jeudi 7 avril 2016

COMME LES SAINTS NOUS NE POUVONS AIMER LE CHRIST SANS AIMER L'EGLISE

Le cardinal Lustiger explique qu'on ne peut prétendre à la sainteté sans aimer l'Eglise :
 " La vocation personnelle est inséparable de la vocation de toute l'Eglise : beaucoup sont enclins à faire de la sainteté une question individuelle, sans rapport avec leur relation à l'Eglise (…) Mais cette attitude envers l'Eglise revient à oublier que la vocation personnelle de chacun à la sainteté n'a de sens qu'à l'intérieur de la vocation commune du peuple de Dieu ".

Jeanne d'Arc, devant ses juges, déclare avec le bon sens qui la caractérise :
" Il me semble que c'est tout un, Notre Seigneur et l'Eglise ; cela ne fait pas de différence ".

Et saint Irénée affirme :
 " Où est l'Eglise, là aussi est L'Esprit de Dieu, où est l'Esprit de Dieu, là est l'Eglise, avec toute grâce …"

Quant à Paul VI, il précise :
" Nous pouvons entendre des personnes …répéter qu'elles prétendent aimer le Christ sans l'Eglise … L'absurdité de cette dichotomie apparaît nettement dans cette parole de l'Evangile : " Qui vous rejette me rejette ". Comment vouloir aimer le Christ sans aimer l'Eglise, si le plus beau témoignage rendu au Christ est celui de saint Paul : " Il a  aimé l'Eglise et s'est livré pour Elle ".

Ecoutons quelques saints nous parler de leur amour pour l'Eglise :

Catherine de Sienne, au 14 ème siècle, jeune femme mystique et illettrée, lutte pour l'unité de l'Eglise et la paix en Europe. Elle écrit :
" Je meurs de passion d'amour pour l'Eglise ".  Elle sera proclamée docteur de l'Eglise.

Jeanne d'Arc, au 15 ème siècle, répond à ses juges qui lui demandent si elle accepte de se soumettre à l'Eglise :
" L'Eglise, je l'aime, et je la voudrais soutenir de tout mon pouvoir pour notre foi chrétienne ! "

John Fisher, évêque au 16 ème siècle en Angleterre, avant d'être décapité pour sa fidélité à l'Eglise de Rome, proclame :
" Je suis ici pour mourir pour la foi de l'Eglise Catholique et du Christ ! "

Elisabeth Seton, au 18-19 ème siècle, à New York, est une mère de famille fondatrice de nombreuses œuvres caritatives. Avant de mourir, elle dit à ses sœurs :
" Je vous l'ai souvent répété : soyez  fille de l'Eglise ! "

Frédéric Ozanam, au 19 ème siècle, béatifié par Jean Paul II, père de famille,  est professeur à la Sorbonne. Il écrit :
" J'ai connu les doutes du siècle présent, mais toute ma vie m'a convaincu qu'il n'y a de repos pour l'esprit et le cœur que dans la foi de l'Eglise et sous son autorité ".

Plus près de nous, Paul Claudel  dit à son ami écrivain Jacques Rivière qui vient de se convertir au catholicisme :
 " Croyez-moi, j'ai beaucoup vécu et beaucoup voyagé. J'ai découvert bien des idées nouvelles et des doctrines inconnues. C'est l'Eglise qui a raison ! "
 Et il s'exclame :
" Bienheureuse Mère Eglise, sur les genoux de laquelle j'ai tout appris ! "

Quant à l'écrivain Maurice Clavel, il note :
" Le Christ m'a appelé par mon nom grâce à des gens qui savaient Son nom. S'il faut une définition de l'Eglise, c'est celle-là que j'adopte ".

Le pasteur Roger Schutz nous rappelle avec délicatesse que l'Eglise est faite d'hommes imparfaits mais que la présence du Christ l'illumine. Ecoutons-le :
" Dans cette communion d'amour qu'est le Corps du Christ, son Eglise, s'introduisent parfois des inconséquences.
Elles font beaucoup souffrir. Alors, allons-nous fuir cette communion ? Non, jamais !
Nous ne pouvons qu'accourir, du bout du monde s'il le faut, et discerner le miracle d'une présence, celle du Christ, le Ressuscité." … "
Quand, inlassablement l'Eglise écoute, guérit, réconcilie, Elle devient ce qu'elle est au plus lumineux d'elle même, une communion d'amour, de compassion, de consolation, limpide reflet du Christ ressuscité
".

Georges Bernanos, dans ses ouvrages, s'exprime longuement et avec finesse sur le mystère d'une Eglise faite de pécheurs appelés à la sainteté :
" Qui approche de l'Eglise avec méfiance, ne croit voir que des portes closes, des barrières et des guichets, une espèce de gendarmerie spirituelle …
Mais notre Eglise est l'Eglise des saints !
Qui ne voudrait avoir la force de courir cette admirable aventure car la sainteté est une aventure : elle est même la seule aventure !
Notre Eglise est l'Eglise des saints.

On en revient toujours aux saints qui ne sont ni des surhommes ni des héros, mais des pécheurs pardonnés, réconciliés …".
La sainteté n'est pas un luxe mais une nécessité".
Georges Bernanos ajoute :
" Si le monde était le chef d'œuvre d'un architecte soucieux de symétrie, où d'un professeur de logique, d'un Dieu déiste, en un mot, l'Eglise offrirait le spectacle de la perfection, de l'ordre, la sainteté y serait le premier privilège du commandement, chaque grade de la hiérarchie correspondant à un grade supérieur de sainteté, jusqu'au plus saint de tous, le pape bien entendu…
Allons ! loin de vous sentir à l'aise dans cette Eglise là, … vous resteriez au seuil de cette congrégation de surhommes, tournant votre casquette entre les mains comme un pauvre clochard à la porte d'un grand hôtel.

 Et il conclue alors avec tendresse :
L'Eglise est une maison de famille, une maison paternelle, et il y a toujours du désordre dans ces maisons là, les chaises ont parfois un pied de moins, les tables sont tachées d'encre, et les pots de confitures se vident tout seuls dans les armoires …
"

Terminons sur ces mots de Jean Paul II :
 " Les saints sont les témoins visibles de la sainteté mystérieuse de l'Eglise. Ce sont les saints que l'Eglise canonise, mais aussi tous les saints cachés et anonymes : ils sauvent l'Eglise de la médiocrité, ils la réforment du dedans et l'entraînent par contagion ".

Posté par saintsdefrance à 09:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]