Le frère Bernard-Marie, tertiaire franciscain écrit :
 " Les saints sont toujours les grands témoins de l'Invisible qui les porte et les pousse. Les voir, c'est revoir le mystère du Christ marchant au milieu des hommes ".

Saint Jean, dans sa première épître, au chapitre 4, nous dit clairement :
 " Celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, ne saurait aimer Dieu qu'il ne voit pas ".

Quant à Charles de Foucauld, il affirme :
" Il est impossible de plaire à Dieu si l'on manque d'amour pour un seul homme ".

De tout temps, les saints se sont penchés avec ingéniosité sur les misères humaines les plus diverses.
Si on reste confondu devant la profusion d'œuvres caritatives qu'ils ont créées et qui sont souvent méconnues, on est aussi émerveillé devant les actes de charité qu'ils ont accomplis dans la vie ordinaire de tous les jours.
Laissons volontairement  de côté les figures les plus renommées comme Vincent de Paul, Raoul Follereau ou mère Teresa et portons nos regards sur quelques exemples parmi bien d'autres :

Anne Marie Javouhey, au 18-19 ème siècle, fonde un ordre qui lutte pour la suppression de l'esclavage et la formation d'un clergé indigène en Afrique.

Elisabeth Seton, au 18-19 ème siècle, à New York, devenue veuve, ouvre d'abord une école pour nourrir ses 5 enfants.
Elle organise l'enseignement primaire chez les catholiques, les premiers orphelinats et hôpitaux, les premiers établissements pour malades mentaux et se trouve à l'origine de 7 congrégations caritatives.

Leonardo Murialdo, au 19 ème siècle, à Turin, fonde une congrégation de prêtres pour la formation des jeunes délinquants.
Il est le promoteur d'œuvres sociales chrétiennes et défend la journée de 8 heures pour les ouvriers.   

Jeanne Jugan, au 19 ème siècle, en Bretagne, travaille comme domestique.
Elle cède son lit à une vieille dame aveugle et infirme.
Ainsi, elle fonde peu à peu les Petites Sœurs des P
auvres vouées aux personnes âgées.
 

Félicie Hervieu, au 19-20 ème siècle, à Sedan,  est une mère de famille de la bourgeoisie.
Touchée par la pauvreté des familles dont le père est alcoolique, elle a l'idée de leur faire cultiver un petit jardin pour subvenir à leurs besoins et vendre le surplus au marché.
Avec des amies, elle achète des lopins de terre pour les familles pauvres : l'œuvre des jardins ouvriers est lancée. En 1931, on comptera 450 000 jardins.

Lo Pa Hong, au 20 ème siècle, à Shanghaï, est avocat et père de 9 enfants.
Il ramène chez lui un chinois abandonné sur la chaussée et décide de fonder un hôpital où les  malades pauvres pourront être soignés.
Il achète un terrain et grâce à sa confiance en Saint Joseph les dons en argent affluent.
Il construit d'autres hôpitaux, un orphelinat, un accueil pour prostituées, un centre pour aveugles, des écoles professionnelles.

Près de nous, Jean Vanier fonde les communautés de l'Arche qui accueillent des personnes souffrant d'un handicap mental, entourées par des laïcs.
 
Parmi les saints, beaucoup ont payé de leur vie leur dévouement et sont devenus martyrs de la charité. En voici quelques-uns :

Louis de Gonzague, au 16 ème siècle, est fils d'un duc autoritaire et débauché.
Il entre chez les Jésuites à Rome et se prépare à devenir prêtre et missionnaire.
Peu de temps après ses premiers vœux, il meurt en soignant des malades atteints de la peste, à l'âge de 23 ans.

Le Père franciscain Maximilien Kolbe, est interné au camp d'Auschwitz.
Un prisonnier, apprenant qu'il est condamné avec 9 autres au bunker de la faim, s'écrie : " Ma pauvre femme et mes enfants … que vont-ils devenir ? "
Le Père Kolbe s'avance : " Je voudrais mourir à la place d'un de ces condamnés ".
Il part avec les 9 autres, pour mourir avec eux et les aider à mourir.

Jean Collé, à Brest, se met avec sa sœur, au service de la Croix Rouge pendant les bombardements de la deuxième guerre mondiale.
Au cœur de la ville, un énorme tunnel abrite d'un côté plus de 400 réfugiés français et de l'autre plus de 500 allemands.
Un incendie éclate et Jean incite à l'évacuation au plus vite.
Il sauve un enfant et une première explosion se produit.
Il retourne quand même dans le trou noir pour essayer de sauver sa sœur et d'autres réfugiés.
Une autre explosion retentit. Jean a 23 ans, il voulait devenir prêtre.

A côté de ces martyrs de la charité, un nombre immense de saints ont vécu humblement l'amour de leurs frères au quotidien :

Casimir, au 15 ème siècle, est fils du roi de Pologne.
Il consacre sa vie à soulager les pauvres.
Il refuse de monter sur le trône malgré ses aptitudes et les fortes pressions de son père.
Il répond fièrement à celui-ci :
" N'est-ce pas un honneur de servir Jésus-Christ dans ses membres souffrants ? "
Atteint de tuberculose, il meurt à 26 ans. Il est devenu le patron de la Pologne.

Paule Gambora, au 16 ème siècle, en Italie, est mariée à un mari volage.
Elle héberge et soigne la maîtresse de celui-ci, la convertit et  son mari avec.

Catherine Jarriges, au 18 ème siècle, dans le Cantal, est une célibataire engagée comme servante.
Pendant la Révolution, elle se dévoue auprès des prêtres réfractaires et consacre sa vie à soulager les malheureux.
A sa mort, toute la contrée se déplace pour lui rendre un dernier hommage.

Joseph Moscatti, au 19-20 ème siècle, à Naples, est un médecin célibataire.
Son existence entière se passe à aider les malades et les pauvres qu'il visite dans leurs taudis, leur apportant lumière, espérance et assistance concrète.

Pour conclure, citons  le mot de Mère Teresa :
" Le Christ était toujours attentif à autrui. Une grande sainteté commence par la prévenance ".

Oui, comme les saints connus ou inconnus, soyons attentifs à ceux qui nous entourent.