dimanche 3 avril 2016

Volonté de Dieu et sainteté

C'EST EN AYANT, JOUR APRES JOUR, LA FERME VOLONTÉ DE FAIRE LA VOLONTÉ DE DIEU QUE NOUS DEVIENDRONS DES SAINTS

 Nous avons du mal à comprendre ce que signifie faire la volonté de Dieu.
Cette volonté nous fait peur, il nous semble qu'elle nous empêche de nous épanouir, d'être nous-mêmes.
Or le saint curé d'Ars nous dit :
" Dieu nous aime plus que le meilleur des pères, plus que la mère la plus tendre. Nous n'avons qu'à nous soumettre et à nous abandonner à sa volonté, avec un cœur d'enfant ".  

Dans l'Evangile, dans Jean chapitre 4, Jésus lui-même déclare :
" Ma nourriture c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé ".
Dans la prière du Notre Père, Jésus nous enseigne à demander sans cesse au Père : que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Dans Matthieu 7, il affirme :
" Ce n'est pas celui qui dit Seigneur, Seigneur qui entrera dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père céleste ".
Et dans Matthieu 12, Jésus nous dit que l'accomplissement de cette volonté de Dieu nous fait entrer dans une relation intime d'amour avec Lui :
" Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là m'est un frère et une sœur et une mère
".

Dans ses écrits, François de Sales consacre de nombreuses pages sur  la volonté de Dieu :
" Pensez souvent que tout ce que nous faisons a sa vraie valeur en fonction du degré de conformité que nous avons avec la volonté de Dieu, si bien qu'en mangeant et buvant, si je le fais parce que c'est la volonté de Dieu que je le fasse, je suis plus agréable à Dieu que si je souffre la mort sans cette intention ".

Le Père Chevignard, théologien dominicain note :
" Les grands transports peuvent être trompeurs, mais l'accomplissement, avec beaucoup d'amour, de la volonté quotidienne de Dieu ne trompe pas "… "
Ce qui compte, ce n'est pas de trouver une route extraordinaire, c'est d'aimer celle que Dieu nous destine, et d'y être dans ses mains avec une parfaite docilité "…"
Celui qui est vraiment abandonné à la volonté du Père des cieux, est emporté par le vent de l'Esprit.
Il pourra faire toute sa vie des choses que le monde appelle "petites" et pourtant, il sera grand aux yeux de Dieu : Thérèse de Lisieux, qui a été proclamée patronne universelle des missions, en est un bel exemple
".   

Le bienheureux Edouard Poppe, jeune prêtre belge décédé en 1924 à l'âge de 33 ans, célèbre par ses qualités de directeur spirituel, écrit :
" Voici la sainteté en peu de mots : Aimer la volonté de Dieu. La volonté de Dieu c'est Dieu lui-même …Vos devoirs d'états, votre croix d'état … sont les voies régulières de la sainteté, car ils sont l'infaillible réalisation de la volonté de Jésus sur vous ".

Le pape saint Jean XXIII écrit aussi :
" Le commencement de la sainteté est mon complet abandon à la sainte volonté du Seigneur, même dans les petites choses".

 Quant à Mère Teresa, elle affirme elle aussi :
" La sainteté ne consiste pas à mener à bien des choses extraordinaires.
Elle consiste à accepter avec le sourire ce que Jésus nous envoie.
Elle consiste  à accepter et  à  suivre la volonté de Dieu ".

Sœur Faustine, l’apôtre de la Miséricorde Divine, béatifiée et canonisée par le pape Jean Paul II,  insiste beaucoup sur le lien entre l’accomplissement de la volonté de Dieu et la sainteté, voici un extrait de son Petit Journal :
Toute tendance à la perfection et toute sainteté consistent à accomplir la volonté de Dieu.
Le parfait accomplissement de la volonté divine, c’est la maturité dans la sainteté. Ici, il n’y a pas de place pour le doute.
” (666)  Source

De nos jours, en quoi consiste cette volonté de Dieu si importante pour nous ? Voici quelques exemples et conseils :

Jeanne Beretta Molla, cette mère de famille du 20  ème siècle canonisée par Jean Paul II, note :
" Pour l'heure, je suis fermement décidée : vivre en chaque instant la volonté de Dieu, et vivre dans la joie ".  
Après sa mort, son époux Pierre dira d'elle :
" Tu n'as rien fait d'exceptionnel, pas de pénitences exceptionnelles, tu as bien compris et mis en pratique tes devoirs de jeune, d'épouse, de mère, de médecin avec une pleine disponibilité aux plans et à la volonté du Seigneur, avec un esprit et le désir de sainteté pour toi et pour les autres ".

Madeleine Delbrel nous invite au silence et au recueillement pour arriver à discerner la volonté de Dieu dans notre vie :
"Il nous faut le silence pour faire la volonté de Dieu, le silence prolongé par cette autre disposition de nous-même que nous amputons tellement…ou que nous méprisons par ignorance : le recueillement.
Il nous faut " recueillir " les traces, les indices, les invitations, les ordres de la volonté de Dieu, comme le cultivateur recueille sa récolte dans la grange, comme le savant recueille le fruit d'une expérience". (Source) ("La Joie de croire", Seuil, coll. "Livre de Vie", 1995 - p120)

Chiara Lubich, fondatrice des Foccolari, a cherché à expliciter avec un brin de poésie ce que pouvait signifier faire la volonté de Dieu de nos jours au quotidien   :
« Dieu était comparable au soleil. Un rayon parti du soleil aboutissait à chacune de nous : la volonté de Dieu sur chacune, sur une compagne, sur une autre, sur moi.
Un seul soleil, mais de nombreux rayons, et tous étaient des “rayons de soleil ”.
Un seul Dieu, une volonté unique, particulière sur chacune, même si c’était chaque fois la volonté de Dieu.
Il s’agissait pour nous d’avancer dans notre propre rayon, sans jamais en sortir.
Et avancer dans le temps qui nous était imparti. 
Il n’était pas question de perdre notre temps à épiloguer sur le passé, ou à rêver à l’avenir, mais d’abandonner le passé à la miséricorde de Dieu, puisqu’aussi bien il n’était plus en notre pouvoir.
Quant à l’avenir, nous le vivrions pleinement dès qu’il deviendrait présent. 
Seul le présent était entre nos mains.
Pour que Dieu règne dans nos vies, il était indispensable de concentrer, dans le moment présent, nos esprits, nos cœurs et nos forces à l’accomplissement de sa volonté. (…)
Pour atteindre Dieu, nous devons accomplir sa volonté avec soin, dans le présent, car le temps passe tout seul.
Cela ne devait pas être si difficile de comprendre quelle était la volonté de Dieu.
Elle se manifestait par le moyen de nos supérieurs, de l’Écriture, du devoir d’état, des circonstances, des inspirations, etc.
Éclairées et soutenues, instant par instant, par l’amour de Dieu, nous devons être en mesure de construire notre sainteté.
Ou, plus exactement, quand nous faisons la volonté d’un Autre – Dieu lui-même –, c’est lui qui construit en nous sa sainteté.
Faire la volonté de Dieu ne signifie donc pas seulement “se résigner”, comme souvent on le croit.
C’est en réalité la plus grande aventure divine qui puisse échoir à quelqu’un : non pas suivre sa propre volonté étriquée, ses projets limités, mais plutôt suivre Dieu et accomplir le dessein qu’il a pour chacun de ses enfants.
Un dessein divin, inimaginable, infiniment riche.
Faire la volonté de Dieu nous a fait découvrir une voie de sainteté faite pour tous.
Puisque chacun peut la vivre, n’importe où, quelle que soit sa situation ou sa vocation, la volonté de Dieu est une carte d’accès à la sainteté pour les foules.
(Source)

Pour conclure, faisons nôtre cette prière de Soeur faustine extraite de son Petit Journal
"Ô Dieu éternel, (…) multiplie en nous ta miséricorde (…) pour que nous nous soumettions avec grande confiance à  ta Sainte Volonté qui est l’amour et la miséricorde même. (950)

 

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Miséricorde et sainteté

Pour entrevoir la richesse insondable de la Miséricorde Divine, méditons avec attention le Petit Journal de sœur Faustine, l’apôtre de la Divine Miséricorde, religieuse polonaise canonisée en 2000 par le pape Jean Paul II. En voici quelques extraits :

 « Le Seigneur m’accorda de nombreuses lumières dans la connaissance de Ses attributs.
Le premier attribut que le Seigneur me fit connaître - c’est Sa sainteté.
Cette sainteté est si grande que toutes les Puissances et les Forces tremblent devant Lui (...). La sainteté de Dieu se répand sur l’Église de Dieu et sur chaque âme vivant en elle - à des degrés divers. Il y a des âmes toutes pénétrées de Dieu, et il y en a qui vivent à peine.
La seconde connaissance que Dieu m’accorda - c’est Sa justice.
Sa justice est si grande et si pénétrante qu’elle atteint les choses dans leur essence et tout se présente à Lui dans sa vérité, mise à nu (...).
Le troisième attribut est l’amour et la miséricorde.

Et j’ai compris que l’amour et la miséricorde sont le plus grand attribut.
Ils unissent la créature au Créateur.
J’ai connu le suprême amour et l’abîme de sa miséricorde dans l’Incarnation du Verbe, dans Sa Rédemption, et c’est ainsi que j’ai découvert que cet attribut est le plus grand en Dieu 
» ( 180).

Que nulle âme ne doute, même si elle est la plus misérable, tant qu'elle est en vie, elle peut devenir une grande sainte, car grande est la puissance de la grâce divine.
C'est à nous à ne pas résister à l'action divine.
(283)

Et Jésus dit lui-même à sœur Faustine :

Proclame que la miséricorde est le plus grand attribut de Dieu. Toutes les œuvres de mes mains sont couronnées de miséricorde. (301)

Dis aux âmes qu'elles ne fassent pas obstacle en leur propre cœur à ma miséricorde, qui désire tant agir en elles.
Ma miséricorde est à l'œuvre dans tous les cœurs qui lui ouvrent la porte ; le pécheur comme le juste ont besoin de ma miséricorde.
La conversion comme la persévérance est une grâce de ma miséricorde.
(1577)

Que les âmes qui tendent à la perfection adorent particulièrement ma miséricorde, car l'abondance des grâces que je leur accorde découle de ma miséricorde.
Je désire que ces âmes se distinguent par une confiance illimitée en ma miséricorde.
Je m'occupe moi-même de la sanctification de ces âmes, je leur procure tout ce qui peut être nécessaire à leur sainteté.
Les grâces de ma miséricorde se puisent à l'aide d'un unique moyen – et c'est la confiance.
Plus sa confiance est grande, plus l'âme reçoit.
Les âmes d'une confiance sans borne me sont une grande joie, car je verse en elles le trésor entier de mes grâces.
Je me réjouis qu'elles demandent beaucoup, car mon désir est de donner beaucoup et de donner abondamment.
Par contre, je m'attriste si les âmes demandent peu, si elles resserrent leur cœur.
(1578)

 “... Les plus grands obstacles à la sainteté sont le découragement et l’inquiétude dénuée de fondement...
Il ne faut pas te décourager, mais t’efforcer à ce que, à la place de ton amour-propre, puisse régner mon amour.
”(1488)

Jésus veut aussi que nous devenions miséricordieux à notre tour :

Ma fille, Je désire que ton cœur soit façonné à l’exemple de mon Cœur miséricordieux. Tu dois être tout imprégnée de Miséricorde.” (167)
 
 “Je désire que tu connaisses l’Amour dont brûle mon Cœur pour les âmes...
Appelle ma Miséricorde sur les pécheurs, Je désire tant leur salut... (186)

Sois miséricordieuse envers les autres, tout comme Je le suis envers toi, et lorsque tu sentiras que tes forces faiblissent, viens à la source de la Miséricorde et fortifie ton âme; ainsi tu ne faibliras pas en chemin. (1486) 

 

Pour plus de renseignements sur ce thème si riche :

voir  le site de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde

Ou directement le Petit Journal  (en PDF)

Ou encore le livre  que vienne ta miséricorde  du Père Joël Guibert

 

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lundi 4 avril 2016

Parole de dieu et sainteté

 LA MEDITATION DE LA PAROLE DE DIEU EST INDISPENSABLE POUR DEVENIR DES SAINTS

Le prêtre Jean Rémy, dans son livre " Eucharistie soleil de vie " écrit : 
" A plusieurs reprises, Vatican II a employé cette belle expression "Les deux tables " pour signifier que le Christ se donne non seulement dans l'Eucharistie qui est son Corps, mais aussi dans les Ecritures qui sont sa Parole …
L'Ecriture que nous entendons, c'est la Parole de Dieu, c'est Jésus lui-même Parole du Père …
Avant de manger le Corps du Christ, il faut recevoir sa Parole.

J'allais dire la " manger " en pensant au rouleau du livre que le prophète Ezéchiel a mangé sur ordre de Dieu et … qu'il trouva dans sa bouche aussi doux que le miel … 
Le Christ qui prend corps dans l'Eucharistie, est celui-là même qui parle à travers les Ecritures lues et commentées.

Il y a un mouvement qui va de la Table de la Parole à la Table du Corps du Christ : Qui ne mange d'abord le livre de la Parole ne peut participer avec profit à l'Eucharistie ".

Dans le Deutéronome chapitre 8, nous trouvons ces belles paroles :
" L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ". Affirmation reprise par Jésus lui-même quand le démon Lui demande de changer les pierres en pain durant la tentation au désert.

Dès le Psaume I, le psalmiste s'écrie :
" Heureux qui se plaît dans la loi du Seigneur et médite cette loi jour et nuit ".

Le Psaume 119, quant à lui, est tout entier consacré aux bienfaits de la Parole de Dieu :
" Je veux méditer tes préceptes et avoir les yeux sur tes sentiers. Je fais mes délices de tes prescriptions, je n'oublierai pas ta Parole "…" L'exposé de tes Paroles illumine, il donne l'intelligence aux simples "… " Je me hâte et je ne prends pas de retard pour observer tes commandements ".

Le prophète Amos au chapitre 8, annonce :
" Voici venir des jours où je répandrai, non pas la faim du pain ni la soif de l'eau, mais celle de la Parole du Seigneur ".
Dans Matthieu chapitre 24, Jésus nous dit :
" Le ciel et la terre passeront, mais mes Paroles ne passeront pas ".
Dans Luc chapitre 11, Jésus s'exclame :
" Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique ".
Dans l'Evangile de Jean, Jésus déclare :
" Celui qui écoute ma Parole et croit en Celui qui m'a envoyé, a la Vie Eternelle "…
" Si vous demeurez en ma Parole, vous serez vraiment mes disciples, vous connaîtrez la Vérité, et la Vérité vous rendra libres "…
" Celui qui m'aime, gardera mes Paroles et mon Père l'aimera et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure "…
" Les Paroles que Je vous ai dites sont Esprit et elles sont Vie ".  

Quant à saint Paul, dans son épître aux Hébreux, chapitre 1, il précise :
" Après avoir, à maintes reprises et de bien des manières, parlé jadis à nos pères par les prophètes, Dieu, en ces temps qui sont les derniers, nous parle par son Fils ".
Et plus loin, il ajoute : " Elle est vivante donc, et efficace la Parole de Dieu ".

Le Catéchisme de l'Eglise Catholique, reprenant le Concile Vatican II dans Dei Verbum, nous dit :
" La Parole de Dieu doit être pour tous les enfants de l'Eglise, la force de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle ".
Et il ajoute ensuite :
" La prière doit accompagner la lecture de la Sainte Ecriture pour que se noue un dialogue entre Dieu et l'homme, car selon saint Ambroise, "C'est à Lui que nous nous adressons quand nous prions, c'est Lui que nous écoutons quand nous lisons les oracles divins ".  

Les chercheurs de Dieu trouvent dans la Parole de Dieu une nourriture nécessaire à leur âme :

Sainte Gertrude, mystique du 13 ème siècle, consigne dans le livre de ses "révélations" ces paroles de Notre Seigneur :
" Celui qui lira uniquement pour satisfaire sa curiosité et sans désirer quelque bien pour son âme, celui-là ne pourra comprendre le sens caché des paroles ; mais à l'âme droite qui cherche vraiment à s'instruire, Je tournerai moi-même les pages du livre et mettrai, devant ses yeux les passages qui lui seront utiles ".

Thomas Merton, au 20 ème siècle, américain converti devenu trappiste, écrit :
" Si les hommes se rendaient mieux compte de ce que signifie sortir de l'incroyance …
Pour embrasser la foi et adhérer à l'Eglise, ils ne considèreraient pas le catéchisme comme une chose sans importance …
C'est une des choses les plus extraordinaires du monde, que cette implantation de la Parole de Dieu dans une âme, et il faut une conversion pour comprendre cela à fond
". 

Saint Jérôme nous dit joliment :
" Les Paroles de Dieu dans la Bible sont comme des parcelles eucharistiques ".
Il ajoute : " Ignorer les Ecritures, c'est ignorer le Christ ".

Le Père Marie Dominique Philippe, théologien dominicain, dans son livre " Suivre l'Agneau " explique :
 " L'Ecriture conduit au Christ, elle lui rend témoignage, elle n'est pas une fin en soi. La fin, c'est le Christ, parce que c'est Lui qui est la source et non pas l'Ecriture ".   

Faisons notre cette prière d'Elisabeth de la Trinité :
" O Verbe Eternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable afin d'apprendre tout de vous ! ". 
 
La vie des saints est aussi Parole de Dieu, en effet Dieu nous parle à travers la vie de ses amis.
Jean Paul II conscient de cette réalité a béatifié et canonisé de nombreuses personnes, notamment un bon nombre de laïcs et a parlé de " la théologie vécue des saints ".
Et par exemple  Henri Vergès, frère mariste assassiné à Alger en mai 1994 écrit :
" Le cinquième Evangile que tout le monde peut lire, c'est notre vie ".

Concluons avec ces paroles de Virginie Danion, religieuse fondatrice du 19 ème siècle :
" Ce bien-aimé, Fils du Père, je l'écouterai dans son Evangile, dans ses livres sacrés, dans les oracles de son Eglise et les paroles de ses ministres. Je l'écouterai aussi me parlant au fond du cœur ! Heureuse l'âme attentive à toutes ces voix qui n'en font qu'une seule : la vôtre, mon Dieu ! "

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mardi 5 avril 2016

POUR PARVENIR A LA SAINTETE CHERCHONS LA VERITE ET LA VERITE NOUS ECLAIRERA

 Dans sa lettre encyclique " La splendeur de la Vérité ", le pape Jean Paul II écrit entre autres :
" Aucun homme ne peut se dérober aux questions fondamentales : Que dois-je faire ? comment discerner le bien du mal ? la réponse n'est possible que grâce à la splendeur de la vérité qui éclaire les profondeurs de l'esprit humain "
" la splendeur de la Vérité se reflète dans toutes les œuvres du créateur et, d'une manière particulière, dans l'homme créé à l'image et à la ressemblance de Dieu ".

Le Concile Vatican II et le Catéchisme de l'Eglise catholique, quant à eux, disent :
" En vertu de leur dignité, tous les hommes …sont tenus … à chercher la vérité, celle tout d'abord qui concerne la religion "
" Ce devoir ne contredit pas un respect sincère pour les diverses religions qui apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes ".
" Dieu a placé en l'homme une aspiration à la Vérité et au bien que Lui seul peut combler " .

Tous les saints sont des chercheurs de vérité et ils s'émerveillent quand ils la rencontrent chez les autres.  

Charles de Foucauld nous parle de sa quête de la vérité avant sa conversion :
" Mon Dieu, vous me conserviez le goût de l'étude, des lectures sérieuses, des belles choses, le dégoût du vice et de la laideur. Je faisais le mal mais ne l'approuvais ni ne l'aimais. Vous me faisiez sentir un vide douloureux, une tristesse que je n'ai jamais éprouvé qu'alors ( … ) Quelles grâces intérieures !  ce besoin de solitude, de recueillement, de pieuses lectures, ce besoin d'aller dans vos églises, moi qui ne croyais pas en vous, ce trouble de l'âme, cette angoisse, cette recherche de la Vérité, cette prière :  " Mon Dieu, si vous existez, faites-le moi connaître ".

De même, au 20 ème siècle, Madeleine Delbrêl, contemplative et active en milieu ouvrier dans la banlieue communiste d'Ivry, nous fait part de son cheminement spirituel lors de sa conversion :
" Je rencontrai des camarades catholiques qui mêlaient à toutes les discussions, aux projets et aux souvenirs, des paroles, des mises au point de Jésus-Christ. Le Christ, ils auraient pu avancer une chaise pour lui, il n'aurait pas semblé plus vivant … à les rencontrer souvent pendant plusieurs mois, je ne pouvais plus honnêtement, laisser non pas leur Dieu, mais Dieu dans l'absurde … Je décidai de prier … Depuis, lisant et réfléchissant, j'ai trouvé Dieu ; mais en priant, j'ai vu que Dieu me trouvait et qu'Il est la Vérité vivante, et qu'on peut l'aimer comme on aime une personne ".

Au 19 ème siècle, le bienheureux Antoine Chevrier, prêtre en milieu ouvrier, constate avec joie :
" Il y a des personnes qui sentent la Vérité naturellement et l'acceptent avec joie et bonheur dès qu'elles la voient ; ces personnes ont plus l'esprit de Dieu que les grands savants, théologiens, qui ne peuvent y arriver que par des raisonnements et des déductions à n'en plus finir.
Dieu a mis dans certaines âmes un sens spirituel et pratique qui renferme plus de bon sens et d'esprit de Dieu qu'il y en a dans la tête des plus grands savants
".Et Jésus lui-même ne dit-il pas dans l'Evangile : " Je te bénis, Père, d'avoir caché cela aux sages et aux savants et de l'avoir révélé aux tout petits ".

Dans l'Evangile, Jésus parle souvent de la Vérité.
 Dans saint Jean, écoutons simplement comment Jésus se présente à nous :
 " Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ".
" Je suis la Lumière du monde, qui me suit ne marche pas dans les ténèbres ".

Les amis de Jésus se sont laissés envahir par sa lumière de Vérité.
Donnons la parole à quelques-uns d'entre eux :

Monseigneur Elchinger  déclare :
" Moi, je ne veux pas être dans le vent, mais dans la Vérité ".
" On est porteur d'espérance dans la mesure où l'on est en même temps porteur de vérité ".

Saint Augustin écrit :
" Ce soleil divin qui illumine notre esprit,…est aussi celui qui réchauffe notre cœur ; la Vérité est douceur, beauté, tendresse, rassasiement ".

Saint Thomas d'Aquin, explique :
" Ce n'est pas l'amour où la haine des personnes qui nous dicte le choix de nos opinions, mais la  certitude de la Vérité ".  

Plus près de nous, André Frossard, écrivain converti au catholicisme, lors d'une conférence à notre Dame de Paris en 1976, s'écrie :
 " Votre religion, chrétiens, est d'une véracité absolue et stupéfiante, et cela jusque dans le plus infime détail, jusqu'à la dernière virgule et au dernier mot de l' Evangile ".

Quant à Louis Leprince Ringuet, scientifique français, il nous dit :
" Je trouve tellement de grandeur dans le message du Christ ; je trouve une telle sagesse révolutionnaire dans l'amour des autres, dans le dépassement auxquels convie le Christ ; je trouve une telle force dans l'Evangile pour briser les carapaces d'égoïsme, de routine, de lâcheté qui nous recouvrent à longueurs de journées ; je trouve une telle grandeur dans la prière et la communion des vivants et des morts, dans la possibilité pour chacun de nous, même au milieu des difficultés, même immobilisés sur un lit d'hôpital, d'intervenir en faveur des autres ; je trouve une telle vie dans l'attitude chrétienne d'espérance devant les épreuves … j'y trouve un tel stimulant pour la recherche, la science, et aussi pour les progrès intellectuels, spirituels, qui me permettent d'aller vers plus de vérité ; enfin, je trouve dans le message évangélique un tel potentiel de dépassement, de joie et d'audace, un tel sens à la vie, que le message porte pour moi un sceau de vérité".

Terminons sur ces mots que nous livre une mère de famille, médecin, canonisée par Jean Paul II, Jeanne Beretta Molla :
 " L'homme, qui a toujours besoin de voir, de toucher, de sentir, ne se laisse pas facilement gagner par une parole.
Bien parler seulement n'entraîne pas, mais montrer l'exemple, oui.
Il faut être des témoins vivants de la grandeur et de la beauté du christianisme.
Rendre la vérité visible dans sa personne même, rendre la vérité aimable en s'offrant soi-même comme un exemple attirant, et si possible, héroïque
".

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mercredi 6 avril 2016

IL FAUT DU COURAGE POUR VIVRE EN CHRETIEN ET AVANCER VERS LA SAINTETE

Monseigneur Grante écrit :
 " Le grand adversaire du catholicisme, c'est la peur. Tandis que l'on est capable de la plus grande énergie pour arriver à une situation, pour surmonter une épreuve, ou même pour se procurer du plaisir, on se laisse gouverner par la crainte quand il s'agit d'affirmer ou de pratiquer sa foi ".  

Dans le Psaume 27, le psalmiste s'écrie :

" Espère Yahvé, prends cœur et prends courage, espère Yahvé ".

Dans l'Evangile, Jésus nous dit dans Jean, chapitre 16 :
" Dans le monde vous aurez à souffrir, mais prenez courage, j'ai vaincu le monde ".

En lisant la vie des saints, on reste impressionné par leur courage et cela, dans les situations et les vocations les plus diverses.
Que ce soit dans les œuvres de charité, le martyre, dans l'accomplissement de l'humble devoir d'état au jour le jour, leur vie est pour nous un stimulant et un réconfort.
Arrêtons simplement nos regards sur quelques modèles de sainteté de notre époque :

René et Georges Petit sont deux frères atteints de myopathie. Ils ont en plus un handicap mental.
Quand, à la suite du décès de leur père, ils arrivent à l'Arche de Trosly-Breuil fondée par Jean Vanier, ils savent à peine écrire et parlent un vocabulaire très limité et difficile à comprendre.
Ils ont respectivement 36 et 35 ans. Dans le foyer du Val fleuri, vivent une trentaine d'hommes ayant un handicap mental, ils sont angoissés et souvent violents.
Par leur rayonnement personnel et leur bonté, Georges et René contribuent à transformer peu à peu le foyer en un lieu profondément humain, un oasis de paix et de prière. Georges et René travaillent au jardin mais leurs muscles s'atrophient et ils tombent souvent.
Georges ne se plaint jamais et attend avec une résignation bouleversante qu'on vienne le relever.
René trouve la paix dans la récitation du chapelet.
Tous les deux aiment servir la messe et ont une grande dévotion à Marie.
René meurt en 1980 lors d'un séjour à l'hôpital pour une fracture et son frère en 1983.

Cassie Barnall, est une fille joviale, passionnée, raffolant de pêche et d'escalade.
Mais ses 13-14 ans sont assombris par une terrible crise.
Elle devient coléreuse, violente, dépressive, se taillade les poignets.
Ses parents découvrent dans sa chambre une correspondance effrayante.
Deux de ses camarades exercent sur elle une influence plus que malsaine.
Ils font partie d'un groupe satanique. Dans les lettres, outre le porno, on peut lire entre autre : " Tue tes parents ! Le meurtre est la réponse  à tous tes problèmes ! …Veux-tu m'aider à tuer tel prof ? …Je suis un vampire ! …Tu es aussi une enfant des ténèbres …suicide-toi ! …"
Pour sauver leur fille, les parents emploient alors toutes sortes de règles draconiennes de protection et par-dessus tout, ils multiplient attentions et délicatesses.
Ses anciens amis font tout pour récupérer Cassie et ses parents sont menacés de mort.
Ils décident même de déménager. Leur amour patient et inventif finit par toucher Cassie et la rencontre de Jamie, une fille qui la prend sous sa protection va l'aider à remonter la pente.
Jamie lui fait comprendre que Dieu l'aime et elle l'entraîne un jour avec elle à une retraite-jeunes dans les Rocheuses, près de Denver.
Pendant la nuit de louange qui rassemble 300 adolescents autour d'un prédicateur, Cassie est bouleversée par la beauté des chants et le silence des sommets.
Elle s'écarte pour pleurer, seule.
Son amie la rejoint et l'entend murmurer : " Pardon, Seigneur ! " Commence alors pour Cassie une remontée vers la lumière.
Ses blessures sont encore bien présentes et il y a des hauts et des bas. Les mois passent.
Elle continue son ascension fulgurante. Elle découvre l'importance vitale du pardon, le besoin d'être témoin et apôtre de son Seigneur.
En 1997, elle entre au lycée de Littleton, dans le Colorado. Elle note en 1998 :
" Je vais mourir pour mon Dieu. Je vais mourir pour ma foi. C'est la moindre des choses que je puisse faire pour le Christ mourant pour moi ! "
Et une semaine avant sa mort, elle dit à sa mère : " Mum, je n'ai pas peur de mourir parce que je serai au ciel !"   
            Et c'est le jour terrible du mardi 20 avril 1999, à 11 heures 30 au lycée Littleton. Eric et Dylan, des camarades de classe, se précipitent dans la bibliothèque, armes à la main, en hurlant : " Nous avons attendu toute notre vie pour faire ça ! "
Cassie se jette sous une table et s'agenouille. Mains jointes, elle prie.
A quelques mètres de là, son ami Crystal, rescapé du massacre, entend un des tueurs demander à Cassie : " Crois-tu en Dieu ? " Réponse d'une voix claire et ferme : " Yes !" - "Pourquoi ? " Sans attendre la réponse à sa nouvelle question, le tueur lui tire une balle dans la tempe.
Elle s'écroule. Elle a 17 ans. Douze de ses camarades sont fusillés, d'autres gravement blessés. 
La  maman de Cassie écrira : " Je vois sa mort non pas comme une défaite, mais comme une victoire … Sa mort est un triomphe d'honnêteté et de courage ".

Maria et Luigi Beltrame Quattrocchi sont un couple béatifié par le pape Jean Paul II en octobre 2001.
Ils se marient en 1905. Luigi est avocat à Rome et Maria s'occupe de leurs 3 enfants.
En 1913, maria attend un nouveau bébé. Les médecins annoncent qu'elle ne survivra pas si elle garde l'enfant qui n'a aucune chance de survivre.
Maria et Luigi refusent l'avortement et s'abandonnent à la providence. Enrichetta naît et Maria vit.
Cet événement douloureux est pour eux une forte expérience spirituelle. Les époux sont connus pour leur engagement dans différents mouvements catholiques italiens.
Luigi meurt en 1951 et Maria en 1965.   
Lors de leur béatification, le pape  s'adresse à tous les époux en ces termes : " Comme tout chemin de sanctification, le vôtre n'est pas facile non plus. Chaque jour, vous affrontez des difficultés et des épreuves pour être fidèles à votre vocation, pour cultiver l'harmonie conjugale et familiale."

 Concluons par ces mots de Jean Bosco, prêtre fondateur et éducateur, à Dominique Savio, futur jeune saint, qui lui demande ce qu'il faut pour devenir saint :
" Il faut beaucoup de courage et être toujours joyeux ".

 

 

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jeudi 7 avril 2016

COMME LES SAINTS NOUS NE POUVONS AIMER LE CHRIST SANS AIMER L'EGLISE

Le cardinal Lustiger explique qu'on ne peut prétendre à la sainteté sans aimer l'Eglise :
 " La vocation personnelle est inséparable de la vocation de toute l'Eglise : beaucoup sont enclins à faire de la sainteté une question individuelle, sans rapport avec leur relation à l'Eglise (…) Mais cette attitude envers l'Eglise revient à oublier que la vocation personnelle de chacun à la sainteté n'a de sens qu'à l'intérieur de la vocation commune du peuple de Dieu ".

Jeanne d'Arc, devant ses juges, déclare avec le bon sens qui la caractérise :
" Il me semble que c'est tout un, Notre Seigneur et l'Eglise ; cela ne fait pas de différence ".

Et saint Irénée affirme :
 " Où est l'Eglise, là aussi est L'Esprit de Dieu, où est l'Esprit de Dieu, là est l'Eglise, avec toute grâce …"

Quant à Paul VI, il précise :
" Nous pouvons entendre des personnes …répéter qu'elles prétendent aimer le Christ sans l'Eglise … L'absurdité de cette dichotomie apparaît nettement dans cette parole de l'Evangile : " Qui vous rejette me rejette ". Comment vouloir aimer le Christ sans aimer l'Eglise, si le plus beau témoignage rendu au Christ est celui de saint Paul : " Il a  aimé l'Eglise et s'est livré pour Elle ".

Ecoutons quelques saints nous parler de leur amour pour l'Eglise :

Catherine de Sienne, au 14 ème siècle, jeune femme mystique et illettrée, lutte pour l'unité de l'Eglise et la paix en Europe. Elle écrit :
" Je meurs de passion d'amour pour l'Eglise ".  Elle sera proclamée docteur de l'Eglise.

Jeanne d'Arc, au 15 ème siècle, répond à ses juges qui lui demandent si elle accepte de se soumettre à l'Eglise :
" L'Eglise, je l'aime, et je la voudrais soutenir de tout mon pouvoir pour notre foi chrétienne ! "

John Fisher, évêque au 16 ème siècle en Angleterre, avant d'être décapité pour sa fidélité à l'Eglise de Rome, proclame :
" Je suis ici pour mourir pour la foi de l'Eglise Catholique et du Christ ! "

Elisabeth Seton, au 18-19 ème siècle, à New York, est une mère de famille fondatrice de nombreuses œuvres caritatives. Avant de mourir, elle dit à ses sœurs :
" Je vous l'ai souvent répété : soyez  fille de l'Eglise ! "

Frédéric Ozanam, au 19 ème siècle, béatifié par Jean Paul II, père de famille,  est professeur à la Sorbonne. Il écrit :
" J'ai connu les doutes du siècle présent, mais toute ma vie m'a convaincu qu'il n'y a de repos pour l'esprit et le cœur que dans la foi de l'Eglise et sous son autorité ".

Plus près de nous, Paul Claudel  dit à son ami écrivain Jacques Rivière qui vient de se convertir au catholicisme :
 " Croyez-moi, j'ai beaucoup vécu et beaucoup voyagé. J'ai découvert bien des idées nouvelles et des doctrines inconnues. C'est l'Eglise qui a raison ! "
 Et il s'exclame :
" Bienheureuse Mère Eglise, sur les genoux de laquelle j'ai tout appris ! "

Quant à l'écrivain Maurice Clavel, il note :
" Le Christ m'a appelé par mon nom grâce à des gens qui savaient Son nom. S'il faut une définition de l'Eglise, c'est celle-là que j'adopte ".

Le pasteur Roger Schutz nous rappelle avec délicatesse que l'Eglise est faite d'hommes imparfaits mais que la présence du Christ l'illumine. Ecoutons-le :
" Dans cette communion d'amour qu'est le Corps du Christ, son Eglise, s'introduisent parfois des inconséquences.
Elles font beaucoup souffrir. Alors, allons-nous fuir cette communion ? Non, jamais !
Nous ne pouvons qu'accourir, du bout du monde s'il le faut, et discerner le miracle d'une présence, celle du Christ, le Ressuscité." … "
Quand, inlassablement l'Eglise écoute, guérit, réconcilie, Elle devient ce qu'elle est au plus lumineux d'elle même, une communion d'amour, de compassion, de consolation, limpide reflet du Christ ressuscité
".

Georges Bernanos, dans ses ouvrages, s'exprime longuement et avec finesse sur le mystère d'une Eglise faite de pécheurs appelés à la sainteté :
" Qui approche de l'Eglise avec méfiance, ne croit voir que des portes closes, des barrières et des guichets, une espèce de gendarmerie spirituelle …
Mais notre Eglise est l'Eglise des saints !
Qui ne voudrait avoir la force de courir cette admirable aventure car la sainteté est une aventure : elle est même la seule aventure !
Notre Eglise est l'Eglise des saints.

On en revient toujours aux saints qui ne sont ni des surhommes ni des héros, mais des pécheurs pardonnés, réconciliés …".
La sainteté n'est pas un luxe mais une nécessité".
Georges Bernanos ajoute :
" Si le monde était le chef d'œuvre d'un architecte soucieux de symétrie, où d'un professeur de logique, d'un Dieu déiste, en un mot, l'Eglise offrirait le spectacle de la perfection, de l'ordre, la sainteté y serait le premier privilège du commandement, chaque grade de la hiérarchie correspondant à un grade supérieur de sainteté, jusqu'au plus saint de tous, le pape bien entendu…
Allons ! loin de vous sentir à l'aise dans cette Eglise là, … vous resteriez au seuil de cette congrégation de surhommes, tournant votre casquette entre les mains comme un pauvre clochard à la porte d'un grand hôtel.

 Et il conclue alors avec tendresse :
L'Eglise est une maison de famille, une maison paternelle, et il y a toujours du désordre dans ces maisons là, les chaises ont parfois un pied de moins, les tables sont tachées d'encre, et les pots de confitures se vident tout seuls dans les armoires …
"

Terminons sur ces mots de Jean Paul II :
 " Les saints sont les témoins visibles de la sainteté mystérieuse de l'Eglise. Ce sont les saints que l'Eglise canonise, mais aussi tous les saints cachés et anonymes : ils sauvent l'Eglise de la médiocrité, ils la réforment du dedans et l'entraînent par contagion ".

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vendredi 8 avril 2016

AVEC JÉSUS RESSUSCITÉ ET À LA SUITE DES SAINTS, OUVRONS NOS CŒURS AUX DÉTRESSES DU MONDE

Le frère Bernard-Marie, tertiaire franciscain écrit :
 " Les saints sont toujours les grands témoins de l'Invisible qui les porte et les pousse. Les voir, c'est revoir le mystère du Christ marchant au milieu des hommes ".

Saint Jean, dans sa première épître, au chapitre 4, nous dit clairement :
 " Celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, ne saurait aimer Dieu qu'il ne voit pas ".

Quant à Charles de Foucauld, il affirme :
" Il est impossible de plaire à Dieu si l'on manque d'amour pour un seul homme ".

De tout temps, les saints se sont penchés avec ingéniosité sur les misères humaines les plus diverses.
Si on reste confondu devant la profusion d'œuvres caritatives qu'ils ont créées et qui sont souvent méconnues, on est aussi émerveillé devant les actes de charité qu'ils ont accomplis dans la vie ordinaire de tous les jours.
Laissons volontairement  de côté les figures les plus renommées comme Vincent de Paul, Raoul Follereau ou mère Teresa et portons nos regards sur quelques exemples parmi bien d'autres :

Anne Marie Javouhey, au 18-19 ème siècle, fonde un ordre qui lutte pour la suppression de l'esclavage et la formation d'un clergé indigène en Afrique.

Elisabeth Seton, au 18-19 ème siècle, à New York, devenue veuve, ouvre d'abord une école pour nourrir ses 5 enfants.
Elle organise l'enseignement primaire chez les catholiques, les premiers orphelinats et hôpitaux, les premiers établissements pour malades mentaux et se trouve à l'origine de 7 congrégations caritatives.

Leonardo Murialdo, au 19 ème siècle, à Turin, fonde une congrégation de prêtres pour la formation des jeunes délinquants.
Il est le promoteur d'œuvres sociales chrétiennes et défend la journée de 8 heures pour les ouvriers.   

Jeanne Jugan, au 19 ème siècle, en Bretagne, travaille comme domestique.
Elle cède son lit à une vieille dame aveugle et infirme.
Ainsi, elle fonde peu à peu les Petites Sœurs des P
auvres vouées aux personnes âgées.
 

Félicie Hervieu, au 19-20 ème siècle, à Sedan,  est une mère de famille de la bourgeoisie.
Touchée par la pauvreté des familles dont le père est alcoolique, elle a l'idée de leur faire cultiver un petit jardin pour subvenir à leurs besoins et vendre le surplus au marché.
Avec des amies, elle achète des lopins de terre pour les familles pauvres : l'œuvre des jardins ouvriers est lancée. En 1931, on comptera 450 000 jardins.

Lo Pa Hong, au 20 ème siècle, à Shanghaï, est avocat et père de 9 enfants.
Il ramène chez lui un chinois abandonné sur la chaussée et décide de fonder un hôpital où les  malades pauvres pourront être soignés.
Il achète un terrain et grâce à sa confiance en Saint Joseph les dons en argent affluent.
Il construit d'autres hôpitaux, un orphelinat, un accueil pour prostituées, un centre pour aveugles, des écoles professionnelles.

Près de nous, Jean Vanier fonde les communautés de l'Arche qui accueillent des personnes souffrant d'un handicap mental, entourées par des laïcs.
 
Parmi les saints, beaucoup ont payé de leur vie leur dévouement et sont devenus martyrs de la charité. En voici quelques-uns :

Louis de Gonzague, au 16 ème siècle, est fils d'un duc autoritaire et débauché.
Il entre chez les Jésuites à Rome et se prépare à devenir prêtre et missionnaire.
Peu de temps après ses premiers vœux, il meurt en soignant des malades atteints de la peste, à l'âge de 23 ans.

Le Père franciscain Maximilien Kolbe, est interné au camp d'Auschwitz.
Un prisonnier, apprenant qu'il est condamné avec 9 autres au bunker de la faim, s'écrie : " Ma pauvre femme et mes enfants … que vont-ils devenir ? "
Le Père Kolbe s'avance : " Je voudrais mourir à la place d'un de ces condamnés ".
Il part avec les 9 autres, pour mourir avec eux et les aider à mourir.

Jean Collé, à Brest, se met avec sa sœur, au service de la Croix Rouge pendant les bombardements de la deuxième guerre mondiale.
Au cœur de la ville, un énorme tunnel abrite d'un côté plus de 400 réfugiés français et de l'autre plus de 500 allemands.
Un incendie éclate et Jean incite à l'évacuation au plus vite.
Il sauve un enfant et une première explosion se produit.
Il retourne quand même dans le trou noir pour essayer de sauver sa sœur et d'autres réfugiés.
Une autre explosion retentit. Jean a 23 ans, il voulait devenir prêtre.

A côté de ces martyrs de la charité, un nombre immense de saints ont vécu humblement l'amour de leurs frères au quotidien :

Casimir, au 15 ème siècle, est fils du roi de Pologne.
Il consacre sa vie à soulager les pauvres.
Il refuse de monter sur le trône malgré ses aptitudes et les fortes pressions de son père.
Il répond fièrement à celui-ci :
" N'est-ce pas un honneur de servir Jésus-Christ dans ses membres souffrants ? "
Atteint de tuberculose, il meurt à 26 ans. Il est devenu le patron de la Pologne.

Paule Gambora, au 16 ème siècle, en Italie, est mariée à un mari volage.
Elle héberge et soigne la maîtresse de celui-ci, la convertit et  son mari avec.

Catherine Jarriges, au 18 ème siècle, dans le Cantal, est une célibataire engagée comme servante.
Pendant la Révolution, elle se dévoue auprès des prêtres réfractaires et consacre sa vie à soulager les malheureux.
A sa mort, toute la contrée se déplace pour lui rendre un dernier hommage.

Joseph Moscatti, au 19-20 ème siècle, à Naples, est un médecin célibataire.
Son existence entière se passe à aider les malades et les pauvres qu'il visite dans leurs taudis, leur apportant lumière, espérance et assistance concrète.

Pour conclure, citons  le mot de Mère Teresa :
" Le Christ était toujours attentif à autrui. Une grande sainteté commence par la prévenance ".

Oui, comme les saints connus ou inconnus, soyons attentifs à ceux qui nous entourent.

 

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samedi 9 avril 2016

NOTRE MISERE ET NOTRE FAIBLESSE NE SONT PAS DES OBSTACLES A LA SAINTETE !

L'écriture, à la fois réaliste et pleine d'espérance, donne l'avertissement suivant dans le livre des Proverbes, au chapitre 24 :
 " Le juste tombe sept fois par jour, mais il se relève.

"Le saint n'est donc pas celui qui ne tombe jamais, mais celui qui, quelle que soit la chute, se relève toujours ". Ces paroles du théologien franciscain Bernard Marie nous introduisent au cœur de la question.

Jésus, dans l'Evangile, en Mathieu 9, a cette parole incisive :
 " Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs ".

Saint Paul nous dit, dans 2 Corinthiens au chapitre 12 :
" C'est de grand cœur que je me glorifierai de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ . . . car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort ".

Le Père Chevignard, théologien dominicain, écrit :
" C'est dans l'expérience toujours désolante de sa faiblesse que l'âme prend conscience qu'elle n'a pas de force à elle, mais que la force du Christ habite en elle. Le saint n'a donc pas de force en lui, mais toute sa force est en Dieu ".

Quelques saints nous ont laissé des enseignements très riches sur cette misère et cette faiblesse dans lesquelles nous nous reconnaissons si bien et qui semblent nous barrer la route sur le chemin de la sainteté.

Au 12 ème siècle, saint Bernard, moine cistercien docteur de l'Eglise écrit en parlant de lui-même :
" Le Seigneur m'a appelé … mais moi je suis un grimpeur lent, un voyageur paresseux, je cherche les détours… Me voilà paresseux au travail manuel, somnolent aux offices, rapide à m'enflammer de colère, tenace dans mes rancunes ".

Il constate qu'il y a deux mauvaises façons de pécher :
" Ou bien en tombant dans le péché on tombe aussi dans la honte et dans la culpabilité morbide ou bien on tombe dans l'impudence et dans l'effronterie ".

Il comprend qu'il y a aussi, si l'on peut dire, une bonne façon de tomber et découvre la richesse contenue dans notre misère et notre faiblesse. Ecoutons-le :
" Il faut bien que chacun de nous tombe de temps à autre, mais est-ce que cette chute ne coopère pas à notre bien si elle nous rend plus humbles et plus avertis?"

" C'est dans la tentation, au moment où chacun éprouve sa faiblesse, que l'on peut en toute vérité s'adresser à Dieu comme à son unique soutien : car Il est tellement prêt à recevoir celui qui tombe, qu'Il donne l'impression d'avoir laissé tous les autres et de ne s'occuper que de lui ".

Au 16-17 ème siècle, François de Sales, évêque de Genève et docteur de l'Eglise, perçoit clairement le lien qui existe entre la misère de l'homme et la miséricorde infinie de Dieu. Il écrit :

" Plus nous sommes misérables, plus nous devons nous confier en la bonté et miséricorde de Dieu ; Car, entre la miséricorde et la misère, il y a une si grande liaison, que l'une ne peut s'exercer sans l'autre … Le trône de la miséricorde de Dieu, c'est notre misère ".

Dans une lettre à celle qui deviendra sainte Jeanne de Chantal, fondatrice de l'ordre de la Visitation, il note :
" Aimez votre chétive condition, glorifiez-vous de n'être rien, soyez-en bien aise, puisque votre misère sert d'objet à la bonté de Dieu pour exercer sa miséricorde ".

A la fin du 19 ème siècle, la petite Thérèse de l'Enfant Jésus, dans son Carmel, nous dit joliment :
" Etre petit, c'est de ne point se décourager de ses fautes, car les enfants tombent souvent, mais ils sont trop petits pour se faire beaucoup de mal ".
" Je ne m'étonne plus de rien, je ne me fais pas de peine en voyant que je suis la faiblesse même, au contraire c'est en elle que je me glorifie et je m'attends chaque jour à découvrir en moi de nouvelles imperfections ".

S'adressant à une de ses sœurs, elle dit :
" Et si le Bon Dieu vous veut faible et impuissante comme une enfant, croyez-vous que vous aurez moins de mérites ?
Consentez donc à trébucher à chaque pas, à tomber même, à porter vos croix faiblement ;
Aimez votre impuissance, votre âme en retirera plus de profits que si, portée par la grâce, vous accomplissiez avec élan des actions héroïques qui rempliraient votre âme de satisfactions personnelles et d'orgueil
".

Elle écrit ailleurs :
" La peine qui abat vient de l'amour propre.
La peine qui est surnaturelle relève le courage.
On est heureux de se sentir faible et misérable parce que, plus on le reconnaît humblement, attendant tout gratuitement du Bon Dieu, et sans aucun mérite de notre part, et plus le Bon Dieu s'abaisse vers nous pour nous combler de ses dons avec abondance
".

Pour terminer cette émission, voici un petit fait survenu à la fin de la vie de la petite Thérèse.

Sur son lit de malade elle a un geste d'impatience pour attraper le verre d'eau qu'une sœur tarde à lui donner. Comme celle-ci lui en fait la remarque, Thérèse répond paisiblement :
" Que je suis heureuse de me voir imparfaite, et d'avoir tant besoin de la miséricorde du Bon Dieu au moment de ma mort ".

N'ayons pas peur de notre misère et de notre faiblesse, acceptons la, c'est à travers elle que Dieu veut nous conduire à la sainteté.

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lundi 11 avril 2016

L’ABANDON A LA PROVIDENCE DIVINE

(Père de Caussade, Jésuite 1675–1751)

 Préface du cardinal Suenens

         Le petit livre d’extraits du père de Caussade, «l’abandon à la Providence divine» est un des joyaux de notre littérature religieuse.

Son message reste actuel pour tous les temps parce qu’il nous introduit au cœur de la spiritualité chrétienne. Je l’ai lu et relu tout au long de ma vie: il m’a enseigné la sérénité et la joie chrétienne. Il en révèle le secret qui n’est autre que la foi en l’inaltérable amour de Dieu  qui nous enveloppe et veille sur chacun d’entre nous, en toutes circonstances, comme si nous étions seuls au monde.

Il enseigne que la sainteté consiste dans l’abandon confiant et total de soi à «l’amour implacable» de Dieu, dans la fidélité au moment présent, heure par heure...

 Introduction par le père Meeus S.J

... L’expérience dont il est question ici est celle de l’action divine. Rarement sans doute nous sera donné une description plus perspicace, plus fouillée, plus profonde de ce secret caché de l’action divine.
Un des thèmes majeurs de «L’Abandon à la Providence divine» est celui du moment présent.
L’action de Dieu colle à la réalité la plus humble, la plus quotidienne, la plus actuelle.
C’est au cœur du réel, à chaque instant du temps qui passe, qu’est offerte la grâce de la sainteté.

La révélation du moment présent est une source de sainteté jaillissante.
Pour reprendre les termes mêmes du père de Caussade: ...«Les devoirs de chaque moment sont les ombres sous lesquelles se cache l’action divine. Combien la sainteté deviendrait plus facile si on l’envisageait à ce point de vue »...

L’abandon de soi-même à l’action divine constitue pour le père Caussade le vrai chemin de la sainteté.
Chemin non de quiétisme mais de dépouillement.
Chemin de purification profonde, car Dieu se donne «incognito».

...Une spiritualité inspirée par l’Esprit Saint a toujours une valeur universelle.
Contre les tentations de l’activisme et de l’efficacité, nous pourrions apprendre que l’important n’est pas de faire des œuvres pour Dieu, mais de faire l’œuvre de Dieu.
Contre les maladies de l’angoisse, les culpabilités du passé, les inquiétudes de l’avenir, nous pourrions accueillir de façon nouvelle la grâce du moment présent.
 Ce petit livre est à lire et à relire, à connaître et à faire connaître.

Le chemin de l’abandon, pour le père Caussade, s’identifie avec celui de la sainteté.
Ce chemin de dépouillement et de simplicité rejoint Marie dans le mot qui résume toute sa vie : FIAT.

 Note : vous trouverez ci-après des «extraits» du petit livre du père de Caussade sur «L’Abandon à la Providence Divine».

 LIVRE I

Nature et excellence de la vertu d’abandon.

 Chapitre 1 : La fidélité à l’ordre de Dieu a fait toute la sainteté des justes de l’ancienne loi, et de Marie elle-même.

 1. Dieu parle encore aujourd’hui comme il parlait à nos pères. On y voyait que chaque moment amène un devoir qu’il faut remplir avec fidélité; c’en était assez pour les spirituels d’alors. Tout leur attention s’y concentrait successivement, semblable à l’aiguille qui marque les heures et qui, à chaque minute, répond à l’espace qu’elle doit parcourir. Leur esprit, mû sans cesse par l’impulsion divine, se trouvait insensiblement tourné vers le nouvel objet qui s’offrait à eux, selon Dieu, à chaque heure du jour. Tels étaient les ressorts cachés de la conduite de Marie, la plus simple et la plus abandonnée à Dieu des créatures. La réponse qu’elle fit à l’Ange «Qu’il me soit fait selon votre parole», rendait toute la théologie mystique de ses ancêtres.

 2. Remarquons que cette belle et haute disposition s’accorde parfaitement avec celle que Notre-Seigneur veut que nous ayons sans cesse à la bouche et au cœur : «Que votre volonté soit faite». Son esprit, ravi de joie, regardait tout ce qu’elle avait à faire ou à souffrir, à chaque moment, comme un don de Celui qui remplit de biens les cœurs qui se nourrissent de Lui seul.

 Chapitre 2 : Les devoirs de chaque moment sont les ombres sous lesquelles se cache l’action divine.

 3. « La vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre », dit l’Ange à Marie. Cette ombre, derrière laquelle la vertu de Dieu se cache pour produire Jésus-Christ dans les âmes, c’est ce que chaque moment présente de devoirs, d’attraits, et de croix. Ainsi, dans l’ordre moral et surnaturel, les devoirs de chaque instant, sous leurs obscures apparences, recèlent la vérité du divin vouloir, qui seule mérite notre attention. C’est ainsi que Marie les envisageait.

 4. Mais de quel pain se nourrit la foi de Marie et de Joseph ?
Qu’y découvrent-ils sous l’apparence commune des événements qui les remplissent ? Ce qu’il y a de visible est semblable à ce qui arrive au reste des hommes ; mais l’invisible de la foi y découvre et y démêle, ce n’est rien moins que Dieu opérant de grandes choses. Dieu se révèle aux petits dans les plus petites choses.

 Chapitre 3 : Combien la sainteté deviendrait plus facile si on l’envisageait à ce point de vue.

 5. En réalité, la sainteté se réduit à une seule chose, la fidélité à l’ordre de Dieu. Or cette fidélité est également à la portée de tous, soit dans sa pratique active, soit dans son exercice passif. La pratique active de la fidélité consiste dans l’accomplissement des devoirs qui nous sont imposés, soit par les lois générales de Dieu et de l’Eglise, soit par notre état particulier. Son exercice passif consiste dans l’acceptation amoureuse de tout ce que Dieu nous envoie à chaque instant. Laquelle de ces deux parties de la sainteté est au-dessus de nos forces ? Ce n’est pas la fidélité active, puisque les devoirs qu’elle nous impose cessent d’être des devoirs dès que leur accomplissement est réellement au-dessus de nos forces.

 6. Il n’y a donc rien de plus facile et de plus raisonnable. Il est donc vrai que Dieu ne demande de notre part que l’aisé et le facile, puisqu’il suffit de posséder ce fonds si simple pour arriver à une éminente sainteté.

 7. Voilà tout ce que l’homme doit faire de son côté, voilà en quoi consiste sa fidélité active. Qu’il remplisse sa partie, Dieu fera le reste. La grâce se le réservant à elle seule, les merveilles qu’elle opérera passent toute l’intelligence de l’homme. Car ni l’oreille n’a entendu, ni l’œil n’a vu, ni le cœur n’a senti ce que Dieu conçoit dans son idée, résout dans sa volonté, exécute par sa puissance, dans les âmes qui s’abandonnent à Lui. La partie passive de la sainteté est bien plus facile encore, puisqu’elle ne consiste qu’à accepter ce qu’on ne saurait le plus souvent écarter, et à souffrir avec amour, c’est-à-dire avec consolation et suavité, ce qu’on souffre trop souvent avec ennui et dépit.

 8. Ouvrons notre bouche et elle sera remplie. L’action divine inonde l’univers ; elle pénètre toutes les créatures, elle surnage au-dessus d’elles ; partout où elles sont, elle y est ; elle les devance, elle les accompagne, elle les suit ; il n’y a qu’à se laisser emporter par ses ondes. Plût à Dieu que les rois et leurs ministres, les princes de l’Eglise et du monde, les prêtres, les soldats, les bourgeois, les laboureurs, en un mot tous les hommes connussent combien il serait facile d’arriver à une éminente sainteté ! Il ne s’agit pour eux que de remplir les simples devoirs du christianisme et de leur état, d’embrasser avec soumission les croix qui s’y trouvent attachées, et se soumettre avec foi et amour à l’ordre de la Providence, pour tout ce qui se présente à faire et à souffrir incessamment, sans qu’ils le cherchent.

Chapitre 4 : La perfection ne consiste pas à connaître l’ordre de Dieu, mais à s’y soumettre

 9. L’ordre de Dieu, le bon plaisir de Dieu, la volonté de Dieu, l’action de Dieu, la grâce, tout cela est une même chose en cette vie. C’est Dieu travaillant à rendre l’âme semblable à Lui. La perfection n’est autre chose que la coopération fidèle de l’âme à ce travail de Dieu. Ce terme se produit dans nos âmes, s’y accroit, s’y augmente, et se consomme à leur insu et en secret. L’ordre de Dieu, sa divine volonté reçue avec simplicité par une âme fidèle, opère en elle ce terme divin sans qu’elle le connaisse, comme un remède pris avec soumission opère la santé dans un malade, qui ne sait et n’a que faire de savoir la médecine. Il faut laisser la spéculation, et boire en simplicité tout ce que l’ordre de Dieu présente d’actions et de souffrances. Ce qui nous arrive à chaque moment par l’ordre de Dieu, est ce qu’il y a de plus saint, de meilleur et de plus divin pour nous.

 Chapitre 5 : Les lectures et les autres exercices ne nous sanctifient qu’autant qu’ils sont pour nous les canaux de l’action de Dieu

 10. Toute lecture qui se fait autrement que par l’ordre de Dieu est nuisible ; c’est la volonté de Dieu et son ordre qui est grâce, et qui opère au fond de nos cœurs, par nos lectures comme par toutes nos autres œuvres. L’ordre de Dieu, sa divine volonté est la vie de l’âme, sous quelque apparence que l’âme se l’applique ou qu’elle le reçoive.

 11. Si la divine volonté fait un devoir présent de lire, la lecture opère au fonds de l’âme le terme mystérieux. Si la divine volonté fait quitter la lecture pour un devoir de contemplation, ce devoir opère au fond du cœur le nouvel homme, et la lecture serait alors préjudiciable et inutile. Si la divine volonté retire de la contemplation, pour une occupation extérieure même pendant des temps considérables, ce devoir forme Jésus-Christ au fond du cœur et toute la douceur de la contemplation ne servirait qu’à l’y détruire.

 12. C’est la volonté de Dieu qui donne aux choses, quelles qu’elles soient, l’efficacité pour former Jésus-Christ au fond de nos cœurs. Que l’esprit ait les idées qu’il lui plaira, que le corps sente ce qu’il pourra, ne fût-ce pour l’esprit que distractions et troubles, ne fût-ce pour le corps que maladie et morts, cette divine volonté est toujours, cependant, pour le moment présent, la vie du corps et de l’âme. En tout, elle donne Dieu, et Dieu est l’être infini qui tient lieu de tout à l’âme qui le possède.

 Chapitre 6 : L’esprit et les autres moyens humains ne sont utiles qu’autant qu’ils servent d’instrument à l’action divine

 13. L’action divine, étant d’une plénitude sans bornes, ne peut s’emparer d’une âme qu’autant que cette âme est vide de toute confiance dans son action propre. Le meilleur de tout pour l’âme, c’est tout ce que Dieu veut au moment présent, et l’âme doit dire à chaque moment et à l’égard de tout comme Saint Paul: «Seigneur que voulez-vous que je fasse?». Et non ceci et cela, mais: «tout ce que vous voudrez !». L’esprit aime cela, le corps aime ceci ; moi, Seigneur, je ne veux que votre sainte volonté.

14. La présence de Dieu qui sanctifie nos âmes est cette habitation de la Trinité qui s’écoule au fond de nos cœurs, lorsqu’ils se soumettent à la divine volonté. La contemplation et la prière sont, parmi les choses qui sont de l’ordre de Dieu, les plus excellentes pour s’unir à Lui, lorsque sa divine volonté ordonne qu’on en fasse usage.

 Chapitre 7 : Il n’y a pas de paix stable que dans la soumission à l’action divine

 15. Si ce que Dieu choisit Lui-même pour vous ne vous suffit pas, quelle autre main que la sienne pourrait vous servir à souhait ? Une âme ne peut être véritablement nourrie, fortifiée, enrichie, sanctifiée que par cette plénitude du moment présent. Que voulez-vous donc davantage ? Puisqu’il ordonne que ce soit ainsi, comment pourriez-vous désirer qu’il en fût autrement ? Sa sagesse et sa bonté peuvent-elles se tromper ? Dès qu’elles font une chose, ne devez-vous pas être pleinement convaincus qu’elle est excellente ?

 Chapitre 8 : La perfection des âmes et l’excellence des divers états se mesurent sur la fidélité à l’ordre de Dieu

 16. Mais pour ne pas s’écarter ni à droite ni à gauche, il faut que l’âme ne suive aucune inspiration qu’elle croirait avoir reçue de Dieu, avant de s’être assurée que cette inspiration ne s’éloigne point des devoirs de son état. L’accomplissement des devoirs de l’état et l’acceptation des dispositions de la Providence, voilà le lot commun de tous les Saints.

17. Chacun doit suivre la route qui lui est tracée. La perfection consiste à se soumettre pleinement à l’ordre de Dieu, et à ne rien laisser échapper de ce qui s’y trouve de plus parfait.

 18. Et cela se voit en Jésus, Marie et Joseph. Il faut donc conclure qu’il n’y a pas de voie particulière qui soit la plus parfaite, mais que le plus parfait, en général, est la soumission à l’ordre de Dieu, soit dans ’accomplissement des devoirs extérieurs, soit dans les dispositions intérieures.

 19. Si les âmes qui tendent sérieusement à la sainteté et les personnes du monde comprenaient que, pour s’élever au plus haut degré de la perfection, les croix de Providence, que leur état leur fournit à chaque moment, leur ouvre un chemin plus sûr et bien plus court que les états et les œuvres extraordinaires ; que la vraie pierre philosophale pour être heureux est la soumission à l’ordre de Dieu, qui change en or divin toutes leurs occupations, leurs ennuis, leurs souffrances, qu’elles seraient heureuses!

 20. Que je voudrais pouvoir faire bien comprendre que, de même que le bon et le mauvais larrons n’avaient pas de choses différentes à faire et à souffrir pour être saints.

 Chapitre 9 : Toutes les richesses de la grâce sont le fruit de la pureté du cœur et du parfait abandon

 21. Celui-là donc qui veut jouir de l’abondance de tous les biens n’a qu’une chose à faire : purifier son cœur, se détacher des créatures et s’abandonner entièrement à Dieu. Dans cet abandon il trouvera toutes choses. C’est en lui-même que vous voyez Dieu par la vivacité de votre foi. Vous le voyez en toutes choses, et vous le voyez à tout moment, opérant au-dedans de vous et au dehors. Vous êtes en tout son sujet et son instrument. Il vous mène en tout et vous amène à tout. Le plus souvent vous n’y pensez pas, mais il y pense pour vous. Ce qui vous arrive et doit arriver par son ordre, il suffit que vous le désiriez : il entend votre préparation.

 22. Ignorez-vous donc ce que c’est qu’un cœur bien disposé ? Ce n’est autre chose qu’un cœur où Dieu se trouve. Voyant dans ce cœur ses propres inclinations, Dieu sait qu’il restera toujours soumis à ses ordres. Il sait en même temps que vous ne savez guère ce qui vous est utile ; aussi fait-il son affaire de vous le donner ; peu importe qu’il vous contrarie : vous pensiez aller à l’Orient, il vous conduit à l’occident. Vous alliez donner contre un écueil; il retourne le gouvernail, et il vous conduit au port. Sans savoir ni carte, ni route, ni vent, ni marée, vous ne faites jamais que des voyages heureux.

 23. Qu’attendons-nous?  Marchons à l’instant ; allons-nous perdre en Dieu, en son Cœur même, pour nous enivrer de sa charité. Nous trouverons dans ce Cœur la clef des trésors célestes. Prenons ensuite notre route vers le ciel. Si nous voulons respirer l’air de la campagne, il ne tiendra qu’à nous d’y porter nos pas ; enfin, nous irons et nous viendrons, nous entrerons et sortirons à notre gré, avec cette clef de David, cette clef de la science, cette clef de l’abime où sont renfermés les trésors cachés et profonds de la sagesse divine. Aimons donc ! Tous les biens, pour nous enrichir, n’attendent que l’amour.

LIVRE II

De l’action divine et de la manière dont elle travaille sans relâche à la sanctification des âmes.

 Chapitre 1 : L’action divine est présente partout et toujours, quoiqu’elle ne soit visible qu’à l’œil de la foi

 25. Toutes les créatures sont vivantes dans la main de Dieu; les sens n’aperçoivent que l’action de la créature, mais la foi voit l’action divine en tout. Elle croit que Jésus-Christ vit en tout et opère dans toute l’étendue des siècles: que le moindre moment et le plus petit atome renferme une portion de cette action mystérieuse. Après sa résurrection, il surprenait ses disciples dans ses apparitions; on ne le reconnaissait pas et aussitôt qu’il se découvrait, il disparaissait. Il n’y a aucun moment où Dieu ne se présente sous l’apparence de quelque obligation ou de quelque devoir.

 26. Si nous percions le voile, et si nous étions vigilants et attentifs, Dieu se révélerait sans cesse à nous, et nous jouirions de son action en tout ce qui nous arrive: à chaque chose, nous dirions Dominus est, c’est le Seigneur ! Et nous trouverions dans toutes les circonstances, que nous recevons un don de Dieu. Si nous avions la foi, nous saurions bon gré à toutes les créatures; nous les caresserions, et nous les remercierions de ce qu’elles servent et se rendent si favorables à notre perfection, appliquée par la main de Dieu.

 27. La foi est la lumière du temps; elle seule atteint la vérité sans la voir; elle touche ce qu’elle ne sent point; elle voit tout ce monde comme s’il n’était point, voyant tout autre chose que ce qui est apparent. C’est la clef des trésors, la clef de l’abime, la clef de la science de Dieu. C’est par la foi que Dieu se révèle et se manifeste en toutes choses. C’est elle qui les divinise, qui ôte le voile et qui découvre la vérité éternelle.

 28. Nous vivons comme nous voyons et comme nous sentons, et nous rendons inutile cette lumière de la foi, qui nous conduirait si sûrement dans le labyrinthe de tant de ténèbres et d’images, parmi lesquelles nous nous égarons comme des insensés.

Chapitre 2 : L’action divine est d’autant plus visible à l’œil de la foi, qu’elle se cache sous des apparences plus répugnantes

 29. L’âme éclairée par la foi est bien loin de juger des choses comme ceux qui les mesurent par les sens, et qui ignorent le trésor inestimable qu’elles renferment. De même, l’âme qui voit la volonté de Dieu dans les plus petites choses, dans les plus désolantes et les plus mortelles, reçoit tout avec une joie, une jubilation, un respect égal ; ce que les autres craignent et fuient avec horreur, elle ouvre toutes ses portes pour le recevoir avec honneur.

 30. La foi n’est excellemment vivante que lorsque l’appareil et le sensible la contredisent, et font effort pour la détruire. Cette guerre des sens rend la foi plus glorieusement victorieuse. Trouver Dieu aussi bon dans les choses les plus petites et les plus communes que dans les plus grandes, c’est avoir une foi non commune mais grande et extraordinaire. Se contenter du moment présent, c’est goûter et adorer la volonté divine dans tout ce qui se rencontre à faire et à souffrir dans les choses qui composent par leur succession le moment présent. Les âmes ainsi disposées adorent Dieu, avec un redoublement d’amour et de respect, dans les états les plus humiliants ; rien ne les dérobe à l’œil perçant de leur foi.

 31. La vie de la foi n’est qu’une poursuite continuelle de Dieu, au travers de ce qui le déguise, le défigure, le détruit pour ainsi dire, et l’anéantit. C’est vraiment la reproduction de la vie de Marie, qui depuis l’étable jusqu’au Calvaire demeure attachée à un Dieu que tout le monde méconnait, abandonne et persécute ; de même les âmes de foi outrepassent une suite continuelle de morts, de voiles, d’ombres et d’apparences, qui font effort pour rendre la volonté de Dieu méconnaissable; elles la poursuivent et l’aiment jusqu’à la mort de la Croix.

 32. La foi est la mère de la douceur, de la confiance et de la joie; elle ne peut avoir que de la tendresse et de la compassion pour ses ennemis qui l’enrichissent si fort à leurs dépens. Plus l’action de la créature est malveillante, plus celle de Dieu la rend avantageuse. Il n’y a rien que la foi ne perce et ne surmonte. Elle passe au de-là de toutes les ténèbres ; et quelque effort que les ombres fassent, elle les traverse pour aller jusqu’à la vérité; elle l’embrasse toujours avec fermeté, et ne s’en sépare jamais.

 Chapitre 3 : L’action divine nous offre à chaque instant des biens infinis, et nous les donne dans la mesure de notre foi et de notre amour

 33. Le moment présent est toujours plein de trésors infinis; il contient plus que vous n’avez de capacité. La foi est la mesure : vous y trouverez autant que vous croyez. L’amour est aussi la mesure: plus votre cœur aime, plus il désire ; et plus il désire, plus il trouve. La seule volonté de Dieu fera votre plénitude, qui ne vous laissera aucun vide ; adorez-la, allez droit à elle, pénétrant et abandonnant toutes les apparences. La mort des sens, leur dépouillement, leur destruction sont le règne de foi.

 34. Quand le moment effraie, affame, dépouille, accable tous les sens, alors il nourrit, il enrichit, il vivifie la foi, qui se rit des pertes, comme un gouverneur dans une place imprenable se rit des attaques inutiles.

Chapitre 4 : Dieu se révèle à nous dans les événements les plus communs d’une manière aussi mystérieuse, mais aussi réelle et aussi adorable que dans les grands événements de l’histoire et dans les saintes Ecritures

 35. La Parole de Dieu écrite est pleine de mystère, sa parole exécutée dans les événements du  monde ne l’est pas moins.

 36. La chute des Anges, celle d’Adam, l’impiété et l’idolâtrie des hommes, avant et après le déluge du vivant des Patriarches, qui savaient et racontaient à leurs enfants l’histoire de la création et de la conservation encore toute récente ; voilà des paroles bien obscures de l’Ecriture sainte! Une poignée d’hommes préservés de l’idolâtrie dans la perte générale de tout le monde, jusqu’à la venue du Messie; l’impiété toujours régnante, toujours puissante, ce petit nombre de défenseurs de la vérité toujours persécutés et maltraités ; les traitements faits à Jésus -Christ: les plaies de l’Apocalypse.... Quoi donc!... Ce sont là des paroles de Dieu! C’est ce qu’il a révélé !

 37. Vous parlez, Seigneur, en particulier à tous les hommes par ce qui leur arrive de moment en moment. Mais au lieu d’entendre en cela votre voix, de respecter l’obscurité et le mystérieux de votre parole, on n’y regarde que la matière, le hasard, l’humeur des hommes. On respecte les saintes Ecritures, car c’est la Parole de Dieu, dit-on, tout y est saint, véritable. Mais ce que Dieu vous dit, chères âmes, les paroles qu’il prononce de moment en moment, pourquoi ne respectez-vous pas en tout cela la vérité et la volonté de Dieu ?

 Chapitre 5 : L’action divine continue dans les cœurs la révélation commencée dans les saintes Ecritures; mais les caractères dont elle se sert pour l’écrire ne seront visibles qu’au grand jour

 38. «Jésus-Christ, dit l’Apôtre, était hier, il est aujourd’hui ; il sera jusqu’à la fin des siècles.»  Dès l’origine du monde, il était comme Dieu, le principe de la vie des âmes justes : son humanité, a participé, depuis le premier instant de son Incarnation, à cette prérogative de sa Divinité. Il opère en nous tout le temps de notre vie : le temps qui s’écoule jusqu’à la fin du monde n’est qu’un jour et ce jour est encore plein de lui. Cette vie mystique de Jésus-Christ multiplie les merveilles à l’infini, et les multiplie éternellement, puisque tous les temps, à proprement parler, ne sont que l’histoire de l’action divine.

 39. Tout l’Ancien Testament n’est qu’une esquisse des profondeurs inscrutables de ce divin ouvrage; il n’y a que ce qui est nécessaire pour arriver à Jésus-Christ. L’Esprit divin a tenu tout le reste caché dans les trésors de sa sagesse. A la manifestation de la vérité de Dieu par la parole a succédé la manifestation de sa charité par l’action. Le Saint-Esprit continue l’œuvre du Sauveur. En même temps qu’il assiste l’Eglise dans la prédication de l’Evangile de Jésus-Christ, il écrit lui-même son propre évangile, et il l’écrit dans les cœurs. Toutes les actions tous les moments Saints sont l’Evangile du Saint-Esprit. Les âmes saintes sont le papier, leurs souffrances et leurs actions sont l’encre.

 40. Le Saint-Esprit, par la plume de son action, écrit un évangile vivant; mais on ne pourra le lire qu’au jour de la gloire, quand il sera enfin publié. Si nous pouvions voir la vie de Dieu, et regarder toutes les créatures, non en elles-mêmes, mais dans leur principe; si nous pouvions, encore un coup, voir la vie de Dieu dans tous les objets ; comme l’action divine les meut, les mêle, les assemble, les oppose, les pousse vers le même but par des voies contraires; nous reconnaîtrions que tout a ses raisons, ses mesures, ses rapports dans ce divin ouvrage.

 41. Apprenez-moi, divin Esprit, à lire dans ce livre de vie! Je veux devenir votre disciple; et comme un simple enfant, croire à ce que je ne puis voir. Et lorsque le jour de la gloire me révélera tant de mystères, je verrai ce que je ne comprends que confusément; et ce qui me parait si embrouillé, si peu sensé, si peu suivi, si imaginaire, tout cela me ravira, me charmera, éternellement par les beautés, l’ordre, les raisons, la sagesse et les incompréhensibles merveilles que j’y découvrirai.

Chapitre 6 : L’amour divin se donne à nous par toutes les créatures, qui le communiquent en le voilant, semblables aux espèces eucharistiques

42. Quoi de plus certain pourtant ? La raison, aussi bien que la foi, ne nous révèle-t-elle pas la présence réelle de l’amour divin dans toutes les créatures et dans tous les événements de la vie, aussi indubitablement que la parole de Jésus-Christ et de l’Eglise nous révèle la présence de la chair sacrée du Sauveur sous les espèces eucharistiques ! Ne savons-nous pas que, par toutes ces créatures et par tous ces événements, le divin amour désire s’unir à nous ? Il n’a produit, ordonné ou permis tout ce qui nous entoure, tout ce qui nous arrive qu’en vue de cette union qui est le but unique de tous ces desseins.

Chapitre 7 : L’action divine est aussi indignement traitée par beaucoup de chrétiens, dans cette manifestation de chaque jour, que Jésus-Christ le fut dans sa chair

 43. Si vous saviez ce que sont ces événements, que vous appelez revers, contretemps, contrariétés, où vous ne voyez rien qui ne soit mal à propos et sans raison, vous seriez dans une extrême confusion; vous vous reprocheriez vos murmures comme des blasphèmes ; mais  vous n’y pensez pas. Tout cela n’est autre chose que la volonté de Dieu; et cette volonté adorable est blasphémée par ses chers enfants qui la méconnaissent.

 44. Si nos sens, si notre raison n’entendent pas, ne pénètrent pas la vérité et la bonté de cette parole qui nous est dite au fond du cœur à chaque instant, n’est-ce pas à cause de leur incapacité pour les vérités divines? Dieu me parle, c’est un mystère; c’est donc une mort pour mes sens et ma raison; car les mystères sont de nature à les immoler. Le mystère est la vie du cœur par la foi.

 Chapitre 8 : La révélation du moment présent est plus utile, parce- qu’elle s’adresse directement à nous

 45. Nous ne sommes bien instruits que par les paroles que Dieu prononce exprès pour nous. Ce qui nous instruit, c’est ce qui nous arrive d’un moment à l’autre; c’est là ce qui forme en nous la science expérimentale, que Jésus-Christ a voulu acquérir avant que d’enseigner. On ne sait parfaitement que ce que l’expérience a appris par la souffrance et par l’action. C’est là l’école du Saint-Esprit, qui parle au cœur des paroles de vie. Il faut donc écouter Dieu, de moment en moment, pour être docte dans la théologie vertueuse, qui est toute pratique et expérimentale.

Chapitre 9 : La révélation du moment présent est une source de sainteté toujours jaillissante

46. O vous tous qui avez soif, sachez que vous n’avez pas à aller chercher bien loin la source des eaux vives; elle jaillit tout près de vous, dans le moment présent ; hâtez-vous donc d’y courir. Si vous voulez penser, écrire et vivre comme les Prophètes, les Apôtres, les Saints, abandonnez-vous comme eux à l’inspiration divine et vivez dans un perpétuel abandon aux secrètes opérations de Dieu.

47. Les saints des premiers temps ont-ils eu d’autres secrets que celui de devenir, de moment en moment, ce que l’action divine en voulait faire? Et cette action cessera-t-elle de répandre jusqu’à la fin du monde sa grâce sur les âmes qui s’abandonneront à elle sans réserve? Seigneur, c’est en vous recevant en toutes choses par cette unique voie royale, voie ancienne, voie de mes pères, que je deviendrai ce que vous voudrez faire de moi.

Chapitre 10 : Le moment présent est la manifestation du nom de Dieu et l’avènement de son règne

 48. Le moment présent est toujours comme un ambassadeur qui déclare l’ordre de Dieu. Le cœur prononce toujours le FIAT. Tout y est moyen pour l’âme (quoi qu’elle fasse ou quoi qu’elle souffre); tout lui est instrument de sainteté. L’unique nécessaire se trouve toujours pour elle dans le présent ; c’est tout ce que chaque moment produit par ordre de Dieu.

 49. Sanctifier le nom de Dieu c’est connaître, adorer, et aimer l’être ineffable que ce nom exprime. C’est aussi connaître, adorer et aimer son adorable volonté à tous les moments, dans tous ses effets; regardant tout cela comme autant de voiles, d’ombres, de noms de cette volonté éternellement sainte. C’est ainsi que Job bénissait le nom de Dieu, en protestant que cette volonté divine signifiée par les apparences les plus terribles, était sainte. David la bénissait aussi en tout temps et en tous lieux.

 50. Apprenons donc à reconnaître dans ce qui arrive à chaque moment l’empreinte de la volonté de Dieu et de son nom adorable. Ce nom est infiniment saint. Il est donc juste de le bénir, de le traiter comme une sorte de sacrement, qui sanctifie par sa propre vertu les âmes qui ne lui opposent pas d’obstacle. Oui Seigneur, que ce royaume vienne dans mon cœur, pour le sanctifier, le nourrir, le purifier, le rendre victorieux de mes ennemis.

 Chapitre 11 : L’action divine porte dans toutes les âmes la sainteté la plus éminente; pour se sanctifier, il suffit de s’abandonner à elle

51. Cette action divine est un maître que Jésus nous a envoyé et que nous n’écoutons pas assez. Il parle à tous les cœurs, il dit à chacun la parole de vie, la parole unique; mais on ne l’entend pas. Et moi, Seigneur, je rends gloire et toute gloire à votre action; elle me plait par elle-même. Puisqu’elle s’étend sur tout, qu’elle divinise tout, qu’elle change tout en soi.

 52. Vous cherchez des secrets d’être à Dieu ? Il n’y en a point d’autres que de se servir de tout ce que Dieu vous offre; tout mène à cette union; tout perfectionne, excepté ce qui est péché et hors du devoir: il n’y a qu’à recevoir tout et à laisser faire.

 53. Tous les états corporels deviennent sous son influence des opérations de grâce. Tous vos sentiments, toutes vos pensées, de quelque part que cela vienne, tout part de cette main invisible....vous l’apprendrez par expérience...Oui, si l’on savait laisser faire cette divine main, on atteindrait la perfection la plus éminente! Tous y parviendraient, car elle est offerte à tous.

 54. Si les âmes étaient fidèles à l’action de Dieu, toutes vivraient, agiraient, parleraient divinement. L’action divine les singulariserait toutes par les choses les plus communes. Et cette perfection est accessible aux âmes les plus simples, sans talent, ni instruction car vous la trouverez toujours près de vous. Je vous unirai à Dieu, et je vous le ferai tenir par la main, dès le premier moment que vous pratiquerez ce que je vous dirai.

Chapitre 12 : L’action divine peut seule nous sanctifier, parce qu’elle se règle sur l’exemplaire divin de notre perfection

55. L’action divine exécute, dans la suite des temps, les idées que l’éternelle Sagesse a formées de toutes choses. L’action divine voit dans le Verbe l’idée selon laquelle vous devez être formé; c’est le modèle qu’elle travaille à reproduire. Elle voit dans le Verbe tout ce qui est convenable pour chaque âme sainte. L’Ecriture en comprend une partie, et l’opération de l’Esprit-Saint dans l’intérieur des âmes achève le reste, sur les exemplaires que le Verbe lui propose. La sagesse de l’âme simple consiste à se contenter de ce qui lui est propre, à se renfermer dans les termes de son sentier, à ne point outrepasser sa ligne, se contentant de ce qu’elle reçoit au fond d’elle-même, de façon que, d’un moment à l’autre, tout la divinise, à son insu.

56. Mon Dieu, je veux me renfermer dans l’unique affaire du moment présent, pour vous aimer, pour m’acquitter de mes obligations, et pour vous laisser faire.

LIVRE III

De l’assistance paternelle dont Dieu entoure les âmes qui s’abandonnent entièrement à lui

 Chapitre 1 : Dieu se fait le guide des âmes qui s’abandonnent entièrement à lui

 57. S’abandonner ! Tel est donc le grand devoir qui reste à remplir, après s’être acquitté fidèlement de toutes les obligations de son état. Il faut donc aimer Dieu et son ordre; il faut l’aimer tel qu’il se présente, sans rien désirer de plus. Ce qu’il donne est le meilleur à l’âme. Puisque Dieu s’offre à nous pour faire nos affaires, remettons-les donc une bonne fois à son infinie sagesse, pour n’être plus occupés que de lui-même et de ce qui le touche.

58. L’âme de foi qui sait le secret de Dieu, demeure tout à fait en paix, au travers des langueurs, des maladies, des sécheresses, des inégalités d’humeur, des faiblesses d’esprit, des pièges du diable et des hommes; et tout ce qui se passe en elle, au lieu de l’effrayer la rassure. Intimement persuadée que c’est Dieu qui la conduit, elle prend tout pour grâce, et vit dans l’oubli du sujet sur lequel Dieu travaille, pour ne penser qu’à l’ouvrage commis à ses soins.

 Chapitre 2 : Dieu conduit d’autant plus sûrement l’âme qui s’abandonne à lui, qu’il semble l’aveugler davantage

59. Saint Jean dans sa première lettre dit : «Quant à vous, l’onction que vous avez reçue de Lui demeure en vous et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne». (1 Jn 2 27) Pour savoir ce que Dieu demandent d’elles les âmes n’ont qu’à consulter cette onction, sonder leur cœur, écouter ce qu’il dit; il est l’interprète de la volonté de Dieu. Car l’action divine déguisée lui révèle ses desseins, non par idée, mais par instinct. Elle les lui découvre : -soit par nécessité, ne lui permettant pas de prendre d’autre parti que celui qui se présente. -soit par un premier mouvement et une sorte de transport surnaturel, qui le pousse à agir sans réflexion. -soit enfin par une impression d’inclination ou d’éloignement, qui lui laisse toute sa liberté, mais qui ne le porte pas moins à s’approcher ou à s’éloigner des objets.

60. La vertu de cet état, c’est la vertu toute pure, c’est la perfection même. Ainsi l’âme, longtemps exercée dans la pratique de la perfection, sous l’empire du raisonnement et des méthodes, dont elle s’aidait pour seconder la grâce, se forme insensiblement une habitude d’agir en tout PAR L’INSTINCT DE DIEU.

 61. C’est le caractère de l’abandon de mener toujours une vie mystérieuse, et de recevoir de DIEU les dons extraordinaires et miraculeux par l’usage des choses communes, naturelles, fortuites, de hasard, et où il ne parait rien que le cours ordinaire des humeurs du monde et des éléments. C’est pourquoi à ces âmes, tout est précieux et tout les enrichit.

 62. Ces dons ne sanctifient point par eux-mêmes, mais seulement comme instruments de l’action divine, qui peut communiquer et communique très souvent ses grâces aux simples, par des choses qui paraîtraient opposées à la fin qu’elle se propose, car l’instrument dont elle veut se servir est toujours efficace et tout lui est égal.

Chapitre 3 : Les désolations que Dieu fait éprouver à cette âme ne sont que d’amoureux artifices dont elle se réjouira un jour

63. Seigneur, vos enfants sont comme endormis dans la nuit de la foi. Ils éprouvent en eux de véritables et douloureuses craintes, des angoisses et des ennuis, que vous dissiperez et convertirez, au jour de la gloire, en de véritables et solides joies.

64. A son réveil l’âme sainte comprendra tout, et combien les voies de Dieu sont impénétrables. Mais pour l’instant laissez l’Epoux travailler sur cette âme chérie, et représenter en elle ce que lui seul sait peindre et exprimer; il la réveillera quand il sera temps.

Chapitre 4 : Dieu donne d’autant plus généreusement à l’âme qui s’abandonne à lui, qu’il semble la dépouiller davantage

65. Plus on semble perdre avec Dieu, plus on gagne; plus il retranche du naturel, plus il donne du surnaturel. On l’aimait un peu pour ses dons: ses dons n’étaient plus aperçus, on en vient enfin à ne l’aimer que pour lui-même qui est le don le plus précieux.

66. Que l’âme qui s’est donnée totalement à Dieu traverse sans crainte toutes ces épreuves, qu’elle ne se laisse pas ravir sa liberté. Pourvu qu’elle soit fidèle à l’action divine, cette action toute-puissante saura faire en elle des merveilles, en dépit de tous les obstacles. Cependant le succès de l’œuvre commune de l’âme et de Dieu, tout en dépendant entièrement de l’action du divin ouvrier, ne peut être compromis que par l’infidélité de l’âme.

 67. Que la conduite de Dieu est pleine de bonté et de sagesse ! Il a tellement réservé à sa seule grâce et à sa seule action tout ce qu’il y a de sublime, de relevé, de grand et d’admirable dans la perfection et dans la sainteté; et il a tellement laissé à nos âmes, aidées du secours de la grâce, ce qui est petit, clair, facile, qu’il n’y a personne au monde à qui il ne soit aisé d’arriver à la perfection la plus éminente, en accomplissant amoureusement les devoirs communs et obscurs.

Chapitre 5 : Dieu défend d’autant plus puissamment l’âme qui s’abandonne à lui, qu’elle est moins capable de se défendre

 68. Le constant et infaillible mouvement de l’action divine applique toujours l’âme simple à propos. Elle se sert en sa faveur de toutes les choses simples de la vie (instinct, connaissance, hasard, nécessité, convenance ...). L’âme quant à elle veut tout ce qui arrive, en elle et hors d’elle, tout ce qu’elle sent hors le péché.

69. Jésus-Christ vit encore dans les âmes simples comme il vivait en Judée; Il est généreux, doux, libre, paisible, sans crainte, sans besoin de personne, voyant toutes les créatures entre les mains de son Père. L’action divine ajuste merveilleusement tout cela : rien ne manque, rien n’est de trop.

 70. L’âme simple, élevée par la foi, bénit en tout temps cette main divine qui sait à propos lui fournir les moyens et la délivrer des obstacles; elle reçoit ses amis et ses ennemis avec la même douceur ; car c’est la façon de Jésus de traiter tout le monde comme instrument divin. Elle n’a besoin de personne et pourtant elle a besoin de tous : c’est une doctrine du Saint-Esprit et pour la concevoir il faut être dans le dernier abandon. Alors on est en sureté : car tout ce qui arrive dans le monde n’est que pour le bien des âmes parfaitement soumises à la volonté de Dieu.

Chapitre 6 : L’âme qui s’abandonne à Dieu, au lieu de résister à ses ennemis, trouve en eux d’utiles auxiliaires

71. Toutes les contrariétés lui tournent en bien ; et en laissant faire ses ennemis, elle en tire un service continuel et si suffisant, que tout ce qu’elle doit craindre, c’est de se mettre elle-même de la partie, et de travailler à un ouvrage dont Dieu veut être le seul principe, dont ses ennemis sont les instruments, et où elle n’a rien à faire qu’à voir en paix ce que Dieu fait, et à suivre avec simplicité les attraits qu’il lui donne.

Chapitre 7 : L’âme qui s’abandonne à Dieu peut s’abstenir de rien faire ou dire pour sa justification: l’action divine la justifie

72. C’est sous le voile des croix et des actions les plus ordinaires que Dieu cache sa main pour soutenir et porter ceux qui s’abandonnent à lui. Du moment que l’âme s’est fermement établie dans ce parfait abandon, elle n’a plus rien à dire ni à faire pour se défendre. Puisque l’ouvrage est de Dieu, il n’en faut point chercher ailleurs la justification. Ses effets et ses suites le justifieront assez.

73. La route s’ouvre sous ses pas, elle y marche sans hésiter ; elle est pure, simple ,vraie; elle marche dans la droite ligne de commandements de Dieu, doucement appuyée sur Dieu même,  qu’elle trouve sans cesse en tous points, qu’elle cherche uniquement et qui se charge lui-même de manifester sa présence, de manière à la venger de ses injustes détracteurs.

Chapitre 8 : Dieu vivifie l’âme qui s’abandonne à lui, par les moyens qui semblent lui donner la mort

74. Quand l’âme après plusieurs expériences des tristes suites où l’a conduite la propriété d’elle-même, en reconnaît enfin l’inutilité, elle découvre que c’est Dieu qui a tout obscurci, pour lui faire trouver la vie en Lui-même. Il n’y a pas de remède à cette obscurité ; Il faut s’y laisser enfoncer. Dieu s’y donne, et il donne avec lui toutes choses, en obscurité de foi.

75. Les langueurs et les impuissances des âmes qui s’abandonnent ne sont que des illusions et des apparences qu’elles doivent braver avec confiance. Sans y faire attention elles doivent poursuivre généreusement leur chemin dans les actions et les souffrances de l’ordre de Dieu, conduites, dirigées et soutenues par cette main sûre, invisible, toute-puissante et infaillible de la divine Providence.

 Chapitre 9 : L’amour tient lieu de tout aux âmes qui marchent dans cette voie

76. En dépouillant de tout les âmes qui se donnent absolument à lui, Dieu leur donne quelque chose qui leur tient de tout, de lumière, de sagesse, de vie et de force: c’est son amour. L’amour divin est dans ces âmes comme un instinct surnaturel. L’art de l’abandon n’est que celui d’aimer. L’amour divin accorde tout à qui ne lui refuse rien. Et comme il inspire tous les désirs d’une âme qui ne vit que pour lui, il ne saurait refuser de les exaucer; l’amour peut-il ne pas vouloir ce qu’il veut ?

77. L’action divine n’a égard qu’à la bonne volonté. Trouve-t-elle un cœur bon, pur, droit, simple, filial et respectueux, c’est tout ce qu’il lui faut elle s’empare de ce cœur : elle en possède toutes les facultés  et elle en dispose si bien toutes choses, pour son plus grand bien, qu’il trouvera en toutes choses, de quoi se sanctifier. Et cette bonne volonté permet à l’action divine de protéger l’âme des fautes et des erreurs et la dirige par des insinuations secrètes dans ce qu’elle a à dire ou à faire selon les circonstances.

 78. Dieu ne demande que votre cœur ; si vous cherchez ce trésor, ce Royaume où règne Dieu seul, vous le trouverez. Votre cœur, s’il est dévoué totalement à Dieu, est dès lors ce trésor, ce Royaume-là même que vous désiriez et que vous cherchez. Aimer Dieu, c’est désirer sincèrement l’aimer ; parce qu’on l’aime, on veut être instrument de son action pour que son amour ait en nous et par nous de l’exercice.

79. L’action divine correspond à la pureté de l’intention de l’âme simple et sainte et non pas aux projets ou aux moyens que cette dernière utilise en étant parfois abusée. Pourvu que Dieu y voie cette bonne disposition, il lui passe tout les reste, et il tient pour fait ce qu’elle ferait infailliblement si des vues plus sûres secondaient sa bonne volonté. La bonne volonté n’a donc rien à craindre; si elle tombe, elle ne peut tomber que sous cette main toute puissante, qui la guide et qui la soutient dans tous ses égarements.

Chapitre 10 :L’âme qui s’abandonne à Dieu trouve plus de lumière et de force dans sa soumission à l’action divine que n’en possèdent tous les orgueilleux qui lui résistent

 80. La science de l’âme fidèle à ses obligations, tranquillement soumise aux ordres intimes de la grâce, douce et humble envers tous, vaut mieux que la plus profonde pénétration des mystères. Et si l’on savait voir l’action divine dans tout l’orgue il et la dureté de l’action des orgueilleux, on ne les recevrait jamais qu’avec douceur et respect. Leurs désordres ne feraient point quitter l’ordre, quelque train qu’ils mènent.

 81.Il ne faut pas regarder la voie qu’ils tiennent, mais marcher toujours avec fermeté dans la sienne. Qu’y a-t-il dans le monde qui puisse résister à la force d’une âme fidèle, douce et humble ? Si nous voulons vaincre infailliblement tous nos adversaires, il ne leur faut opposer que ces armes.

 82. Dieu, ce tout puissant Ouvrier ne reconnaît pour ses instruments que les humbles; et il condamne les superbes qui le contredisent, à servir malgré eux, comme de vils esclaves, à l’accomplissement de ses desseins.

Chapitre 11 : L’âme qui s’abandonne à Dieu sait le voir même dans le superbe qui lutte contre son action. Toutes les créatures bonnes ou mauvaises le lui révèlent

83. Cette découverte de l’action divine, dans tout ce qui se passe à chaque moment, en nous et autour de nous, est la vraie science des choses. C’est un fonds de paix, de joie, d’amour et de contentement de Dieu, vu ou plutôt cru, vivant et opérant toujours le plus parfait, en tout ce qui se présente.

84. C’est le paradis éternel, qui est à la vérité présentement masqué. Mais l’Esprit Saint qui en arrange en cette vie toutes les pièces par cette continuelle et féconde présence de son action nous donnera la lumière au jour de notre mort. Et alors on verra les trésors que renfermait la foi dans cet abîme de paix et de contentement de Dieu, que recèlent chaque moment, chaque action et chaque souffrance.

Chapitre 12 : Dieu assure aux âmes qui lui sont fidèles une glorieuse victoire sur les puissances du monde et de l’enfer

 85. L’histoire du monde n’est que l’histoire de la lutte que les puissances du monde et de l’enfer livrent depuis le commencement, aux âmes humblement dévouées à l’action divine. Dans cette lutte, tous les avantages semblent être du côté de l’orgueil ; et pourtant c’est l’humilité qui est toujours victorieuse.

 86. Le combat commencé au ciel entre Lucifer et Saint Michel dure encore. Lucifer est le chef de ceux qui ne veulent pas obéir au Tout-Puissant; ce mystère d’iniquité n’est que l’inversion de l’ordre de Dieu. L’ordre de Dieu est toujours demeuré victorieux ; ceux qui se sont rangés de son côté ont triomphé avec lui, et ils sont heureux pour l’éternité.

 

 

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mardi 12 avril 2016

MEME APRES AVOIR ERRE LOIN DES CHEMINS DE L'AMOUR, IL EST TOUJOURS POSSIBLE DE PARVENIR A LA SAINTETE

Le curé d'Ars dit, avec une pointe d'humour :
" Les saints n'ont pas tous bien commencé, mais ils ont tous bien fini ".

Le psaume 103 illustre la tendresse de Dieu pour l'homme qui s'est éloigné de Lui par une vie d'errance loin de ses voies :
" C'est Yahvé qui pardonne toutes tes offenses, qui te guérit de toute maladie, qui rachète ta vie à la fosse, qui te couronne d'amour et de tendresse, …et comme l'aigle se renouvelle ta jeunesse. …Comme est loin l'Orient de l'Occident, Il éloigne de nous nos péchés … Comme est la tendresse d'un père pour ses fils, tendre est Yahvé pour qui le craint. Il sait de quoi nous sommes pétris, Il se souvient que poussière nous sommes ".

Quant au prophète Isaïe, au chapitre 1, il clame dans un langage imagé :
" Quand vos péchés seraient comme l'écarlate, comme neige ils blanchiront ; quand ils seraient rouge comme la pourpre, comme laine ils deviendront ".

Rappelons encore la parole de Jésus dans Mathieu 9 :
" Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs ".
Le Cœur de Dieu tressaille d'allégresse quand un pécheur revient sur les chemins de l'amour : Dans la parabole de la brebis perdue, Luc chapitre 15, Jésus dit :
 " Il y a plus de joie dans le Ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n'ont pas besoin de repentir ".

Et dans la parabole de l'enfant prodigue qui suit celle de la brebis perdue, le père (image de notre Dieu) dit au fils aîné qui refuse de se réjouir du retour de son frère qui était parti vivre une vie de débauche :
" Il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ".

Au calvaire, un des deux brigands crucifié avec Jésus, insulte Celui-ci mais son compagnon lui dit :
" tu n'as pas crainte de Dieu … pour nous, c'est justice, nous payons nos actes ; Mais Lui, Il n'a rien fait de mal ".
Et il disait : " Jésus, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume ".
Jésus lui répond :  " En vérité, Je te le dis, dès aujourd'hui, tu seras avec Moi dans le Paradis ".

Saint Paul, lui, dans l'Epître aux Romains chapitre 5, résume l'action de Dieu sur l'homme pécheur :
" Là où le péché abonde, la grâce surabonde ".

Dans l'histoire de l'Eglise, nous rencontrons des saints qui ont erré loin des chemins de l'amour. En voici quelques-uns :

Au 4-5 ème siècle, Augustin mène une vie dissolue.
Ce jeune intellectuel est affilié à la secte des manichéens.
Il a une concubine et un fils. En parlant de sa jeunesse, il dit dans ses " Confessions " qu'il laissait le champ libre à tous ses instincts.
Il doit sa conversion avant tout à la prière de sa mère, sainte Monique.
Il devient prêtre, évêque, théologien et docteur de l'Eglise.

Au 16-17 ème siècle, Camille de Lellis est un soldat bagarreur emporté par la passion des cartes.
Pour le jeu, il sacrifie tous ses biens, il se bat et risque sa vie.
Dépouillé de tout, ce fils de marquis tend la main à la porte des églises puis travaille quelques temps comme manœuvre.
Malade, il fait des séjours dans les hôpitaux. Là, il constate la grande misère dont souffrent les infirmes et peu à peu  consacre sa vie à Dieu en soignant les malades.
Pie XI le proclame " patron des infirmiers et infirmières du monde entier ".

Au 17-18 ème siècle, Jeanne Delanoue est une commerçante avare qui renvoie souvent les pauvres qui frappent à sa porte.
Elle s'arrange même pour n'acheter son pain qu'au dernier moment, afin de pouvoir dire aux pauvres qu'elle n'a pas de pain.
Mais grâce à une pieuse femme qui l'exhorte à se montrer charitable, son cœur s'ouvre et elle se met  au service des plus démunis. Elle fonde une congrégation caritative, des hospices et des écoles.

Au 19-20 ème siècle, Charles de Foucauld est un officier indiscipliné qui se fait remarquer par sa mauvaise conduite, ses scandales, sa gourmandise ; ne fait-il pas sonner son réveil en pleine nuit pour manger du foie gras ?
Entêté, il préfère démissionner de l'armée plutôt que de changer de conduite.
Cependant la pensée de Dieu le tourmente et il retrouve la foi.
Après plusieurs tâtonnements, il devient prêtre et religieux et s'installe comme ermite à Tamanrasset.

En 1954, Jacques Fesch, marié et père d'une petite fille est en échec professionnel et sans volonté.
Il décide d'acheter un bateau pour voyager. N'ayant pas d'argent, il assomme un changeur pour le voler.
Dans sa fuite, il tire sur un agent de police et le tue. Il blesse ensuite grièvement un homme qui tente de l'arrêter.
Athée lors de son entrée en prison, il retrouve la foi, aidé par l'aumônier, par son avocat et par un ami devenu religieux.
Conscient du mal qu'il a fait aux siens, aux victimes et à leur famille, il fait une ascension d'amour étonnante, dans une pleine confiance en la miséricorde de Dieu.
Les lettres écrites à ses proches nous montrent son cheminement spirituel. Condamné à la peine capitale, il est guillotiné le 1er octobre 1957. Quelques heures avant sa mort, Il avait écrit :
" Jésus m'a promis de m'emmener tout de suite au paradis ".

Pour terminer, citons ces mots de saint Augustin :
" Le Dieu tout puissant, puisque Il est souverainement bon, ne laisserait jamais un mal quelconque exister dans ses œuvres s'Il n'était assez puissant et bon pour faire sortir le bien du mal lui-même ".

Personne n'est exclu de la miséricorde et de la tendresse de Dieu.

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