mardi 9 juin 2009

C'EST DANS LES PETITES CHOSES VÉCUES AVEC AMOUR QUE SE RÉALISE AVANT TOUT LA SAINTETÉ

Jean Vanier, philosophe et fondateur des communautés de l'Arche qui accueillent des personnes souffrant d'un handicap mental, nous parle de l'importance de la vie toute ordinaire, et s'appuie sur l'exemple de la Sainte Famille de Nazareth :
" L'amour, ce n'est pas de faire des choses extraordinaires, héroïques, mais de faire des choses ordinaires avec tendresse. Je trouve merveilleux que Jésus ait vécu pendant 30 ans une vie cachée à Nazareth avec Marie sa mère et Joseph. Il a vécu humblement la famille et la vie communautaire, il a travaillé le bois, il a vécu le petit quotidien de chaque jour au sein de sa communauté de Nazareth ".

De même, le pape Jean XXIII, qui est à l'origine du concile Vatican II et qui a été béatifié à l'automne 2000, voulant devenir un saint, écrit, alors qu'il a juste 20 ans :
" Je dois veiller avec soin aux plus petites occasions, et faire tout ce que je fais avec une délicatesse extrême.
La sainteté des saints ne se fonde pas sur des faits retentissants mais sur des petits riens qui, aux yeux du monde, paraissent insignifiants.
Les 30 premières années de la vie de Jésus m'offrent à cet égard un enseignement plein d'exemples lumineux
".

Dans l'ancien testament, au Deutéronome chapitre 30, Dieu dit en parlant de la loi d'amour qu'Il donne aux hommes :
" Cette loi que je te prescris aujourd'hui n'est pas au-delà de tes moyens, ni hors de ton atteinte…la parole est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur pour que tu la mettes en pratique ".

Et le prophète Michée, au chapitre 6, rappelle :
" On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Yahvé ton Dieu réclame de toi : rien d'autre que d'accomplir la justice, d'aimer avec tendresse et de marcher humblement avec ton Dieu ".
   
Dans l'Évangile, Jésus reprend, dans Mathieu 7 :
" Tout ce que vous désirez que les autres fassent pour vous, faites le vous-même pour eux : voilà la loi et les prophètes ".
Et plus loin, au chapitre 25, dans la parabole des talents, Jésus précise que l'accomplissement de cette loi d'amour est à notre portée et qu'elle se vit avant tout dans les petites choses ; au serviteur fidèle Il dit :
" Tu as été fidèle dans les petites choses, Je t'en confierai de plus grandes, entre dans la joie de ton Seigneur ".

L'écrivain Claire Booth Luce, dans " Les saints que nous aimons " note : " Les vies de la quasi-totalité d'entre nous ne sont-elles pas faites de petites choses ? Mais pour la plupart, une douzaine d'ennuis, d'agacements, d'inquiétudes, de déceptions et de fatigues subies chaque jour, aboutissent aux aspirines, aux cocktails, aux ulcères, aux maladies, aux dépressions nerveuses, ou même au suicide. Thérèse de Lisieux les fit aboutir à la sainteté ".

Regardons en effet la petite Thérèse dans son Carmel. Au lavoir, une religieuse lui envoie régulièrement des gouttes d'eau sale. Au lieu d'en être agacée, elle décide que ces petites gouttes d'eau sale se transforment en roses qu'elle offre à Jésus pour les pécheurs.
Dans l'allée du couvent, une religieuse rencontre Thérèse, bien fatiguée. Elle lui dit : " cette promenade vous épuise ". Thérèse répond, déjà très malade : " c'est vrai, mais savez-vous ce qui me donne des forces ? Je marche pour un missionnaire ! Pour diminuer ses fatigues, j'offre les miennes au Bon Dieu ".
Rappelons que la petite Thérèse est celle qui a dit : " Je n'ai jamais fait de pénitences … simplement retenir une parole de réplique, rendre de petits services sans le faire valoir, voilà mes petits sacrifices ".

Tournons aussi nos regards vers Bénilde Romançon, frère des Écoles Chrétiennes au 19 ème siècle, dans la Haute Loire. Sa vie d'instituteur et de directeur d'école se passe à aider les enfants, surtout les plus faibles et les plus pauvres, à devenir des hommes. Parlant du terrible quotidien assuré par le frère Bénilde, le pape Pie XI dit de lui lors de sa canonisation : " La sainteté ne consiste pas à faire des choses extraordinaires, mais des choses communes d'une manière non commune ".

Citons encore le frère carme Laurent de la Résurrection, cuisinier de sa communauté, au 17 ème siècle à Paris. Il écrit : " il n'est pas nécessaire d'avoir de grandes choses à faire. Je retourne ma petite omelette dans ma poêle pour l'Amour de Dieu … on cherche des méthodes pour apprendre à aimer Dieu. N'est-il pas bien plus court et bien plus droit de tout faire pour l'Amour de Dieu, de se servir de toutes les œuvres de son état pour entretenir sa présence en nous par ce commerce de notre cœur avec Lui ? "

 

 

 

Posté par saintsdefrance à 17:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]