Lettre du pape Grégoire IX au Roi de France Louis IX

                      du 21 octobre 1239

"Dieu, auquel obéissent les légions célestes, ayant établi ici-bas des royaumes différents, suivant la diversité des langues et des climats, a conféré à un grand nombre de gouvernements des missions spéciales pour l'accomplissement de Ses desseins.

Et comme autrefois Il préféra la tribu de Juda à celles des autres fils de Jacob et comme Il la gratifia de bénédictions spéciales, ainsi Il choisit la France, de préférence à toutes les autres nations de la terre, pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse.

Pour ce motif, la France est le Royaume de Dieu même, les ennemis de la France sont les ennemis du Christ.

De même qu'autrefois la tribu de Juda reçut d'en-haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du patriarche Jacob ;
de même le Royaume de France est au-dessus de tous les autres peuples, couronné par Dieu lui-même de prérogatives extraordinaires.
La tribu de Juda était la figure anticipée du Royaume de France.

La France, pour l'exaltation de la foi catholique affronte les combats du Seigneur en Orient et en Occident.
Sous la conduite de ses illustres Monarques, elle abat les ennemis de la liberté de l'Église.

Un jour, par une disposition divine, elle arrache la Terre Sainte aux Infidèles ; un autre jour, elle ramène l'Empire de Constantinople à l'obéissance du Siège Romain.

De combien de périls le zèle de ses Monarques a délivré l'Église !

La perversité hérétique a-t-elle presque détruit la foi dans l'Albigeois, la France ne cessera de la combattre, jusqu'à ce qu'elle ait presque entièrement extirpé le mal et rendu à la foi son ancien empire.

Rien n'a pu lui faire perdre le dévouement à Dieu et à l'Église ;
là l'Église a toujours conservé sa vigueur ;
bien plus, pour les défendre, Rois et Peuples de France n'ont pas hésité à répandre leur sang et à se jeter dans de nombreux périls...

Nos prédécesseurs, les Pontifes romains, considérant la suite non interrompue de louables services, ont, dans leurs besoins pressants, recouru continuellement à la France ;
la France, persuadée qu'il s'agissait non de la cause d'un homme mais de Dieu, n'a jamais refusé le secours demandé ;
bien plus, prévenant la demande, on l'a vue venir d'elle-même prêter le secours de sa puissance à l'Église en détresse.

Aussi, nous est-il manifeste que le Rédempteur a choisi le béni Royaume de France comme l'exécuteur spécial de Ses divines volontés ;
Il le porte suspendu autour de Ses reins, en guise de carquois ;
Il en tire ordinairement ses flèches d'élection quand, avec l'arc, Il veut défendre la liberté de l'Église et de la Foi, broyer l'impiété et protéger la justice... ".

NB : Cette lettre a été rappelée par saint Pie X, le 13 décembre 1908, lors de la béatification de Jeanne d'Arc, et reçue par le gouvernement anticlérical de l'époque, réuni à la cathédrale pour l'occasion.

Source :  http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/10/cest-arriv%C3%A9-un-21-octobre.html

 

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dimanche 11 mars 2012

La vocation de la France par Mgr REY, évêque de Toulon

Nuit de prière pour Prier pour la France

Le 16 mars 2012 dans la Cathédrale de Toulon (à 20h30)

Lettre de Monseigneur Rey  :

Des liens solides et privilégiés se sont formés depuis le baptême de Clovis, premier roi barbare à embrasser le christianisme romain, entre la France et l’Eglise.
Dans son encyclique au titre révélateur, Nobilissima Gallorum Gens, publiée le 8 février 1884, le pape Léon XIII parlait de la France, « nation catholique … qui par son rayonnement culturel et spirituel, joua longtemps un rôle de colonne de l’Eglise. »

Au cours de sa visite apostolique en 1980, Jean-Paul II adressait une adjuration pathétique aux chrétiens de France : « France, fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » … « France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ?»

Les peuples, comme les personnes, ont une âme et une vocation à remplir, en toute liberté.
Une nation est une famille de familles qui a sa physionomie, son histoire temporelle et spirituelle particulières.
Elle constitue un patrimoine principalement moral et religieux à l’intérieur d’un corpus de coutumes et de traditions, de monuments et de fêtes, rappelant à chaque citoyen qu’il ne doit à lui-même ni sa vie, ni son mode de vie, ni la langue qu’il parle, ni la culture, ni l’éducation qu’il a reçue.
D’emblée l’être humain est constitué débiteur de tous ces biens.
Le mot patrie signifie en latin « la terre des pères ». Ce terme fait donc le lien avec l’histoire, le patrimoine. Il y a quelque chose de charnel en lui.

L’amour de Dieu est certes le même pour tous les peuples de la surface du globe, même si ces derniers ne Le connaissent pas encore. Mais chacune des nations est aimée d’un amour de prédilection, qui correspond à son « genre de beauté » propre, c’est-à-dire à sa vocation communautaire spécifique.

Le rayonnement de la France à travers le monde s’enracine dans sa vocation chrétienne, source toujours vivantes d’une culture riche de poètes et d’écrivains, de philosophes et de théologiens, de penseurs et d’artistes de génie, surgis d’un terreau fécondé par la foi des apôtres et irrigué du sang des martyrs.
On peut dire que l’Eglise catholique a fait la France et que la France, dès l’origine s’est vouée à la défense de l’Eglise catholique.
Notre géographie est recouverte du manteau d’églises, de sanctuaires et de cités, qui souligne combien la foi a embrassé notre histoire. 

Cette mémoire chrétienne est pour nous encore référence et espérance pour le futur.
St Pie X le prophétisait ; « Va, fille aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter comme par le passé, mon nom, devant tous les peuples et tous les rois de la terre ».
Cette mémoire est source de responsabilité pour l’expression de la laïcité et les choix éthiques, sociaux et politiques que notre pays devra poser aux prochaines élections présidentielles et législatives, et permette à la nation française d’inscrire son avenir dans la fidélité à sa vocation chrétienne.

Pays des droits de l’homme et de la liberté, de la « socialité raffinée » (Jean-Miguel Guarrigues), d’une culture humaniste qui se veut universelle au risque de tomber dans la suffisance, et le rationalisme, la France est un pays « anthropocentré » P. Bernard Peyrous.
Si « l’Eglise ne peut ou ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible… » Benoît XVI – Deus caritas est n°28), elle contribue néanmoins au bien commun en partageant les ressources de sa doctrine sociale, de son sens de la dignité de l’homme de la personne humaine et de la famille, et en rappelant l’exigence de solidarité et de partage.
Cette contribution s’origine en France dans la vocation chrétienne de notre pays. A cette intention une nuit de prière est organisée en la cathédrale de Toulon le 16 mars à 20 h30.
Je vous invite par votre présence ou par la pensée à vous y associer.

+ Dominique REY 9 février 2012

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mercredi 14 mars 2012

Nuit de prière pour la France et l'Europe

                                        nuit de prière pour le france

Programme de la nuit

21h - Présentation de la nuit – Père Guy Casseron

21h15 à 22h30 – Messe présidée par Mgr Dominique Rey
Introduction à la nuit « Pourquoi prier pour la France » par Mgr Rey

22h30 à 22h45 - Complies - Sœurs de la Consolation

22h45 à 23h15 - « De la vocation de la France » J. – F. Chemain (historien) (prière de Marthe Robin)

23h15 à 23h30 – Litanies du Sacré-Cœur (Prière de Marcel Van)

23h30 à 23h45 - « L’évangélisation de la Gaule » Pierre Perrier, (spécialiste des premiers chrétiens)

23h45 à 24h - Litanies de St Martin ou Ste Geneviève - piano : N. Celoro

00h à 00h15 – « Saint Joseph et la France » Dr Villette

00h15 à 00h30 - Litanies de St Joseph - piano : N. Celoro

00h30 à 00h45 - « Sainte Clotilde ou les racines Chrétiennes de l’Europe » Alain Vignal (historien)

00h45 à 01h - Litanies de Notre-Dame ou mystères

01h à 01h15 - « Regnum Galliae, Regnum Mariae » Frère D. (dominicain)

01h15 à 01h30 – La crise économique « La manière française de gérer l’économie » A de Romanet

01h30 à 01h45 - Litanies de Saint Michel 01h45 à 02h15 - Pause café + adoration + textes et musique : N. Celoro

02h15 à 02h30 - « A qui appartient la France ? (de la Commende au ralliement) » Mélina Douchy-Oudot (juriste)

02h30 à 02h45 - Litanies de St Louis

02h45 à 03h - « Les rois de France et la sainteté, les rois thaumaturges » Jean d’Orléans

03h à 03h15 - Chapelet de St Michel

03h15 à 03h30 - « La consécration de la France à St Michel » Robert Mestelan (compagnon de St Michel)

03h30 à 03h45 – Chapelet de St Michel 2ième hiérarchie, Puissances, Vertus, Dominations 03h45 à 04h - « La France johannique » M. Boré de Loisy (géo-politicien)

04h à 04h15 - « le Baptême de Clovis, le baptême de la France et le messianisme, fidélités et infidélités de la France » Père Edouard-Marie Gallez

04h15 à 04h30 – Prière pour L’Europe (avec St Benoît) P. B. bénédictin

04h30 à 05h15 - Pause et adoration Textes et musique N. Celoro

05h15 à 05h30 - Chapelet de St Michel

05h30 à 05h45 – « Les Saints de France et le visage de la France » P. Bernard Peyrous

05h45 à 06h – « Benoit XVI, les nations et la mondialisation » Jean Tarlet

06h00à 06h15 – « La France et le Sacré-Coeur »

06h15 à 06h30 – « La France et son armée » Yvon Pinson (XVe Centenaire du baptême de la France)

06h30 à 06h45 – Litanies de Sainte Jeanne d’Arc

06h45 à 07h - « La France Missionnaire » Ab. F. Loiseau

07h à 07h15 – Laudes - Soeurs de la Consolation, Travailleuses Missionnaires

07h15 à 07h30 - Conclusion de la nuit : « le diocèse de Saint Joseph » Mgr Dominique Rey

Bénédiction Solennelle. Péroraison musicale de la nuit : N. Celoro

07h30 à 08h30 – Petit-déjeuner puis départ pour Cotignac


Prier pour la France


Mise en place d’un cahier de « Doléances »

Chacun pourra être présent dans ce cahier (gratuitement). Présent ou non à la nuit de prière ou sinon à condition d’être représenté.

Ce cahier regroupe sous forme de demi page ou page entière une présentation des personnes (Diocèse, Paroisses, association et particuliers) précisément sous la forme d’une intention de prière pour la France, pour l’Europe, pour le monde.

Après la nuit de prière, ce livre sera remis aux politiques qui se présentent à la présidentielles.

En quelques mots, pourquoi cette nuit de prière ?

La France est à un tournant de son histoire et de sa vocation.

Comment allons-nous « sortir de la crise » ? Alors quelle est la solution ? Mais ou allons-nous ? Sentez-vous cette odeur de poudre ? Commençons-nous à la sentir ? Avons-nous encore de l’huile dans nos lampes ?

Oui, bien sur !

Alors, pour que le Seigneur revienne, et donne la victoire (disait Jeanne d’Arc 600 ans plus tôt), il faut que les hommes se remontent les manches (combattent).

Et combattre, c’est commencer à prier. Prier, c’est se mettre à l’écoute

Ecouter ce que Le Seigneur a à dire aux Eglises…. Marana Tha

Demander au Seigneur de nous inspirer la meilleure marche à suivre dans notre vie temporelle de ce jour et celle qui vient. Nous prierons pour la France, pour l’Europe, avec Marie et Saint Joseph ainsi qu’avec les saints qui ont fait la France...)

Nous prierons pour le Monde, nous prierons pour chacun d’entre nous, et particulièrement pour l’avenir de nos enfants. Pour que le Seigneur nous délivre de nos égoïsmes.

Nous prierons pour que la doctrine sociale de l’Église se répande dans le monde.

source : diocèse de Toulon

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mercredi 13 juin 2012

Mystique histoire de France

 par Edouard Huber dans Famille Chrétienne,
Numéro 1789 du 28 avril au 4 mai 2012

     Même si la venue en Provence de sainte Marie Madeleine, saint Lazare et les autres disciples n’est pas admise par tous les historiens, nul ne nie que notre pays ait eu des évêques dès le deuxième siècle, avec saint Pothin et saint Irénée à Lyon. C’est-à-dire, pour ce dernier, le disciple de saint Polycarpe, lui-même disciple de saint Jean ! Une vieille histoire !

C’est avec le baptême de Clovis à Noël 496 environ que l’idée de nation chrétienne se fait jour.
Les historiens sont dans leur rôle en disséquant, sources à l’appui, tout ce qu’un tel geste comporte de politique, et comment l’adhésion à une religion nouvelle n’efface pas d’un coup les antiques réflexes païens.
Mais leurs scrupules n’empêchent pas une autre lecture de l’événement, prophétique et mystique.
Comme celle que les prophètes juifs faisaient de l’histoire de leur peuple, réinterprétée de façon spirituelle.

Dire qu’en Clovis, premier roi (d’Occident) catholique, c’est la France même qui est baptisée et qu’elle est donc fille aînée de l’Eglise, ce ne sont pas là des expressions qui surgissent spontanément, aussitôt enregistrées et archivées.

On ne connaît pas de texte ancien comportant l’expression « France fille aînée de l’Eglise ».
Elle n’est pas citée dans le testament de saint Rémi, texte fondateur de la vocation chrétienne de la France, où on lit notamment :
« Puissent-ils (les descendants de Clovis) être élevés aussi sur le trône dans la maison de David, c’est-à-dire dans la Jérusalem céleste, pour y régner éternellement avec le Seigneur ».

On ne la voit pas non plus à propos de la donation au pape Etienne II par Pépin le Bref, des états Pontificaux et au sacre du roi par le souverain Pontife en 754.
On ne la lit pas dans la lettre de Grégoire IX à saint Louis qui fait allusion à cette donation.
Mais dans cette lettre de 1239, que saint Pie X citera pour la béatification de Jeanne d’Arc le 13 décembre 1908, la réalité d’une élection de la France est affirmée en termes impressionnants :
« Comme autrefois, Dieu préféra la tribu de Judas à celle des autres fils de Jacob (…) ainsi il choisit la France de préférence  à toutes les autres nations de la terre, pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. Pour ce motif, la France est le royaume de Dieu même, les ennemis de la France sont les ennemis du Christ. »

Finalement, il semble que l’auteur définitif de l’expression « Fille aînée de l’Eglise » soit le cardinal Langénieux  archevêque de Reims, en 1896, pour le quatorzième centenaire du baptême de Clovis.
Il ne s’agissait pour lui que d’étendre au pays ce qui était dit de ses rois, « fils aînés de l’Eglise », mais la formule a eu une fortune remarquable.
Ce qui montre que sa signification n’est pas de simple circonstance, mais réelle et profonde.

Elle a été reprise par les papes avec constance, citée sinon comme ayant une antiquité attestée, du moins comme exprimant une vérité traditionnellement reçue.

Voici ce que disait Léon XIII aux pèlerins français, le 2 mai 1879 :
« (…) Le Bon Dieu n’abandonnera pas un peuple qui ne se lassera pas de donner au monde de si éclatants témoignages de sa fidélité à son Eglise, de son amour filial au vicaire du céleste Rédempteur. Voilà pourquoi il importe (…) que vous continuiez à hardiment professer ces vertus (…) qui ont valu jadis à la France le titre glorieux de fille aînée de l’Eglise ».

Dans l’encyclique Nobilissima Gallorum gens, de 1884, le même pape écrivait :
« La très noble nation française (…) s’est acquis envers l’Eglise catholique des mérites et des titres à une reconnaissance immortelle et à une gloire qui ne s’éteindra pas. (…) Elle eut l’honneur d’être appelée fille aînée  de l’Eglise en témoignage et récompense tout ensemble de sa foi et de sa piété ».
Qui ne se frotte les yeux en découvrant de tels textes aujourd’hui ?

Saint Pie X poursuit dans un registre différent, le 29 novembre 1911 :
« Un jour viendra, et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une lumière céleste et entendra une voix qui lui répètera : « Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ? » (…) Et elle, tremblante et étonnée dira : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? »Et Lui : « Lève-toi, lave tes souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein tes sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, fille aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre » ».

 Pie XI, en proclamant Notre Dame de l’Assomption patronne de la France le 2 mars 1922 :
« (…) selon un ancien adage (…) le royaume de France a été appelé le Royaume de Marie, et cela à juste titre. (…) Les pontifes romains (…) ont toujours, au cours des siècles, comblé des marques particulières de leur paternelle affection la France, justement appelée la Fille aînée de l’Eglise ».

 Pie XII, le 25 juin 1956, dit aux français :
« Levez donc les yeux, fils bien aimés, dignes représentants d’une nation qui se glorifie du titre de fille aînée de l’Eglise, et regardez les grands exemples qui vous ont précédés. »

Jean Paul II, par ses expressions répétées et insistantes, a rendu à nouveau familières ces expressions « Baptême de la France » et « fille ainée de l’Eglise ». Ecoutons encore ses mots au Bourget le 1er juin 1980 :
« Je voudrais répéter ces paroles qui constituent votre titre de fierté : fille aînée de l’Eglise.(…) Un très grand chapitre de l’histoire du salut a été inscrit dans l’histoire de votre patrie, par les fils et les filles de votre nation. (…) France, fille aînée de l’Eglise, est-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? (…) France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ?»

 Après ces textes, on comprend mieux le nombre de prières pour la France qui ont été composées au long des siècles, et dont les éditions Téqui publient un utile abrégé(1). N’en citons que les deux plus récentes qui montrent la pérennité de ces prières.

De Marthe Robin : « O Père, ô mon Dieu, délivrez, sauvez maintenant votre France. Préparez le cœur de vos enfants à la mission qu’ils vont avoir à accomplir pour toutes les nations, pour l’Eglise toute entière ».

De Marcel Van : «  Seigneur Jésus, aie compassion de la France, daigne l’étreindre dans ton amour et lui en montrer toute ta tendresse. Fais que, remplie d’amour pour Toi, elle contribue à Te faire aimer de toutes les nations de la terre (…) ».
Une prière qui a ceci de particulier que, selon le jeune rédemptoriste qui l’a écrite, le 14 novembre 1945, elle lui a été dictée par le Christ.

Edouard Huber

(1)   Prières pour la France, Téqui, 64p., 5.70€

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vendredi 6 juillet 2012

La chute de la France

Les papes de l'époque mo­derne nous rappellent ré­gulièrement que la Fran­ce est la fille aînée de l'Église et qu'elle a reçu une mission particulière au service des autres nations, un rôle éducateur.
Ce n'est, en aucun cas une dis­tinction honorifique ou la ré­compense de services rendus.
C'est une charge, un devoir de service, analogue à celui reçu par le peuple juif en la per­sonne d'Abraham.
À son époque, le « peuple élu » était chargé de témoigner qu'il n'y avait qu'un seul Dieu ce qui, en plein polythéisme, n'était ni évident ni facile.
Toute l'Histoire du peu­ple juif, transmise par la Bible, nous montre les infidélités ré­currentes du peuple élu, ses descentes aux enfers, ses re­pentirs déchirants et la misé­ricorde sans faille du Seigneur.
La venue du Messie attendu depuis des siècles ne modifie pas la diversité des comporte­ments.
Certains accueillent avec joie le Sauveur, le plus grand nombre applaudit à sa crucifixion.
Jésus, qui a pleuré sur Jérusa­lem, a annoncé la destruction de la ville et la ruine de ce temple, qui faisait l'orgueil des Juifs.
Les prophètes l'avaient prédit et le psalmiste mettait dans la bouche de Yahvé ce messa­ge « navré » :
« Mon peuple n'a pas écouté ma voix, Israël ne s'est pas rendu à moi ; je les laisse à leur cœur endurci, ils marchaient ne suivant que leur conseil » (Ps 81, 12-13).
Et pourtant le même psaume montre le Seigneur tout prêt à par­donner :
«Ah, si mon peuple m'écoutait, si dans mes voies marchait Israël, en un instant j'abattrais ses adversaires et contre ses oppresseurs tournerais ma main " (Ps 81, 14-15).

 Une conversion  profonde

   Quand j'entends aujourd'hui mes coreligionnaires conti­nuer à rêver à un sursaut de notre patrie, obtenu par le ré­sultat d'un vote, je me dis : Quand se rendront-ils compte qu'il ne peut y avoir de re­nouveau pour la fille aînée de l'Église qu'au prix d'une conver­sion religieuse et morale, d'un repentir profond et d'un humble retour à sa foi ? La libre pen­sée s'est installée progressi­vement dans notre pays, au XVIIe siècle on appelait « li­bertins » ses premiers adeptes.
Le siècle dit des « Lumières » a pris le relais et amené à la Ré­volution de 1789.
Le scientis­me et le rationalisme ont pris la suite, la franc-maçonnerie a tissé une toile d'araignée, qui a recouvert et recouvre ac­tuellement le pays, pénétrant tou­tes les institutions.

Que reste-t-il de l'enseigne­ment catholique ? Celui qui m'a formé et auquel je dois tant était pauvre, ses profes­seurs étaient héroïques, mais il était libre de former des jeunes catholiques et de leur donner une véritable culture.
Aujour­d'hui ce sont les médias au­diovisuels, les DVD et les jeux, qui conditionnent la jeunesse au matérialisme, au culte du plaisir, à la recherche du moindre effort, à la violence et au mé­pris des racines chrétiennes.

Comme jadis Israël, la France a renié son Dieu, et elle se vautre dans l'apostasie.
Je plains les derniers fidèles, auxquels l'espérance théologale fait si souvent défaut. Rassurez-vous, ce n'est pas mon cas, mais il convient de l'affirmer, tant de gens confondent réalisme et pessimisme !

D'ailleurs, devant la dégradation actuelle, je cons­tate l'émergence encore timide peut-être mais réelle d'un élan vers le Seigneur, prières, mes­ses célébrées pour notre patrie, pèlerinages, vœux et neuvaines en tout genre.

Plus les difficul­tés vont s'amplifier, plus va re­naître la ferveur religieuse.

Et puis cette France, aujourd'hui païenne et islamisée, a donné à l'Église tant de prêtres, de mis­sionnaires, de religieux et de religieuses, que la miséricorde divine ne lui fera pas défaut.

En pensant également aux mala­des qui offrent leurs souffrances et à tous ces fidèles qui ont re­joint la patrie céleste et inter­cèdent pour les vivants, je n'ai aucun doute sur le renouveau spirituel de la fille aînée de  l'Église.

Il est probablement plus proche que ne le croient mes  pessimistes compatriotes.

Notre chère patronne, la Très Sainte Vierge Marie, s'en préoccupe activement.

                  Père Yannik  BONNET  dans  L'Homme Nouveau  N° 1518 du 19 mai 2012

 

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mercredi 15 août 2012

Le voeu de Louis XIII Consécration de la France à Marie

10 février 1638

Déclaration du Roi par laquelle Sa Majesté déclare

qu’elle a pris la Très Sainte et Glorieuse Vierge

pour protectrice spéciale de son royaume

 

Louis, par la grâce de Dieu,

roi de France et de Navarre,

à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.

 

Dieu qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l'esprit qu'il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre état, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne, sans y voir autant d'effets merveilleux de sa bonté, que d'accidents qui nous pouvaient perdre.

Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d'en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l'on vit en même temps la naissance et la fin de ces pemicieux desseins.
En divers autres temps, l’artifice des hommes et la malice du diable ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables au repos de notre maison, il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice.

La rébellion de l'hérésie ayant aussi formé un parti dans l'État, qui n'avait d'autre but que de partager notre autorité, il s'est servi de nous pour en abattre l'orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.

Quand nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes, qu’à la vue de toute l'Europe, contre l'espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs états dont ils avaient été dépouillés.

Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne, se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins pour faire voir à toutes les nations que, comme sa providence a fondé cet État, sa bonté le conserve et sa puissance le défend.

Tant de grâces si évidentes font que pour n'en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra sans doute de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de sa majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée croix, où nous vénérons l’accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du fils de Dieu en notre chair, de nous consacrer à la grandeur de Dieu par son fils rabaissé jusqu’à nous, et à ce fils par sa mère élevée jusqu'à lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte-Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n’étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de le porter, les rendront hosties agréables et c'est chose bien raisonnable qu'ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.

A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et de défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que, soit qu’il souffre du fléau de la guerre ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire.
Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés en ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de la cathédrale de Paris avec une image de la Vierge qui tienne dans ses bras celle de son précieux Fils descendu de la Croix , et où nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère comme leur offrant notre couronne et notre sceptre.

Nous admonestons le sieur Archevêque de Paris et néanmoins lui enjoignons que tous les ans le jour et fête de l’Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand'messe qui se dira en son église cathédrale, et qu'après les vêpres du dit jour, il soit fait une procession en la dite église à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et le corps de ville, avec pareille cérémonie que celle qui s'observe aux processions générales les plus solennelles ; ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales que celles des monastères de la dite ville et faubourg, et en toutes les villes, bourgs et villages du dit diocèse de Paris.

Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales et autres églises de leur diocèse ;
entendant qu’à la dite cérémonie les cours de Parlement et autres compagnies souveraines et les principaux officiers de la ville y soient présents ;
et d'autant qu'il y a plusieurs épiscopales qui ne sont pas dédiées à la Vierge, nous exhortons les dits archevêques et évêques en ce cas de lui dédier la principale chapelle des dites églises pour y être fait la dite cérémonie et d'y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre et d'admonester tous nos peuples d’avoir une dévotion particulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection afin que sous une si puissante patronne notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu'il jouisse largement d'une bonne paix ;
que Dieu y soit servi et révéré si saintement à la dernière fin pour laquelle nous avons été créés ;
car tel est notre bon plaisir.

Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l'an de grâce mil six cent trente-huit, et de notre règne le vingt-huit.

 

  historique : http://fr.wikipedia.org/wiki/V%C5%93u_de_Louis_XIII

 

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lundi 24 septembre 2012

France : "Educatrice des peuples"

Lors du premier discours de Benoît XVI aux évêques de l'Ouest de la France en visite ad limina, Benoît XVI reprend à son compte cette expression déjà utilisée Par Jean Paul II

ROME, vendredi 21 septembre 2012 (ZENIT.org

« ...C’est la première fois que nous nous retrouvons ensemble depuis ma visite apostolique de 2008 dans votre beau pays qui est cher à mon cœur.

J’avais alors tenu à souligner les racines chrétiennes de la France qui, dès ses origines, a accueilli le message de l’Évangile.

Cet héritage ancien constitue un socle solide sur lequel vous pouvez appuyer vos efforts pour continuer inlassablement à annoncer la Parole de Dieu dans l’esprit qui anime la nouvelle évangélisation, thème de la prochaine Assemblée synodale.

La France possède une longue tradition spirituelle et missionnaire, au point qu’elle a pu être qualifiée par le bienheureux Jean-Paul II, d’« éducatrice des peuples » (Homélie, Le Bourget, 30 juin 1980) ...

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lundi 22 octobre 2012

Extrait de l'homélie de Paul VI pour la béatification de Jacques Berthieu

Rome le 17 octobre 1965 :

(...) "Voici donc un nouveau fils de France élevé aux honneurs de la béatification (... Il a été canonisé le 21 octobre 2012)

La France, fille aînée de l’Église, a donné au cours de son histoire millénaire tant de fruits de grâce et de sainteté,

tant de preuves de son attachement au siège de Pierre,

tant de témoignages de sa générosité missionnaire,

tant de désintéressement dans l’œuvre éducatrice des peuples, qu’elle a accomplie dans l’univers!

C’est pour  Nous une joie de le redire aujourd’hui, et de prier Dieu pour que cette noble nation demeure fidèle à ce glorieux passé et sache se montrer toujours riche en nouvelles initiatives et féconde en vocations missionnaires". (...)

                                                                           homélie complète

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mercredi 24 juillet 2013

La Vocation de la france par le futur PieXII

Discours sur la vocation de la France
prononcé le 13 juillet 1937  
dans la chaire de Notre-Dame de Paris      
par Son Eminence le Cardinal Eugenio Pacelli, futur Pie XII. (Extraits)

 

(…) Comment dire, mes frères, tout ce qu’évoque en mon esprit, en mon âme, comme dans l’âme et dans l’esprit de tout catholique, je dirais même dans toute âme droite et dans tout esprit cultivé, le seul nom de Notre-Dame de Paris !
Car ici c’est l’âme même de la France, l’âme de la fille aînée de l’Église, qui parle à mon âme.

Âme de la France d’aujourd’hui qui vient dire ses aspirations, ses angoisses et sa prière ;
Âme de la France de jadis dont la voix, remontant des profondeurs d’un passé quatorze fois séculaire, évoquant les Gesta Dei per Francos, parmi les épreuves aussi bien que parmi les triomphes, sonne aux heures critiques comme un chant de noble fierté et d’imperturbable espérance.
Voix de Clovis et de Clotilde, voix de Charlemagne, voix de saint Louis surtout, en cette île où il semble vivre encore et qu’il a parée, en la Sainte Chapelle, de la plus glorieuse et de la plus sainte des couronnes ; voix aussi des grands docteurs de l’Université de Paris, des maîtres dans la foi et dans la sainteté…

Leurs souvenirs, leurs noms inscrits sur vos rues, en même temps qu’ils proclament la vaillance et la vertu de vos aïeux, jalonnent comme une route triomphale l’histoire d’une France qui marche et qui avance en dépit de tout, d’une France qui ne meurt pas ! (…)

Nous les connaissons les aspirations, les préoccupations de la France d’aujourd’hui ;
la génération présente rêve d’être une génération de défricheurs, de pionniers, pour la restauration d’un monde chancelant et désaxé ;
elle se sent au cœur l’entrain, l’esprit d’initiative, le besoin irrésistible d’action, un certain amour de la lutte et du risque, une certaine ambition de conquête et de prosélytisme au service de quelque idéal. (…)

Mais ces aspirations mêmes que, malgré la grande variété de leurs manifestations, nous retrouvons à chaque génération française depuis les origines, comment les expliquer ?
Inutile d’invoquer je ne sais quel fatalisme ou quel déterminisme racial.
À la France d’aujourd’hui, qui l’interroge, la France d’autrefois va répondre en donnant à cette hérédité son vrai nom : la vocation.

Car, mes frères, les peuples, comme les individus, ont aussi leur vocation providentielle ;
comme les individus, ils sont prospères ou misérables, ils rayonnent ou demeurent obscurément stériles, selon qu’ils sont dociles ou rebelles à leur vocation. (…)

Le passage de la France dans le monde à travers les siècles est une vivante illustration de cette grande loi de l’histoire de la mystérieuse et pourtant évidente corrélation entre l’accomplissement du devoir naturel et celui de la mission surnaturelle d’un peuple.

Du jour même où le premier héraut de l’Évangile posa le pied sur cette terre des Gaules et où, sur les pas du Romain conquérant, il porta la doctrine de la Croix, de ce jour-là même, la foi au Christ, l’union avec Rome, divinement établie centre de l’Église, deviennent pour le peuple de France la loi même de sa vie.
Et toutes les perturbations, toutes les révolutions, n’ont jamais fait que confirmer, d’une manière toujours plus éclatante, l’inéluctable force de cette loi.

L’énergie indomptable à poursuivre l’accomplissement de sa mission a enfanté pour votre patrie des époques mémorables de grandeur, de gloire, en même temps que de large influence sur la grande famille des peuples chrétiens.
Et si votre histoire présente aussi ses pages tragiquement douloureuses, c’était aux heures où l’oubli des uns, la négation des autres, obscurcissaient, dans l’esprit de ce peuple, la conscience de sa vocation religieuse et la nécessité de mettre en harmonie la poursuite des fins temporelles et terrestres de la patrie avec les devoirs inhérents à une si noble vocation.

Et, néanmoins, une lumière resplendissante ne cesse de répandre sa clarté sur toute l’histoire de votre peuple ;
cette lumière qui, même aux heures les plus obscures, n’a jamais connu de déclin, jamais subi d’éclipse, c’est toute la suite ininterrompue de saints et de héros qui, de la terre de France, sont montés vers le ciel.
Par leurs exemples et par leur parole, ils brillent comme des étoiles au firmament, quasi stellae in perpetuas aeternitates (Dan. 12, 3) pour guider la marche de leur peuple, non seulement dans la voie du salut éternel, mais dans son ascension vers une civilisation toujours plus haute et plus délicate.

Saint Remi qui versa l’eau du baptême sur la tête de Clovis ;
saint Martin, moine, évêque, apôtre de la Gaule ;
saint Césaire d’Arles ; ceux-là et tant d’autres, se profilent avec un relief saisissant sur l’horizon de l’histoire, dans cette période initiale qui, pour troublée qu’elle fût, portait cependant en son sein tout l’avenir de la France.
Et, sous leur action, l’Évangile du Christ commence et poursuit, à travers tout le territoire des Gaules, sa marche conquérante, au cours d’une longue et héroïque lutte contre l’esprit d’incrédulité et d’hérésie, contre les défiances et les tracasseries de puissances terrestres, cupides et jalouses.
Mais, de ces siècles d’effort courageux et patient, devait sortir enfin la France catholique, cette Gallia sacra, qui va de Louis, le saint roi, à Benoît-Joseph Labre, le saint mendiant ; de Bernard de Clairvaux, à François de Sales, à l’humble Curé d’Ars ; de Geneviève, la bergère de Nanterre, à Bernadette, l’angélique pastourelle de Lourdes ; de Jeanne d’Arc, la vierge guerrière, la sainte de la patrie, à Thérèse de l’Enfant-Jésus, la vierge du cloître, la sainte de la «  petite voie  ».

La vocation de la France, sa mission religieuse ! Mes frères, mais cette chaire même ne lui rend-elle pas témoignage ?
Cette chaire qui évoque le souvenir des plus illustres maîtres, orateurs, théologiens, moralistes, apôtres, dont la parole, depuis des siècles, franchissant les limites de cette nef, prêche la lumineuse doctrine de vérité, la sainte morale de l’Évangile, l’amour de Dieu pour le monde, les repentirs et les résolutions nécessaires, les luttes à soutenir, les conquêtes à entreprendre, les grandes espérances de salut et de régénération.

(…) Quand je pense au passé de la France, à sa mission, à ses devoirs présents, au rôle qu’elle peut, qu’elle doit jouer pour l’avenir, en un mot, à la vocation de la France, comme je voudrais avoir l’éloquence d’un Lacordaire, l’ascétique pureté d’un Ravignan, la profondeur et l’élévation théologique d’un Monsabré, la finesse psychologique d’un Mgr d’Hulst avec son intelligente compréhension de son temps !
Alors, avec toute l’audace d’un homme qui sent la gravité de la situation, avec l’amour sans lequel il n’y a pas de véritable apostolat, avec la claire connaissance des réalités présentes, condition indispensable de toute rénovation, comme je crierais d’ici à tous les fils et filles de France :
«  Soyez fidèles à votre traditionnelle vocation !
Jamais heure n’a été plus grave pour vous en imposer les devoirs, jamais heure plus belle pour y répondre.

Ne laissez pas passer l’heure, ne laissez pas s’étioler des dons que Dieu a adaptés à la mission qu’il vous confie ;
ne les gaspillez pas, ne les profanez pas au service de quelque autre idéal trompeur, inconsistant ou moins noble et moins digne de vous !  »

Mais, pour cela, je vous le répète, écoutez la voix qui vous crie : «  Priez, Orate, fratres !  »
Sinon, vous ne feriez qu’œuvre humaine, et, à l’heure présente, en face des forces adverses, l’œuvre purement humaine est vouée à la stérilité, c’est-à-dire à la défaite ;
ce serait la faillite de votre vocation. (…)

Tout ce monde qui s’agite au dehors, et dont le flot, comme celui d’une mer déchaînée, vient battre incessamment de son écume de discordes et de haine les rives tranquilles de cette cité, de cette île consacrée à la Reine de la paix, Mère du bel amour ;
ce monde-là, comment trouvera-t-il jamais le calme, la guérison, le salut, si vous-mêmes, qui, par une grâce toute gratuite, jouissez de la foi, vous ne réchauffez pas la pureté de cette foi personnelle à l’ardeur irrésistible de l’amour, sans lequel il n’est point de conquête dans le domaine de l’esprit et du cœur ?
Un amour qui sait comprendre, un amour qui se sacrifie et qui, par son sacrifice, secourt et transfigure ;
voilà le grand besoin, voilà le grand devoir d’aujourd’hui.
Sages programmes, larges organisations, tout cela est fort bien ;
mais, avant tout, le travail essentiel est celui qui doit s’accomplir au fond de vous-mêmes, sur votre esprit, sur votre cœur, sur toute votre conduite.
Celui-là seul qui a établi le Christ roi et centre de son cœur, celui-là seul est capable d’entraîner les autres vers la royauté du Christ
.
La parole la plus éloquente se heurte aux cœurs systématiquement défiants et hostiles.
L’amour ouvre les plus obstinément fermés. (…)

La France catholique qui a donné à l’Église, à l’humanité tout entière un saint Vincent de Paul et tant d’autres héros de la charité, ne peut pas ne pas entendre ce cri :
Amate, fratres ! Et elle sait que les prochaines pages de son histoire, c’est sa réponse à l’appel de l’amour qui les écrira.

À sa fidélité envers sa vocation, en dépit de toutes les difficultés, de toutes les épreuves, de tous les sacrifices, est lié le sort de la France, sa grandeur temporelle aussi bien que son progrès religieux.
Quand j’y songe, de quel cœur, mes frères, j’invoque la Providence divine, qui n’a jamais manqué, aux heures critiques, de donner à la France les grands cœurs dont elle avait besoin, avec quelle ardeur je lui demande de susciter aujourd’hui en elle les héros de l’amour, pour triompher des doctrines de haine, pour apaiser les luttes de classes, pour panser les plaies saignantes du monde, pour hâter le jour où Notre-Dame de Paris abritera de nouveau sous son ombre maternelle tout son peuple, pour lui faire oublier comme un songe éphémère les heures sombres où la discorde et les polémiques lui voilaient le soleil de l’amour, pour faire résonner doucement à son oreille, pour graver profondément dans son esprit la parole si paternelle du premier Vicaire de Jésus-Christ : «  Aimez-vous les uns les autres d’une dilection toute fraternelle, dans la simplicité de vos cœurs  » In fraternitatis amore, simplici ex corde invicem diligite ! (1 P.1, 22). (…)

Vigilate ! C’est qu’il ne s’agit plus aujourd’hui, comme en d’autres temps, de soutenir la lutte contre des formes déficientes ou altérées de la civilisation religieuse et la plupart gardant encore une âme de vérité et de justice héritée du christianisme ou inconsciemment puisée à son contact ;
aujourd’hui, c’est la substance même du christianisme, la substance même de la religion qui est en jeu ;
sa restauration ou sa ruine est l’enjeu des luttes implacables qui bouleversent et ébranlent sur ses bases notre continent et avec lui le reste du monde.

Le temps n’est plus des indulgentes illusions, des jugements édulcorés qui ne voulaient voir dans les audaces de la pensée, dans les errements du sens moral qu’un inoffensif dilettantisme, occasion de joutes d’écoles, de vains amusements de dialecticiens.
L’évolution de ces doctrines, de ces principes touche à son terme ; le courant, qui insensiblement a entraîné les générations d’hier, se précipite aujourd’hui et l’aboutissement de toutes ces déviations des esprits, des volontés, des activités humaines, c’est l’état actuel, le désarroi de l’humanité, dont nous sommes les témoins, non pas découragés, certes, mais épouvantés.

Une grande partie de l’humanité dans l’Europe actuelle est, dans l’ordre religieux, sans patrie, sans foyer. Pour elle, l’Église n’est plus le foyer familial ;
Dieu n’est plus le Père ; Jésus-Christ n’est plus qu’un étranger.
Tombé des hauteurs de la révélation chrétienne, d’où il pouvait d’un coup d’œil contempler le monde, l’homme n’en peut plus voir l’ordre dans les contrastes de sa fin temporelle et éternelle ;
il ne peut plus entendre et goûter l’harmonie en laquelle viennent se résoudre paisiblement les dissonances.
Quel tragique travail de Sisyphe que celui qui consiste à poursuivre la restauration de l’ordre, de la justice, de la félicité terrestre, dans l’oubli ou la négation même des relations essentielles et fondamentales !

Quelle désillusion amère, quelle douloureuse ironie que la lecture des fastes de l’humanité dans laquelle les noms de ceux que, tour à tour, elle a salués comme des précurseurs, des sauveurs, les maîtres de la vie, les artisans du progrès – et qui parfois le furent à certains égards – apparaissent aujourd’hui comme les responsables, inconscients peut-être, des crises dont nous souffrons, les responsables d’un retour, après vingt siècles de christianisme, à un état de choses, à certains égards, plus obscur, plus inhumain que celui qui avait précédé ! (…)

C’est aux heures de crises, mes frères, que l’on peut juger le cœur et le caractère des hommes, des vaillants et des pusillanimes.
C’est à ces heures qu’ils donnent leur mesure et qu’ils font voir s’ils sont à la hauteur de leur vocation, de leur mission.

Nous sommes à une heure de crise.
À la vue d’un monde qui tourne le dos à la croix, à la vraie croix du Dieu crucifié et rédempteur, d’un monde qui délaisse les sources d’eau vive pour la fange des citernes contaminées ;
à la vue d’adversaires, dont la force et l’orgueilleux défi ne le cèdent en rien au Goliath de la Bible, les pusillanimes peuvent gémir d’avance sur leur inévitable défaite ;
mais les vaillants, eux, saluent dans la lutte l’aurore de la victoire ;
ils savent très bien leur faiblesse, mais ils savent aussi que le Dieu fort et puissant, Dominus fortis et potens, Dominus potens in praelio (Ps 23, 8 ) se fait un jeu de choisir précisément la faiblesse pour confondre la force de ses ennemis.
Et le bras de Dieu n’est pas raccourci ! Ecce non est abbreviata manus Domini ut salvare nequeat (Is. 59, 1). (…)

Ô Mère céleste, Notre Dame, vous qui avez donné à cette nation tant de gages insignes, de votre prédilection, implorez pour elle votre divin Fils ;
ramenez-la au berceau spirituel de son antique grandeur, aidez-la à recouvrer, sous la lumineuse et douce étoile de la foi et de la vie chrétienne, sa félicité passée, à s’abreuver aux sources où elle puisait jadis cette vigueur surnaturelle, faute de laquelle les plus généreux efforts demeurent fatalement stériles, ou tout au moins bien peu féconds ; aidez-la aussi, unie à tous les gens de bien des autres peuples, à s’établir ici-bas dans la justice et dans la paix, en sorte que, de l’harmonie entre la patrie de la terre et la patrie du ciel, naisse la véritable prospérité des individus et de la société tout entière.

«  Mère du bon conseil  », venez au secours des esprits en désarroi devant la gravité des problèmes qui se posent, des volontés déconcertées dans leur impuissance devant la grandeur des périls qui menacent !
«  Miroir de justice  », regardez le monde où des frères, trop souvent oublieux des grands principes et des grands intérêts communs qui les devraient unir, s’attachent jusqu’à l’intransigeance aux opinions secondaires qui les divisent ; regardez les pauvres déshérités de la vie, dont les légitimes désirs s’exaspèrent au feu de l’envie et qui parfois poursuivent des revendications justes, mais par des voies que la justice réprouve ; ramenez-les dans l’ordre et le calme, dans cette tranquillitas ordinis (note 11) qui seule est la vraie paix !

Regina pacis ! Oh ! Oui ! En ces jours où l’horizon est tout chargé de nuages qui assombrissent les cœurs les plus trempés et les plus confiants, soyez vraiment au milieu de ce peuple qui est vôtre la «  Reine de la Paix  » ;
écrasez de votre pied virginal le démon de la haine et de la discorde ; faites comprendre au monde, où tant d’âmes droites s’évertuent à édifier le temple de la paix, le secret qui seul assurera le succès de leurs efforts :
établir au centre de ce temple le trône royal de votre divin Fils et rendre hommage à sa loi sainte, en laquelle la justice et l’amour s’unissent en un chaste baiser, justitia et pax osculatae sunt (Ps 74, 11).

Et que par vous la France, fidèle à sa vocation,
soutenue dans son action par la puissance de la prière,
par la concorde dans la charité,
par une ferme et indéfectible vigilance,
exalte dans le monde le triomphe et le règne du Christ Prince de la paix, Roi des rois et Seigneur des seigneurs.
Amen !
« 

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vendredi 15 août 2014

DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II AUX CATHOLIQUES DE FRANCE

EXTRAIT DU DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX CATHOLIQUES DE FRANCE

Lourdes (France)
Lundi, 15 août 1983

Toute nation a son histoire humaine originale.

Mais les peuples qui ont reçu un très riche héritage spirituel doivent le préserver comme la prunelle de leurs yeux.

Et concrètement, ces nations ne préservent un tel héritage qu’en le vivant intégralement et en le transmettant courageusement.

O terre de France!

Terre de saint Pothin et de sainte Blandine,
de saint Denis et de sainte Geneviève,
de saint Bernard et de saint Louis,
de saint Yves de Tréguier et de saint Bertrand de Comminges,
de sainte Jeanne d’Arc,
de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantal,
de saint Vincent de Paul et de sainte Louise de Marillac,
de saint Jean Eudes et de sainte Marguerite Marie,
de sainte Marguerite Bourgeoys et de la bienheureuse Marie de l’Incarnation,
de saint François Régis et de saint Louis Marie Grignion de Montfort,
de sainte Jeanne Delanoue et de la bienheureuse Jeanne Jugan,
de saint Jean Baptiste de la Salle et de saint Benoît Labre,
des nombreux missionnaires comme saint Isaac Jogues, le bienheureux Théophane Vénard et saint Pierre Chanel,
du saint Curé d’Ars, de sainte Thérèse de Lisieux,
de Frédéric Ozanam et de Charles de Foucauld,
de saint Michel Garricoïts de cette région,
de sainte Bernadette, canonisée voilà juste cinquante ans, au cours de la précédente Année de la Rédemption!

Catholiques de France, vous avez hérité d’un patrimoine considérable de foi et de tradition chrétiennes.

C’est ce trésor pour lequel les saints de votre pays ont tout sacrifié, afin de “s’en emparer”, comme le demande l’Evangile, et de le partager avec leurs frères, tellement ils étaient persuadés que l’homme intégral est fait d’ouverture à l’Absolu et de brûlante charité!

Ici, j’ai imploré Marie, la Mère du Rédempteur de l’humanité, pour la destinée humaine et spirituelle de tous vos compatriotes et de la nation française.

Source (texte intégral)

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