mardi 26 janvier 2010

Le pardon

POUR DEVENIR DES SAINTS ACCUEILLONS LE PARDON DE DIEU ET DEVENONS DES ÊTRES DE PARDON

Dans l'Ancien Testament, les prophètes chantent le pardon de Dieu pour les hommes. Dans le psaume 130, le prophète royal s'écrie : " Chez Toi, Yahvé, est le pardon et de cela nous vivons ". 

Le prophète Baruch s'exclame : " Qui est comme Toi, Yahvé, qui te plaît à pardonner ? "

Dans l'Evangile, Jésus parle à maintes reprises du pardon : dans Mathieu, chapitre 18, Pierre demande à Jésus : " Devrai-je pardonner à mon frère jusqu'à 7 fois ? " Et Jésus répond, non sans humour : " Je ne te dis pas jusqu'à 7 fois, mais jusqu'à 77 fois 7 fois !
Dans la parabole du serviteur impitoyable qui refuse d'être miséricordieux envers son compagnon qui lui doit quelques sous alors que son maître vient de lui remettre toute sa forte dette parce qu'il l'en avait supplié, Jésus fait dire au maître : " Ne devais-tu pas avoir pitié de ton compagnon comme j'ai eu pitié de toi ? " Dans Mathieu, chapitre 6, Jésus dit clairement : " Si vous ne remettez pas aux hommes leurs manquements, votre Père céleste non plus ne vous remettra pas vos manquements ". Et, dans  Le Notre Père, Jésus nous enseigne à prier ainsi : " Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ". 

Quant au Catéchisme de l'Église Catholique, il reprend :
" Le flot de miséricorde ne peut pénétrer notre cœur tant que nous n'avons pas pardonné à ceux qui nous ont offensés " …" Le cœur qui s'offre à l'Esprit Saint retourne la blessure en compassion et purifie la mémoire en transformant l'offense en intercession ".

Voici quelques saints et spirituels qui nous parler du pardon :

Romano Guardini, théologien, écrit : " Le pardon de Dieu est créateur … Il fait que celui qui était pécheur ne l'est plus. Dieu le fait entrer dans sa sainteté ". 

Le pasteur Roger Schutz, note : " Par son pardon, Dieu enfouit notre passé dans le Cœur du Christ et apaise les blessures secrètes de notre être ! " … " Le cœur trouve une paix quand, blessé ou humilié, il confie à Dieu, sans attendre un instant, ceux qui l'ont heurté et malmené ".

Le curé d'Ars dit avec finesse : " Dans le ciel, il n'y a pas de rancune ; aussi les cœurs bons et humbles, qui reçoivent les calomnies avec joie ou indifférence, commencent leur paradis dans le monde ".             
Il répond un jour à un pèlerin qui lui dit : " J'ai fait trop de mal, le Bon Dieu ne peut me pardonner " : " Parler ainsi, c'est mettre une borne à la miséricorde de Dieu, et elle n'en a pas : elle est infinie ! "

Dans sa prison, le criminel Jacques Fesch se laisse peu à peu saisir par la miséricorde de Dieu. Le cœur contrit et humilié, il écrit dans ses derniers moments avant de monter à l'échafaud à l'âge de 27 ans :
" Je pleure de joie dans la certitude d'être pardonné ".

Jean Chrysostome, docteur de l'Église au 4 ème siècle, nous livre ces fortes paroles : " Le Christ a choisi, pour ses ultimes pardons, des sommets d'iniquités pour ne nous laisser aucun prétexte de désespérance ".

Et le prêtre canadien André Daigneault dit aussi : " Le Père, par Jésus crucifié, veut révéler son visage à tous les larrons du monde, pour leur offrir sa miséricorde et son pardon. " … " L'abîme de la misère appelle le sommet de la miséricorde " … " Combien de démunis, de marginaux, de détenus, d'ex-drogués comprennent l'Évangile bien mieux que les savants et les justes ".

" Pardonne leur, Père, car ils ne savent pas ce qu'ils font ", s'écrie Jésus sur la Croix avant de rendre son esprit à Dieu son Père. A sa suite, le diacre Étienne, pendant sa lapidation, s'écrie aussi : " Seigneur, ne leur impute pas ce péché ".

Les saints pardonnent tous à ceux qui les font souffrir, et cela dans les situations les plus diverses :

Vincent de Paul, au 16-17 ème siècle, dit à la suite d'une accusation injuste portée contre lui dans un procès : " le Bon Dieu nous veut exercer. Notre Seigneur en a souffert bien d'autres " ; Et Vincent de Paul ne veut pas que la moindre parole agressive soit dite contre le plaignant.

Pendant le siège de Lyon en 1794, Claudine Thévenet, qui fondera un ordre pour l'éducation des orphelines, assiste à 20 ans à l'exécution de deux de  ses frères. En chemin, l'un d'eux, Louis Antoine, parvient à dire à sa sœur : " Glady, pardonne comme nous pardonnons ".

En 1902, en Italie, une enfant de 12 ans : Maria Goretti, est étendue sur un lit d'hôpital, le corps percé de 14 coups de poinçon. Elle a refusé de céder à son assassin qui voulait abuser d'elle. Elle murmure avant de mourir :
" Je lui pardonne, je veux qu'il soit avec moi au Ciel ".

Bakhita, au 19-20 ème siècle, est une jeune soudanaise vendue sur le marché des esclaves, rachetée ensuite puis libérée. Elle reçoit le baptême et devient religieuse. Elle a été canonisée par Jean Paul II. Elle disait : " Si je rencontrais ces négriers qui m'ont enlevée, je m'agenouillerais pour leur baiser les mains … peut-être ne savaient-ils pas qu'ils me faisaient si mal…Il faut être indulgent, ils ne connaissaient pas le Seigneur ".

En 1996, Christian de Chergé, un des sept moines trappistes assassinés en Algérie par des islamistes intégristes, note dans son testament dont voici des extraits : " S'il m'arrivait d'être victime du terrorisme … j'aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait …de pardonner de tout cœur à qui m'aurait atteint … Toi aussi, l'ami de la dernière minute … qu'il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, dans le Paradis ".

Terminons sur ces mots du jésuite Pierre Van Breemen : " Le pardon est l'achèvement de l'amour … Le pardon engendre une vie nouvelle ".

Posté par saintsdefrance à 19:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]