jeunes gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »
Je lui répondis : « C’est toi qui le sais, mon Seigneur. »
(Ap XVI,14)

 « Tous ces jeunes gens… Qui sont-ils D’où viennent-ils ? » Nuit après nuit, policiers, journalistes et badauds se posèrent cette question à la vue des « veilleurs », ces jeunes gens dignes et lumineux, assis dans les rues de Paris pendant que, à l’Assemblée nationale ou sur les plateaux de télévision, certains de leurs aînés débattaient du « mariage pour tous ».

« Qui sont-ils, D’où viennent-ils ?… » Cette même question avait déjà saisi les observateurs incrédules devant la ferveur des foules bigarrées qui envahissaient les rues et le métro parisiens lors des JMJ d’août 1997.

« Ces jeunes gens. Qui sont-ils ?…
– C’est toi Seigneur qui le sait ».

Oui Seigneur, Tu sais quelle jeunesse tu as toi-même suscité au cœur de notre vieille terre de France !
Une jeunesse ardente et généreuse, aux antipodes de la fameuse « génération Y », prétendument consumériste, hédoniste et narcissique, à laquelle on voudrait parfois la réduire.

Une génération s’est donc levée.
Préparée dans la ferveur des grands rassemblements et dans le silence de la prière, elle a pris peu à peu conscience d’elle-même, au contact notamment d’un vieil homme vêtu de blanc et venu de Pologne qui sut tant de fois l’apostropher : « Chers jeunes de France, vous êtes les hommes et les femmes de demain ; dans vos cœurs et dans vos mains est contenu l’avenir. À vous, Dieu confie la tâche, difficile mais exaltante, de collaborer avec Lui pour édifier la civilisation de l’amour… »

En s’adressant ainsi à elle, cet homme – un père, un vrai ! – confiait enfin son espérance à cette jeunesse, l’arrachant ainsi au triste « jouir sans entraves » et à l’hébétude dans lesquels l’avait engluée la génération issue de mai 68 :
« Plus que jamais, il est urgent que vous soyez les “sentinelles du matin”, les guetteurs qui annoncent à l’humanité les premiers feux de l’aurore et le nouveau printemps de l’Evangile que l’on voit déjà poindre.
L’humanité a un impérieux besoin du témoignage de jeunes libres et courageux qui osent aller à contre-courant et proclamer avec force et enthousiasme leur foi en Dieu, Seigneur et Sauveur.
» (…)

 

Extraits de la Méditation de l’Abbé Eric Iborra

Abbé Eric IborraTexte intégral ici :  Posté le 27 novembre 2014    St  Jean-Paul II et la France

 (…)Jean Paul II disait aux jeunes : « Vous valez ce que vaut votre cœur ».
Puis il contemplait tous ceux qui au cours de notre histoire ont répondu à cette question, les saints, eux qui sont l’âme de notre patrie, eux qui ont reçu pour donner et pour servir.
Des saints toujours actuels parce qu’ils se sont rapprochés de Dieu et de son éternité : « Les saints ne vieillissent pas. Témoins de la jeunesse de l’Église, ils ne deviennent jamais des personnages du passé. Ils sont toujours l’avenir évangélique de l’homme, les témoins du monde futur », en particulier les femmes, gardiennes de la vie, « sentinelles de l’invisible ».

Le Pape savait aussi que nous sommes toujours tentés sur nos dons les meilleurs. « Ce grand jubilé du baptême, disait-il à Reims, doit vous amener à dresser un vaste bilan de l’histoire spirituelle de l’âme française. Vous vous souviendrez certes de temps obscurs, de bien des infidélités et des affrontements, conséquences du péché. Mais vous vous souviendrez que toute traversée de l’épreuve est un appel pressant à la conversion et à la sainteté, afin de suivre jusqu’au bout le Christ qui a livré sa vie pour le salut du monde. C’est quand la nuit nous enveloppe que nous devons penser à l’aube qui poindra, que nous devons croire que l’Église chaque matin renaît par ses saints. Qui l’a une fois compris, disait Bernanos, est entré au cœur de la foi catholique, a senti tressaillir dans sa chair mortelle une espérance surhumaine ». Echo des premières paroles qu’il nous adressait en 1980 : « La voie de l’Evangile ne passe pas par la résignation, les renoncements ou les abandons. Elle ne se résout pas à l’affadissement du sens moral, et elle souhaiterait que la loi civile elle-même aide à élever l’homme. Elle ne cherche pas à s’enfouir, à demeurer inaperçue, mais elle requiert au contraire l’audace joyeuse des Apôtres. Elle bannit donc la pusillanimité, tout en se montrant parfaitement respectueuse à l’égard de ceux qui ne partagent pas le même idéal ». (…)

Posté par saintsdefrance à 09:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]