Une personne remarque devant le Père Brottier, responsable de l'œuvre des orphelins apprentis d'Auteuil : " Parfois, quand le Ciel semble sourd à nos prières, on se demande si les saints n'ont pas perdu la mémoire ! "
-" Bien au contraire, ils connaissent nos besoins mieux que nous ne les connaissons nous-mêmes. Croyez-moi, ce sont les morts qui mènent les vivants!  Nous croyons nous conduire tout seuls ; en réalité, nous sommes menés par toute cette foule d'intercesseurs et d'amis que nous avons au Ciel … Personnellement, je leur ai toujours confié la réussite de mes affaires ".

Le Concile Vatican II, dans Lumen Gentium, souligne :
" Etant en effet plus intimement liés avec le Christ, les habitants du Ciel … ne cessent d'intercéder pour nous auprès du Père … Ainsi, leur sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre infirmité "

Le Catéchisme de l'Eglise Catholique nous exhorte à nous tourner vers les saints en toute confiance :
" Nous pouvons et devons prier les saints d'intercéder pour nous et pour le monde entier."

Les auteurs spirituels et les saints eux-mêmes ne cessent de nous éclairer sur le rôle des saints. En voici quelques exemples :

Romano Guardini, jésuite, explique :
" Le Christ reste, Lui, la lumière totale et unique ;
Mais les saints sont comme des prismes qui révèlent cette lumière dans ce qu'elle a de plus secret, en réfléchissant tantôt telle couleur, tantôt telle autre."

Charles Péguy affirme :
" Il n'y a pas dans la vie d'un chrétien un seul endroit de l'espace et une seule minute du temps où il ne soit l'objet, de la part des saints, nos amis, d'une sollicitude spéciale ".

Paul Claudel s'exclame :
" Tous les saints sont à nous. Nous pouvons nous servir de l'intelligence de saint Thomas … du cœur de Jeanne d'Arc et de Catherine de Sienne … L'héroïsme des missionnaires, l'inspiration des docteurs, le génie des artistes, la prière enflammée des clarisses et des carmélites, c'est comme si c'était nous, c'est nous !"

Bernard de Clairvaux nous dit :
" Nous devons suivre ceux que nous honorons d'un culte solennel en imitant leur vie … nous laisser aider par ceux dont nous chantons si volontiers les louanges ".

Séraphin de Sarov, moine ermite russe, note :
" Un seul saint fait marcher des milliers, et deux des quantités innombrables ".

La plus grande joie des saints est de nous aider à répondre à notre vocation à la sainteté :

 Dominique, mourant, est entouré de ses frères religieux en larmes. Il leur dit :
" Ne pleurez pas, je vous serai plus utile après ma mort et je vous aiderai plus efficacement que pendant ma vie ".

La petite Thérèse écrit : " Ce qui m'attire vers la patrie des Cieux, c'est l'appel du Seigneur, c'est l'espoir de L'aimer enfin comme je l'ai tant désiré et la pensée que je pourrai le faire aimer d'une multitude d'âmes qui le béniront éternellement."
 " Je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre."

Elisabeth de la Trinité écrit aussi :
" Il me semble qu'au Ciel, ma mission sera d'attirer les âmes en les aidant à sortir d'elles-mêmes pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux et de les garder en ce grand silence du dedans, qui permet à Dieu de s'imprimer en elles, de les transformer en Lui ". 
Et dans une lettre elle écrit encore :
" Tu auras des luttes à soutenir, mon petit frère, tu rencontreras des obstacles sur le chemin de la vie, mais ne te décourage pas, appelle-moi. Oui, appelle ta petite sœur, tu augmenteras ainsi le bonheur de son Ciel ".  

Bernadette de Lourdes dit à ses sœurs qui lui demandent de prier pour elles quand elle sera près du Bon Dieu :
" Oui, je n'oublierai personne ! "   

Séraphin de Sarov répète souvent :
" Quand je ne serai plus là, venez sur ma tombe me raconter vos misères, je vous aiderai ".  

Quant à Robert Naoussi, jeune pauvre camerounais lépreux, il murmure sur son lit de malade :
" Je veux ouvrir les portes du Ciel aux autres … je ne veux pas être heureux au Ciel tout seul ".

Sur leur propre chemin de sainteté, les saints ont su faire appel à leurs aînés :

Jeanne d'Arc, dont la vocation reste exceptionnelle, parle familièrement avec les anges et les saints, ces voix du Ciel comme elle les appelle : Catherine, Marguerite, Michel.
Avant de monter au bûcher, elle demande leur secours.

Jean Bosco, éducateur et prêtre fondateur au 19 ème siècle en Italie, prie souvent François de Sales :
" Que sa douceur et sa charité me guident en toute chose ! "
Il mourra en 1888, le jour de la fête de ce saint.

De son ermitage dans le massif du Hoggar, Charles de Foucauld nous fait cette confidence :
" Je vis au jour le jour avec Notre Seigneur, la Très Sainte Vierge, les saints que je connais le plus, et ceux que j'aime ".

Durant la guerre de 14-18, le Père Brottier est en première ligne au milieu des pires dangers pour être là où se trouvent des hommes qui souffrent et qui meurent.
Il revient miraculeusement indemne de la guerre, protégé par la petite Thérèse de Lisieux.
En effet, un de ses amis priait tous les jours Thérèse pour qu'il revienne sain et sauf.
Par la suite, le Père Brottier confie à la petite Thérèse l'œuvre des orphelins apprentis d'Auteuil dont il reçoit la charge.

Voici, pour terminer cette émission, le bon conseil plein d'humour que nous donne le Curé d'Ars :
" Je fais volontiers une belle place aux saints ici-bas pour qu'ils me fassent une petite place au Ciel ".