jeudi 13 mai 2010

La simplicité

LA SAINTETÉ SUPPOSE LA SIMPLICITÉ DU CŒUR

Le pape Jean XXIII écrit :
" Plus je vais et plus je constate la dignité et la beauté conquérante de la simplicité dans les pensées, dans le comportement, dans les paroles. "
Disposition qui cherche à simplifier tout ce qui est compliqué, à tout ramener au maximum de spontanéité et de charité sans s'inquiéter de tours et de détours savants dans la pensée et les paroles.
Être simple avec prudence, quel enseignement ! "

Dans le livre des Proverbes, au chapitre 9, la Sagesse invite les petits  à écouter sa voix, elle proclame sur les hauteurs de la cité : "Qui  est simple, qu'il passe par ici ".

Le psalmiste s'écrie, dans le psaume 131 : " Yahvé, mon cœur ne s'est pas gonflé ni mes yeux haussés. Je n'ai pas pris un chemin de grandeur ni de prodiges qui me dépassent. Non, je tiens mon âme en paix et silence comme un enfant tout contre sa mère ".

Jésus nous dit, dans Mathieu au chapitre 11, que l'Évangile est révélé aux simples :
" Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux habiles et de l'avoir révélé aux tout petits ".
Puis, au chapitre 18, Jésus ajoute : " Si vous ne devenez comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux ".

Les saints ont tous vécu cette simplicité du cœur, faite avant tout d'abandon confiant et de petitesse. Voici quelques anecdotes qui illustrent cette simplicité à travers des moments particuliers de leur vie :

François de Sales, au 16-17 ème siècle, répond à une personne qui se moque de ceux qui prient Antoine de Padoue pour retrouver les objets perdus : " Vraiment, Monsieur, j'ai envie que nous fassions ensemble un vœu à ce saint pour recouvrer ce que nous perdons tous les jours, vous la simplicité chrétienne et moi l'humilité dont je néglige tant la pratique ".

Louis de Gonzague, au 16 ème siècle, jeune novice jésuite italien, est en récréation. Un frère lui demande : " que feriez vous si à l'instant même on vous annonçait votre mort imminente ? " Louis répond : " Eh bien, je continuerais à rester à la récréation ".

Bernadette, la voyante de Lourdes, devenue religieuse, passe 4  ans de sa vie alitée. A une religieuse qui lui reproche d'être allongée à ne rien faire, elle lui répond : " je fais mon emploi de malade ". 

Plus près de nous, dans son livre : les témoins de l'avenir, Daniel-Ange, qui dirige l'école d'évangélisation  Jeunesse-Lumière, nous parle de deux jeunes, modèles de sainteté :

Bernard Meynier, dans l'Isère, est un jeune lycéen décédé d'un cancer généralisé en 1978, à l'âge de 17 ans. Il aime la danse et exprime par son corps une joie et une simplicité qui fera dire à un de ses camarades : " c'est lui qui m'a appris à être simple ! ". A l'église, il aime battre des mains spontanément. Avant l'évolution rapide de sa maladie, il écrit :
" Oh ! Que ce monde  est compliqué, Seigneur, alors que tu me demandes d'être simple ! aide-moi à trouver cette simplicité afin de ne pas perdre ta lumière de vue ". 

Claire Astrid Muambule est une jeune religieuse clarisse zaïroise décédée d'un cancer de la face en 1984, à l'âge de 24 ans. Elle écrit :  " Avec Dieu, je suis comme un petit enfant, joue contre joue … je suis contente de tout … ne vous inquiétez de rien, parce que le Seigneur est avec moi. Je suis dans Sa Main ".

Si la simplicité du cœur est faite avant tout d'abandon, elle est faite aussi de bon sens. Voici d'autres anecdotes, dont certaines ne manquent pas de saveur :

François de Sales écrit à Angélique Arnaud, abbesse de Port Royal :
" Manger peu, travailler beaucoup, avoir beaucoup de tracas d'esprit et refuser le dormir du corps, c'est vouloir tirer beaucoup de services d'un cheval qui est efflanqué et à qui on ne donne pas à manger ".
Un peu plus loin, il écrit encore :
" Vous lui êtes trop sévère à la pauvre fille ; il ne faut point lui faire tant de reproches, puisqu'elle est fille de bons désirs … qu'elle regarde plutôt Notre Seigneur qui, du haut du Ciel, la regarde comme un père regarde son enfant, et s'il tombe, l'encourage et lui tend la main ". 

Thérèse d'Avila et Jean de la Croix reçoivent de délicieux raisins. Le père Jean s'exclame : " si on pensait à la justice de Dieu, on n'en mangerait jamais ! " Et Thérèse de rétorquer : " Certes, mais si on pensait à la bonté de Dieu, on en mangerait toujours ! ".
Un autre jour, Thérèse mange à la table d'un grand personnage : Don Michel de Marabès. On sert de la perdrix. Une personne est surprise qu'une religieuse de cette réputation accepte qu'on lui serve un tel plat. Thérèse répond alors : " Ma chère, dites-vous bien ceci :  quand il y a des perdrix, on mange des perdrix ; et quand c'est le temps de la pénitence, on fait pénitence ! ".

Évoquons, pour terminer cette émission, la belle figure de Monseigneur Alain de Boismenu, évêque des Papous, en Nouvelle Guinée, au 20 ème siècle. Un ami lui demande, non sans quelque malice car il pense qu'il a un saint en face de lui :
" A quel signe reconnaît-on la sainteté ? " La réponse jaillit du cœur du vieux missionnaire :
" On reconnaît la sainteté, au naturel ". 

Posté par saintsdefrance à 09:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]