dimanche 6 décembre 2009

Joie et sainteté

      « Le vrai secret de la joie chrétienne est l’amour miséricordieux du Père » nous dit Benoît XVI.

      Et cette joie peut cohabiter avec la souffrance nous explique saint Jean Paul II :
« Savoir que Dieu n’est pas loin mais proche, qu’il n’est pas indifférent mais plein de compassion, qu’il n’est pas étranger mais Père miséricordieux qui nous suit avec amour en respectant notre liberté : tout cela est le motif d’une joie profonde que les diverses péripéties de la vie quotidienne ne peuvent entamer.
La joie chrétienne a une caractéristique unique, celle de pouvoir cohabiter avec la souffrance, car elle est entièrement fondée sur l’amour.
En effet, le Seigneur qui nous « est proche », au point de se faire homme, vient transmettre sa joie, la joie d’aimer.
C’est le seul moyen de comprendre la joie sereine des martyrs y compris au cœur de l’épreuve, ou le sourire des saints de la charité face à celui qui souffre : un sourire qui n’offense pas mais qui console
» (14-11-2003).

     Jacques Lebreton perd accidentellement l'usage de ses mains et de ses yeux à 20 ans. Rappelons son témoignage sur la cohabitation de la souffrance et de la joie : «  J'ai montré mes moignons à Dieu et j'ai hurlé : " Si tu es bon, montre-le ! … Il a dit en moi : " Je suis là Jacques, Je suis en toi un Dieu aveugle et sans mains ". J'ai pleuré de joie sur mon lit d'hôpital … La joie des infirmes est la plus belle preuve de l'existence de Dieu ».

      Dans l'Evangile, dans Jean chapitre 15, Jésus donne ses derniers conseils à ses disciples avant d'offrir sa vie :
" Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour … Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés ".

      Quant à Paul VI, il insiste sur le fait que cette joie chrétienne ne nous coupe pas du monde bien au contraire :
" La joie chrétienne suppose un être capable de joies naturelles : apprendre à goûter simplement les multiples joies humaines que le Créateur met sur nos chemins.
Joie exaltante de l'existence et de la vie, joie pacifiante de la nature et du silence, joie de l'amour chaste et sanctifié, joie austère du travail soigné, joie transparente de la pureté, du sourire, du partage
".

      Cette joie chrétienne résulte de l’amour, c'est-à-dire du  don de soi. De nombreux non chrétiens ont expérimenté cette joie. Ecoutons le poète hindou Rabîndranâth Tagore :
      " Je dormais et je rêvais que la vie était joie.
        Je me réveillais et je vis que la vie était service.
        Je servis et je vis que le service était joie ".

LA JOIE : SIGNE DE SAINTETÉ

      Le philosophe  Nietzsche n’avait-il pas raison de s’exclamer : " Je croirai aux chrétiens quand ils auront des airs de sauvés ".

     Rappelons le célèbre mot de François de Sales : " Un saint triste est un triste saint ".

     Dans le Psaume 5, le psalmiste s'écrie :
" Joie pour tous ceux que Tu abrites, réjouissance à jamais, Tu les protèges, en Toi exultent ceux qui aiment Ton Nom ".

     Mère Teresa remarque : «La joie est un signe de l’union à Dieu»

    Le vrai saint est celui qui rayonne la joie et qui en vit, Marie en est le modèle :
« Proche du Christ, Marie récapitule en elle toutes les joies, elle vit la joie parfaite promise par le Christ à l’Eglise. Elle est la Mère pleine de sainte joie » (Paul VI).

    Dans son livre « N’ayez pas peur de vivre dans la joie » l’abbé Thierry Lelièvre nous invite à réfléchir à la manière dont Marie vivait cette joie :
« Tout en connaissant sa mission, Marie n’habite pas les hauts cartiers, mais le domicile des pauvres gens.
Les voisines ne se sont pas rendu compte du mystère caché de sa vie, aux apparences aussi terre à terre.
Elle nous enseigne à recevoir la vie quotidienne comme le chantier où se construit notre salut.
Elle nous montre la joie dans les signes de la présence de Dieu, dans la vie normale, à tout instant, en méditant tout cela dans son cœur
».

LA JOIE : CHEMIN DE SAINTETÉ

     Dans le Psaume 32, nous trouvons un vibrant appel à la joie :
" Réjouissez-vous dans le Seigneur, exultez et jubilez, vous les justes, poussez des cris de joie, tous les hommes au cœur droit ! ".

     Le livre de l'Ecclésiastique, au chapitre 30, nous donne l'enseignement suivant :
" Ne livre pas ton âme à la tristesse et ne t'afflige pas toi-même avec tes pensées. La joie du cœur, voilà la vie de l'homme, et l'allégresse de l'homme lui donne de longs jours".

      Et dans l'Epître au Romains au chapitre 12, saint Paul nous dit encore :
" Soyez  joyeux dans l'espérance,  constants dans l'affliction,  assidus dans la prière ".

     L’abbé Thierry Lelièvre, dans le livre cité ci-dessus, nous invite à tout faire pour être joyeux :
« Donner à Dieu la joie de nous voir heureux pour Lui, nous associer à sa joie. Le véritable amour nous conduit à accepter d’être des gens heureux. La religion chrétienne n’est pas la religion du repli sur soi mais de l’ouverture  à Dieu et au prochain, religion ou la tristesse est dépassée et transformée en joie ».

     Séraphin de Sarov, ce prêtre et starets russe du 18-19 ème siècle nous montre la richesse de la gaieté toute simple :
" La gaieté chasse la fatigue, or, de la fatigue, provient le découragement, rien de pire ! … un mot bienveillant, joyeux, encourageant, aide l'esprit de l'homme à se tenir dans la joie devant Dieu ".

     La petite Thérèse écrit : " C'est la pensée d'accomplir la volonté du Seigneur qui fait toute ma joie "

     Et Mère Térésa aime répéter : " La vraie sainteté consiste à accomplir la volonté de Dieu avec le sourire ".

     Marcel Van, religieux vietnamien catholique interné dans un  camp constate :
« Plus j’avance, plus je vois que la sainteté c’est une vie où il faut changer la tristesse en joie ».

     
     Concluons par ces mots de saint Jean Bosco à Dominique Savio, futur jeune saint qui lui demande ce qu'il faut pour devenir saint :
" Il faut beaucoup de courage et être toujours joyeux ".

     Et soyons convaincu que le bonheur est déjà à notre portée sur cette terre, comme le rappelle saint Jean XXIII dans son décalogue :
"Rien qu'aujourd'hui, je serai heureux, dans la certitude d'avoir été créé pour le bonheur, non seulement dans l'autre monde mais également dans celui-ci."

     Ayons donc le profond désir de vivre davantage dans la joie.
Et avec l’aide de Dieu, sachons nous réjouir de la joie des autres, de la sainteté des saints.
Ssoyons contents non de nous-mêmes mais de Dieu, de son Amour pour tout homme.

Ainsi nous nous sentirons de plus en plus proche de  tous ceux qui nous attendent au Ciel.

 

 

 

 

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