Le curé d'Ars dit, avec une pointe d'humour :
" Les saints n'ont pas tous bien commencé, mais ils ont tous bien fini ".

Le psaume 103 illustre la tendresse de Dieu pour l'homme qui s'est éloigné de Lui par une vie d'errance loin de ses voies :
" C'est Yahvé qui pardonne toutes tes offenses, qui te guérit de toute maladie, qui rachète ta vie à la fosse, qui te couronne d'amour et de tendresse, …et comme l'aigle se renouvelle ta jeunesse. …Comme est loin l'Orient de l'Occident, Il éloigne de nous nos péchés … Comme est la tendresse d'un père pour ses fils, tendre est Yahvé pour qui le craint. Il sait de quoi nous sommes pétris, Il se souvient que poussière nous sommes ".

Quant au prophète Isaïe, au chapitre 1, il clame dans un langage imagé :
" Quand vos péchés seraient comme l'écarlate, comme neige ils blanchiront ; quand ils seraient rouge comme la pourpre, comme laine ils deviendront ".

Rappelons encore la parole de Jésus dans Mathieu 9 :
" Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs ".
Le Cœur de Dieu tressaille d'allégresse quand un pécheur revient sur les chemins de l'amour : Dans la parabole de la brebis perdue, Luc chapitre 15, Jésus dit :
 " Il y a plus de joie dans le Ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n'ont pas besoin de repentir ".

Et dans la parabole de l'enfant prodigue qui suit celle de la brebis perdue, le père (image de notre Dieu) dit au fils aîné qui refuse de se réjouir du retour de son frère qui était parti vivre une vie de débauche :
" Il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ".

Au calvaire, un des deux brigands crucifié avec Jésus, insulte Celui-ci mais son compagnon lui dit :
" tu n'as pas crainte de Dieu … pour nous, c'est justice, nous payons nos actes ; Mais Lui, Il n'a rien fait de mal ".
Et il disait : " Jésus, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume ".
Jésus lui répond :  " En vérité, Je te le dis, dès aujourd'hui, tu seras avec Moi dans le Paradis ".

Saint Paul, lui, dans l'Epître aux Romains chapitre 5, résume l'action de Dieu sur l'homme pécheur :
" Là où le péché abonde, la grâce surabonde ".

Dans l'histoire de l'Eglise, nous rencontrons des saints qui ont erré loin des chemins de l'amour. En voici quelques-uns :

Au 4-5 ème siècle, Augustin mène une vie dissolue.
Ce jeune intellectuel est affilié à la secte des manichéens.
Il a une concubine et un fils. En parlant de sa jeunesse, il dit dans ses " Confessions " qu'il laissait le champ libre à tous ses instincts.
Il doit sa conversion avant tout à la prière de sa mère, sainte Monique.
Il devient prêtre, évêque, théologien et docteur de l'Eglise.

Au 16-17 ème siècle, Camille de Lellis est un soldat bagarreur emporté par la passion des cartes.
Pour le jeu, il sacrifie tous ses biens, il se bat et risque sa vie.
Dépouillé de tout, ce fils de marquis tend la main à la porte des églises puis travaille quelques temps comme manœuvre.
Malade, il fait des séjours dans les hôpitaux. Là, il constate la grande misère dont souffrent les infirmes et peu à peu  consacre sa vie à Dieu en soignant les malades.
Pie XI le proclame " patron des infirmiers et infirmières du monde entier ".

Au 17-18 ème siècle, Jeanne Delanoue est une commerçante avare qui renvoie souvent les pauvres qui frappent à sa porte.
Elle s'arrange même pour n'acheter son pain qu'au dernier moment, afin de pouvoir dire aux pauvres qu'elle n'a pas de pain.
Mais grâce à une pieuse femme qui l'exhorte à se montrer charitable, son cœur s'ouvre et elle se met  au service des plus démunis. Elle fonde une congrégation caritative, des hospices et des écoles.

Au 19-20 ème siècle, Charles de Foucauld est un officier indiscipliné qui se fait remarquer par sa mauvaise conduite, ses scandales, sa gourmandise ; ne fait-il pas sonner son réveil en pleine nuit pour manger du foie gras ?
Entêté, il préfère démissionner de l'armée plutôt que de changer de conduite.
Cependant la pensée de Dieu le tourmente et il retrouve la foi.
Après plusieurs tâtonnements, il devient prêtre et religieux et s'installe comme ermite à Tamanrasset.

En 1954, Jacques Fesch, marié et père d'une petite fille est en échec professionnel et sans volonté.
Il décide d'acheter un bateau pour voyager. N'ayant pas d'argent, il assomme un changeur pour le voler.
Dans sa fuite, il tire sur un agent de police et le tue. Il blesse ensuite grièvement un homme qui tente de l'arrêter.
Athée lors de son entrée en prison, il retrouve la foi, aidé par l'aumônier, par son avocat et par un ami devenu religieux.
Conscient du mal qu'il a fait aux siens, aux victimes et à leur famille, il fait une ascension d'amour étonnante, dans une pleine confiance en la miséricorde de Dieu.
Les lettres écrites à ses proches nous montrent son cheminement spirituel. Condamné à la peine capitale, il est guillotiné le 1er octobre 1957. Quelques heures avant sa mort, Il avait écrit :
" Jésus m'a promis de m'emmener tout de suite au paradis ".

Pour terminer, citons ces mots de saint Augustin :
" Le Dieu tout puissant, puisque Il est souverainement bon, ne laisserait jamais un mal quelconque exister dans ses œuvres s'Il n'était assez puissant et bon pour faire sortir le bien du mal lui-même ".

Personne n'est exclu de la miséricorde et de la tendresse de Dieu.