samedi 9 avril 2016

NOTRE MISERE ET NOTRE FAIBLESSE NE SONT PAS DES OBSTACLES A LA SAINTETE !

L'écriture, à la fois réaliste et pleine d'espérance, donne l'avertissement suivant dans le livre des Proverbes, au chapitre 24 :
 " Le juste tombe sept fois par jour, mais il se relève.

"Le saint n'est donc pas celui qui ne tombe jamais, mais celui qui, quelle que soit la chute, se relève toujours ". Ces paroles du théologien franciscain Bernard Marie nous introduisent au cœur de la question.

Jésus, dans l'Evangile, en Mathieu 9, a cette parole incisive :
 " Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs ".

Saint Paul nous dit, dans 2 Corinthiens au chapitre 12 :
" C'est de grand cœur que je me glorifierai de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ . . . car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort ".

Le Père Chevignard, théologien dominicain, écrit :
" C'est dans l'expérience toujours désolante de sa faiblesse que l'âme prend conscience qu'elle n'a pas de force à elle, mais que la force du Christ habite en elle. Le saint n'a donc pas de force en lui, mais toute sa force est en Dieu ".

Quelques saints nous ont laissé des enseignements très riches sur cette misère et cette faiblesse dans lesquelles nous nous reconnaissons si bien et qui semblent nous barrer la route sur le chemin de la sainteté.

Au 12 ème siècle, saint Bernard, moine cistercien docteur de l'Eglise écrit en parlant de lui-même :
" Le Seigneur m'a appelé … mais moi je suis un grimpeur lent, un voyageur paresseux, je cherche les détours… Me voilà paresseux au travail manuel, somnolent aux offices, rapide à m'enflammer de colère, tenace dans mes rancunes ".

Il constate qu'il y a deux mauvaises façons de pécher :
" Ou bien en tombant dans le péché on tombe aussi dans la honte et dans la culpabilité morbide ou bien on tombe dans l'impudence et dans l'effronterie ".

Il comprend qu'il y a aussi, si l'on peut dire, une bonne façon de tomber et découvre la richesse contenue dans notre misère et notre faiblesse. Ecoutons-le :
" Il faut bien que chacun de nous tombe de temps à autre, mais est-ce que cette chute ne coopère pas à notre bien si elle nous rend plus humbles et plus avertis?"

" C'est dans la tentation, au moment où chacun éprouve sa faiblesse, que l'on peut en toute vérité s'adresser à Dieu comme à son unique soutien : car Il est tellement prêt à recevoir celui qui tombe, qu'Il donne l'impression d'avoir laissé tous les autres et de ne s'occuper que de lui ".

Au 16-17 ème siècle, François de Sales, évêque de Genève et docteur de l'Eglise, perçoit clairement le lien qui existe entre la misère de l'homme et la miséricorde infinie de Dieu. Il écrit :

" Plus nous sommes misérables, plus nous devons nous confier en la bonté et miséricorde de Dieu ; Car, entre la miséricorde et la misère, il y a une si grande liaison, que l'une ne peut s'exercer sans l'autre … Le trône de la miséricorde de Dieu, c'est notre misère ".

Dans une lettre à celle qui deviendra sainte Jeanne de Chantal, fondatrice de l'ordre de la Visitation, il note :
" Aimez votre chétive condition, glorifiez-vous de n'être rien, soyez-en bien aise, puisque votre misère sert d'objet à la bonté de Dieu pour exercer sa miséricorde ".

A la fin du 19 ème siècle, la petite Thérèse de l'Enfant Jésus, dans son Carmel, nous dit joliment :
" Etre petit, c'est de ne point se décourager de ses fautes, car les enfants tombent souvent, mais ils sont trop petits pour se faire beaucoup de mal ".
" Je ne m'étonne plus de rien, je ne me fais pas de peine en voyant que je suis la faiblesse même, au contraire c'est en elle que je me glorifie et je m'attends chaque jour à découvrir en moi de nouvelles imperfections ".

S'adressant à une de ses sœurs, elle dit :
" Et si le Bon Dieu vous veut faible et impuissante comme une enfant, croyez-vous que vous aurez moins de mérites ?
Consentez donc à trébucher à chaque pas, à tomber même, à porter vos croix faiblement ;
Aimez votre impuissance, votre âme en retirera plus de profits que si, portée par la grâce, vous accomplissiez avec élan des actions héroïques qui rempliraient votre âme de satisfactions personnelles et d'orgueil
".

Elle écrit ailleurs :
" La peine qui abat vient de l'amour propre.
La peine qui est surnaturelle relève le courage.
On est heureux de se sentir faible et misérable parce que, plus on le reconnaît humblement, attendant tout gratuitement du Bon Dieu, et sans aucun mérite de notre part, et plus le Bon Dieu s'abaisse vers nous pour nous combler de ses dons avec abondance
".

Pour terminer cette émission, voici un petit fait survenu à la fin de la vie de la petite Thérèse.

Sur son lit de malade elle a un geste d'impatience pour attraper le verre d'eau qu'une sœur tarde à lui donner. Comme celle-ci lui en fait la remarque, Thérèse répond paisiblement :
" Que je suis heureuse de me voir imparfaite, et d'avoir tant besoin de la miséricorde du Bon Dieu au moment de ma mort ".

N'ayons pas peur de notre misère et de notre faiblesse, acceptons la, c'est à travers elle que Dieu veut nous conduire à la sainteté.

Posté par saintsdefrance à 12:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]