mercredi 22 avril 2009

Ste JEANNE D'ARC 1412-1431

       JEANNE d'ARC

         Fête le 30 mai

Née à Domrémy, en Lorraine, dans une famille de paysans, Jeanne n'a que 13 ans quand elle entend des voix : l'archange saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite lui montrent "la grande pitié" du royaume de France et lui ordonnent d'aller au secours du roi.

A 17 ans, elle va trouver Charles VII à Chinon et lui promet qu'il sera sacré et couronné à Reims.

Contre toutes les prévisions humaines, cette promesse est promptement réalisée : en quelques mois, Jeanne délivre Orléans et bat les Anglais en plusieurs rencontres.

Le 17 juillet 1429, Charles VII est sacré à Reims.

Durant un combat, Jeanne est prise devant Compiègne et sa passion commence.

Au cours d'un procès inique dirigé par l'évêque Cauchon, elle fait preuve d'un bon sens et d'une fidélité à sa mission qui déconcertent les juges.

Considérée comme hérétique, schismatique et relapse, Jeanne est brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431.

Sur son bûcher, elle s'écrie : "Mes voix ne m'ont pas trompée, ma mission était de Dieu".

Elle meurt en criant : "Jésus ! "

Elle est canonisée en 1920.

Elle est déclarée patronne secondaire de la France

Voici une de ses paroles devant ses juges : "M'est avis  que le Christ et l'Eglise, c'est tout un".

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vendredi 23 septembre 2011

Notre Eglise est l'Eglise des saints

Car l’heure des saints vient toujours. Notre Eglise est l'Eglise des saints. 

   Qui s'approche d'elle avec méfiance ne croit voir que des portes closes, des barrières et des guichets, une espèce de gendarmerie spirituelle.

Mais notre Eglise est l'Eglise des saints.

Pour être un saint, quel évêque ne donnerait son anneau, sa mitre, sa crosse, quel cardinal sa pourpre, quel pontife sa robe blanche, ses camériers, ses suisses et tout son temporel ?

Qui ne voudrait avoir la force de courir cette admirable aventure ?
Car la sainteté est une aventure, elle est même la seule aventure.

 Qui l'a une fois compris est entré au cour de la foi catholique, a senti tressaillir dans sa chair mortelle une autre terreur que celle de la mort, une espérance surhumaine.

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Mais qui se met en peine des saints ?
On voudrait qu'ils fussent des vieillards pleins d'expérience et de politique, et la plupart sont des enfants.
Or l'enfance est seule contre tous.
Les malins haussent les épaules, sourient : quel saint eut beaucoup à se louer des gens d'Eglise ?

 Hé ! Que font ici les gens d'Eglise ! Pourquoi veut-on qu'ait accès aux plus héroïques des hommes tel ou tel qui s'assure que le royaume du ciel s'emporte comme un siège à l'Académie, en ménageant tout le monde ?
Dieu n'a pas fait l'Eglise pour la prospérité des saints, mais pour qu'elle transmît leur mémoire, pour que ne fût pas perdu, avec le divin miracle, un torrent d'honneur et de poésie.
Qu'une autre Eglise montre ses saints !

 La nôtre est l'Eglise des saints.

A qui donneriez-vous à garder ce troupeau d'anges ?

La seule histoire, avec sa méthode sommaire, son réalisme étroit et dur, les eût brisés.
Notre tradition catholique les emporte, sans les blesser, dans son rythme universel.
Saint Benoit avec son corbeau, saint François avec sa mandore et ses vers provençaux, Jeanne avec son épée, Vincent avec sa pauvre soutane, et la dernière venue, si étrange, si secrète, suppliciée par les entrepreneurs et les simoniaques, avec son incompréhensible sourire, Thérèse de l'Enfant Jésus.

Souhaiterait-on qu'ils eussent tous été, de leur vivant, mis en châsse ?
Assaillis d'épithètes ampoulées, salués à genoux, encensés ?
De telles gentillesses sont bonnes pour les chanoines.

Ils vécurent, ils souffrirent comme nous.
Ils furent tentés comme nous.

Ils eurent leur pleine charge et plus d'un, sans la lâcher, se coucha dessous pour mourir.
Quiconque n'ose encore retenir de leur exemple la part sacrée, la part divine, y trouvera du moins la leçon de l'héroïsme et de l'honneur.
Mais qui ne rougirait de s'arrêter si tôt, de les laisser poursuivre seuls leur route immense ?

Qui voudrait perdre sa vie à ruminer le problème du mal, plutôt que de se jeter en avant ? Qui refusera de libérer la terre ?

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Tout ce grand appareil de sagesse, de force, de souple discipline, de magnificence et de majesté n'est rien de lui-même, si la charité ne l'anime.

Mais la médiocrité n'y cherche qu'une assurance solide contre les risques du divin.
Qu'importe ! Le moindre petit garçon de nos catéchismes sait que la bénédiction de tous les homme d'Eglise ensemble n'apportera jamais la paix qu'aux âmes déjà prêtes à la recevoir, aux âmes de bonne volonté.

 Aucun rite ne dispense d'aimer.

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Nulle part ailleurs on ne voudrait imaginer seulement telle aventure, et si humaine, d'une petite héroïne qui passe un jour tranquillement du bûcher de l'inquisiteur en Paradis, au nez de cent cinquante théologiens.
« Si nous sommes arrivés à ce point, écrivaient au pape les juges de Jeanne, que les devineresses vaticinant faussement au nom de Dieu, comme certaine femelle prise dans les limites du diocèse de Beauvais, soient mieux accueillies par la légèreté populaire que les pasteurs et les docteurs, c'en est fait, la religion va périr, la foi s'écroule, l'Eglise est foulée aux pieds, l'iniquité de Satan dominera le monde !...»
et voilà qu'un peu moins de cinq cents ans plus tard l'effigie de la devineresse est exposée à Saint-Pierre de Rome, il est vrai peinte en guerrière, sans tabard ni robe fendue !, et à cent pieds au-dessous d'elle, Jeanne aura pu voir un minuscule homme blanc, prosterné, qui était le pape lui-même.

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Du Pontife au gentil clergeon qui boit le vin des burettes, chacun sait qu'on ne trouve au calendrier qu'un très petit nombre d'abbés oratoires et de prélats diplomates.

Seul peut en douter tel ou tel bonhomme bien pensant, à gros ventre et à chaîne d'or, qui trouve que les saints courent trop vite, et souhaiterait d'entrer au paradis à petits pas, comme au banc d'ouvre, avec le curé son compère.

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Nous respectons les services d'intendance, la prévôté, les majors et les cartographes, mais notre cour est avec les gens de l'avant, notre cour est avec ceux qui se font tuer.

Nul d'entre nous portant sa charge, (patrie, métier, famille), avec nos pauvres visages creusés par l'angoisse, nos mains dures, l'énorme ennui de la vie quotidienne, du pain de chaque jour à défendre, et l'honneur de nos maisons, nul d'entre nous n'aura jamais assez de théologie pour devenir seulement chanoine. Mais nous en savons assez pour devenir des saints.

Que d'autres administrent en paix le royaume de Dieu ! Nous avons déjà trop à faire d'arracher chaque heure du jour, une par une, à grand-peine, chaque heure de l'interminable jour, jusqu'à l'heure attendue, l'heure unique où Dieu daignera souffler sur sa créature exténuée, Ô Mort si fraîche, ô seul matin !

Que d'autres prennent soin du spirituel, argumentent, légifèrent : nous tenons le temporel à pleines mains, nous tenons à pleines mains le royaume temporel de Dieu.

Nous tenons l'héritage des saints.

Car depuis que furent bénis avec nous la vigne et le blé, la pierre de nos seuils, le toit où nichent les colombes, nos pauvres lits pleins de songe et d'oubli, la route où grincent les chars, nos garçons au rire dur et nos filles qui pleurent au bord de la fontaine, depuis que Dieu lui-même nous visita, est-il rien en ce monde que nos saints n'aient dû reprendre, est-il rien qu'ils ne puissent donner ? ».

 

Georges Bernanos, Jeanne relapse et sainte,  Plon 1934, p 80-89

 

mardi 10 janvier 2012

La vocation de Jeanne d'Arc

 par Daniel Rops

dans Histoire de l'Eglise tome V pages 70-76

C’était grande pitié au royaume de France, au début de l'année 1429.
Il y avait cent ans, ou presque, que la guerre des Anglais désolait le pays, et cette épreuve semblait s'acheminer vers son terme, de la plus douloureuse façon.
Vaincue, quatorze ans plus tôt, une fois encore, à Azincourt, la couronne légitime avait roulé à terre, où l'Anglais l'avait ramassée.
Aux obsèques du malheureux dément Charles VI, en 1422, seul le duc de Bedford, régent de France au nom du roi de Londres, avait mené le deuil, comme si l'odieux traité de Troyes et les manigances d'Isabeau de Bavière avaient fondé le droit.
Pour défendre l'héritage de Saint Louis, il n'y avait plus, perdu dans les roseaux de la Loire, que le petit jeune homme à la longue figure, timide et mélan­colique, que ses partisans eux-mêmes hési­taient à appeler autrement que « dauphin », et que ses ennemis nommaient le « roi de Bourges ».
Enfin, aux angoisses de la guerre étrangère s'ajoutait, pour accabler le pauvre peuple, l'affreux miserere de la guerre civile. Les Bourguignons, oublieux de leurs racines françaises, paraissaient sur le point de réaliser le rêve de leur duc, de se faire souverain en amputant le royaume, et, pour atteindre ce but, s'étaient constitués les collaborateurs de la domina­tion étrangère.

Tout semblait perdu, et sans la grâce de Dieu, tout l'eût été.

Cependant, au plus profond de ce peuple déchiré, pantelant, dans les couches les plus humbles et les plus malheureuses, un sentiment demeurait vivace, grandissant même avec les épreuves, le sentiment dynas­tique aussi solide que le sentiment religieux, avec lequel d'ailleurs il était intimement associé.
La noblesse, la bourgeoisie pouvaient bien mêler à leur intermittente fidé­lité maintes considérations d'intérêt et de politique : chez les paysans de France cette fidélité était comme un instinct, une passion haute et pure, d'une naïve et admirable simplicité.
Il n'y avait qu'un roi légitime, celui que serait Charles VII quand il aurait reçu le sacre, et c'était en lui que s'incar­nait cette idée, toute jeune encore mais déjà puissante, d'une nation unie par une tradition de gloire comme par une commu­nauté d'âme et de destin.
Pour cette idée combien de villageois obscurs risquaient leur existence, luttant contre l'Anglais qui, victorieux, brûlait leurs maisons, pendait les hommes, enterrait vives les femmes ! Dieu ne dédaigne point les instruments humains, et les moyens naturels sont sou­vent ceux dont il se sert pour que ses desseins s'accomplissent.
Ainsi dans un petit village « armagnac » du Barrois, que la guerre avait atteint comme tant d'autres, la volonté divine avait-elle fait surgir l'hé­roïne qui la mettrait en acte et que cet immense courant de fidélités et d'exigences préparait, sans l’expliquer.

maison natale de Jeanne

Jeanne, fille de Jacques d'Arc et d'Isa­belle Romée était bien, totalement, une fille du peuple de France, une paysanne amie des bons travaux.
Pour elle, combattre l'Anglais sera un travail comme un autre, le plus nécessaire et le plus malaisé. De ce peuple terrien elle avait le bon sens dru, le solide équilibre, la franchise tranquille et aussi une façon toute naturelle d'aimer les beaux habits, les riches armures et son épée, prompte à donner « bonnes buffes et bons torchons ».
Mais elle avait aussi, et surtout, cette foi sûre, droite à l'essentiel, qui laissera quinauds les matois théologiens acharnés à l'embarrasser dans leurs inter­rogatoires.
De ce peuple de France elle avait, depuis sa petite enfance, partagé les angoisses et les peines - son village natal de Domremy avait été bien souvent en proie à la terreur des routiers et des Bourgui­gnons - mais elle en portait dans son cœur l'espérance.
En elle, par elle, c'est à l'aspiration profonde d'une nation chré­tienne que le Ciel fit écho.

« Sauver le royaume de France » : il semblait bien, en janvier 1429, qu'aucune chance n'en existât plus.
Le sort des armes paraissait réglé : à Cravant et à Verneuil, cinq ans plus tôt, les deux dernières grandes armées au service du dauphin s'étaient fait mettre en pièces, et Orléans serait tombée, que Talbot investissait depuis l'automne précédent, la route du Midi serait ouverte à l'Anglais, qui donnerait la main à ses garnisons de Gascogne.
Nulle intervention humaine n’était concevable : le pape lui-même n'avait  rien fait  pour sauver la couronne de Saint Louis, sans - doute parce qu'il n'avait rien pu faire, tout occupé qu'il était, le courageux Martin V à remettre un peu d'ordre dans l'Eglise saccagée par le schisme, et d'ailleurs lui-même bien proche de la mort.
Mais ce n’est pas seulement pour les individus, c' est aussi pour les peuples, que le moment de la pire déréliction est d'ordinaire l'heure que ­Dieu se réserve.
Dans ce jardin « Rois-Chenu » où, pour la première fois l'archange saint Michel, escorté de sainte Marguerite et de sainte Catherine avait parlé à la petite bergère lorraine dans cette citadelle de Neufchâteau où il avait répété son ordre, c'était la France entière qui avait reçu la sommation de l’espérance.

Jeanne avait treize ans à peine, quand pour  la première fois, les voix  mystérieuses  avaient retenti à ses oreilles.
Dix-sept ans ou  dix-huit  quand, malgré son  humilité elle accepta de leur obéir et de tenter l’incroyable aventure.
Pour que se manifestât dans l'histoire, en un sursaut d’héroïsme et de grandeur, la jeune conscience d’une nation qui voulait vivre libre, la providence  prenait comme instrument une enfant.

« Quitte ton village, fille de Dieu et va en France ! Prends ton étendard et lève-le hardiment ! Tu conduiras le dauphin à Reims, pour qu'il y reçoive son digne sacre ! Tu délivreras la France des Anglais ! »
L'étonnant n'est pas tant qu’une ­jeune inspirée, accoutumée depuis son enfance à vivre dans le surnaturel par la prière, ait entendu en elle ces ordres étranges, ni même qu'elle les ait exécutés, mais bien davantage que son rayonnement, son autorité aient été si grands qu’elle ait pu convaincre, et que des hommes, peu enclins à mêler le miracle à leur politique ou à leur stratégie, se soient rendus à ses mystérieuses raisons.

Mais tout n'est-il pas étrange dans cette légende qui est de l'histoire ? L'accep­tation du brave Baudricourt, capitaine du roi à Vaucouleurs, qui avait commencé par bien rire de la bergère, mais ensuite lui donna cheval, épée, escorte ; la marche de la minuscule troupe, du Barrois à Chinon, à travers des contrées infestées d'ennemis, sans un incident, sans une bagarre, dans l'émotion croissante de tout un peuple ; le face à face de la petite paysanne et du prince, ce colloque dont le secret n'a jamais été percé, mais dont le résultat fuit d'asso­cier la couronne légitime à l'entreprise, en apparence folle, de la jeune Lorraine ; ce prodigieux sursaut enfin qui lança à la déli­vrance d'Orléans des troupes accoutumées à se faire battre, et les bourgeois mêmes de la ville pourtant presque résignés au pire ; tous les épisodes de cette geste laissent l'historien déconcerté comme devant l'appa­rition du surnaturel en plein travers des faits quotidiens.

Lorsque le 17 juillet 1429, dans la basilique de Reims pavoisée, le dauphin Charles eut reçu l'onction qui le faisait roi, la mission immédiate de Jeanne d'Arc était accomplie, celle dont elle disait qu'elle obéissait au « plaisir de Dieu ».
A la face du monde, elle affirmait que la France et l'Angleterre avaient, l'une et l'autre, à se connaître comme des nations différentes ; elle proclamait le droit de tout peuple à défendre, avec sa liberté, son âme même.
Le rêve des Lancastre était anachronique ; c'était la paysanne de Domremy qui se trou­vait d'accord avec le courant de l'histoire ; et c'est pourquoi, aujourd'hui, les Anglais, eux aussi, lui rendent hommage, sachant bien qu'en les fixant dans leur destin insu­laire elle leur a été bénéfique.
Mais, déjà, certains contemporains avaient compris le sens profond de cette étonnante entreprise, tel ce chroniqueur italien qui écrivait: «  Par cette jeune fille pure et sans tache, Dieu a sauvé la plus belle partie de la chrétienté ;ce fait est le plus solennel qui se soit produit depuis cinq siècles. » Il avait raison.

Et cependant ce serait singulièrement réduire la signification de Jeanne d'Arc que de limiter à l'accomplissement de cette tâche grandiose et nécessaire sa vocation.
Il lui a été ordonné de sauver la France « de par le roi du Ciel », c'est-à-dire dans les intentions chrétiennes.
La patrie, le royaume, le roi lui-même, ce sont bien, pour la vierge guerrière, des réalités qui ont à ses yeux plus de valeur que la vie, mais il est une autre réalité qui les prime toutes, parce que c'est d'elle seule que toutes procèdent : Dieu, le Christ, l'Eglise. «  Dieu premier servi ! » la devise de l'hé­roïne doit être comprise jusqu'à l'extrême de ses exigences. Tout, absolument tout, pour elle, s'ordonnait aux intentions de la justice, qui est amour.

Tel est le sens du patriotisme de Jeanne d'Arc.
C'est en Dieu qu'elle aimait la France, comme les saints ont aimé en Dieu les pauvres et les pécheurs, et, pré­cisément, elle l'aimait parce qu'elle la voyait misérable, déchirée, pécheresse, elle l'aimait d'un amour de rédemption.
Il n'y avait, dans cet amour, rien d'orgueilleux ni d'agressif ; elle n'a jamais parlé d'aller conquérir l'Angleterre, ni d'imposer à qui­conque sa domination.
Elle n'a jamais non plus pensé qu'en faisant ce qu'elle faisait, elle couvrait de gloire sa patrie et que ses prouesses lui donneraient des droits à com­mander aux autres.
Tout ce qu'elle réclamait pour son pays, pour son roi, comme pour elle-même, c'était une vie simple et humble, où il serait rendu à chacun selon son droit.
Elle se battait pour faire régner la justice de Dieu et pour nulle autre cause ;  « Dieu hait-­il donc les Anglais ? » lui demandera-t-on pour lui tendre un piège. Nullement. Il les aime autant que tout autre peuple, mais chez eux, selon l'équité, et non pas quand ils attentent aux libertés des autres.
Ce n'était pas tant les Anglais que Jeanne combattait, que l'injustice.
Aucune héroïne du champ de bataille ne s'est jamais mon­trée plus tendre, plus fraternelle à ses propres ennemis.

Ainsi, par-delà le but immédiat qu'elle visait, la libération de la France et la res­tauration du royaume en sa dignité, il y en avait un autre plus essentiel. Elle le connais­sait parfaitement, elle, la petite paysanne qui ne savait rien de la philosophie de l'histoire, elle le distinguait tout simplement avec les yeux de la foi. A plusieurs reprises, elle l'a désigné. Quand, par exemple, elle écrivait aux Anglais de Bedford sa fameuse lettre du mardi saint 1429 pour les inviter à quitter la France avant d'en être boutés hors, ou quand elle s'adressait au duc de Bourgogne le 17 juillet de la même année, ou encore - ce qui est plus étonnant - ­quand elle tançait dans une véhémente épître les hussites de Bohême, parce qu'elle avait entendu dire que leur guerre impie, née d'un sentiment patriotique exacerbé, déchirait l'Eglise ; en toutes circonstances sa conclusion était la même : il faut mettre fin aux luttes entre baptisés ; il faut unir toutes les forces chrétiennes en un seul fais­ceau pour servir le Christ ; il faut que tous travaillent d'un même cœur à la même entreprise.
Laquelle ? A cette unité recons­tituée, Jeanne proposait comme but formel la croisade, en quoi elle demeurait de son temps. Mais à travers le rêve du « grand passage », ce qu'elle concevait, c'était en réalité un nouvel ordre de la chrétienté, où chaque nation aurait sa mission propre à accomplir, mais où toutes seraient associées en une intention supérieure, celle dont tout chrétien formule quotidiennement le sou­hait : l'avènement du règne de Dieu.

L'atroce acharnement que les Anglais manifestèrent à se débarrasser de leur jeune adversaire s'explique par l'importance his­torique qu'avait sa mission.
Avec elle, la guerre avilit définitivement changé de mesure ; il ne s'agissait plus, comme il y en avait eu tant clans l'ancienne chrétienté, d'un de ces conflits féodaux où il importait peu que tel peuple trouvât un autre maître, car cela ne modifiait en rien le sens qu'il pouvait avoir de son propre destin ; désor­mais, il s'agissait d'une lutte, où une nation entendait défendre la vie que Dieu lui avait donnée, sa raison d'être que la Providence lui reconnaissait.
Et dans ces perspectives nouvelles d'une unité chrétienne  nouée dans la fraternité et la justice, les soldats de Henri VI n'étaient plus que des agres­seurs, portant atteinte à un principe sacré.
Il fallait donc discréditer celle qui incarnait visiblement le droit de la France à n'être pas un fief du royaume d'Angleterre, et le seul moyen de ruiner ce prestige de la jeune héroïne était d'en saper les bases surnatu­relles, celles qui, aux yeux du peuple, faisaient reposer sa vocation sur la volonté même de Dieu.
C'était assez facile, les gens d'Eglise se méfiant toujours d'abord des manifestations extraordinaires ; et le mys­tère qui entourait l'inspirée de Domremy  étant si opaque que rares furent les théologiens - Gerson, Gelu, archevêque d'Embrun, et les maîtres de Poitiers - qui osèrent en son temps affirmer l'authenticité religieuse de sa mission.
Dans une situa­tion aussi complexe, des juges ecclésias­tiques qui n'étaient pas tous indignes, manœuvrés peut-être par l'évêque de Beauvais, Cauchon, et quelques autres prélats politi­ciens, purent, au cours d'un procès inquisi­toire affreux, scrupuleusement juridique dans ses apparences, mais en réalité mené dans le seul dessein d'aboutir à la condamnation, travailler sans le savoir contre la foi chrétienne et les intentions divines.
Les hommes sont faillibles et il n'est pas donné à tous de discerner les voies par lesquelles la Providence veut poursuivre ses desseins.

Mais pour nous qui lisons dans leurs minutes les procès-verbaux des intermi­nables interrogatoires de l'hiver 1430 et du printemps 1431, ce qui s'impose à l'esprit c'est la certitude que toute cette grandiose aventure a un sens qui ne relève d'aucun déterminisme historique et qu'une volonté transcendante à celle des hommes s'y est manifestée.
L'enfant merveilleusement fine et simple, qui tint tête aux plus retors des théologiens, dont la foi s'affirmait en toute occasion, si pure et si prudente, totalement conforme aux enseignements de l'Eglise, il faut bien, pour qu'elle ait été telle, qu'une puissance surnaturelle l’ait guidée, que Dieu ait fait d'elle son instrument.
Et, à l'heure suprême, sur le bûcher d'iniquité où le 30 mai 1431, en la place du Vieux-Marché à Rouen, elle montera, de sa mission authen­tiquement divine elle fournira encore la preuve décisive en refusant de confondre ces prêtres iniques qui l'ont condamnée avec l'Eglise Mère, surnaturellement juste et infaillible, en proclamant jusqu'au bout sa fidélité au pape vers qui elle lance son dernier appel et en mourant dans un élan de foi si sublime que tels de ses bourreaux eux-mêmes en seront bouleversés.

Tel est le sens profond de la vocation de Jeanne d'Arc, sainte de la patrie fran­çaise, mais aussi sainte de la chrétienté.
De cette grande image qu'elle avait portée en elle, le proche avenir ne devait pas retenir la leçon.
Les peuples chrétiens, de plus en plus, se raidiront dans leurs droits, dans leurs égoïsmes, et, à l'unité fraternelle que souhaitait la jeune sainte, les antagonismes nationaux substitueront l'équilibre des forces, c'est-à-dire le chaos.
A elle du moins a-t-il été rendu justice ? En 1456, vingt-cinq ans après sa mort, elle fut réhabilitée, au cours d'un procès mené avec plus de soin qu'on ne le disait naguère, mais où, visi­blement, intervinrent des raisons politiques autant que religieuses, dans le climat nou­veau que la victoire de Charles VII sur l'Angleterre avait créé.

En 1920, l'Eglise lui a rendu un plus éclatant hommage en la canonisant. « Sainte Jeanne d'Arc, vierge » dit la liturgie de la fête ; mais, discutable théologiquement, le titre de « martyre » ne vient-il pas aux lèvres quand on pense à elle ? Car ce n'est pas seulement les péchés de la France que Jeanne la Pucelle prit sur ses épaules, mais ceux de la chrétienté infi­dèle et prête à se trahir.
Et son jeune sang fut versé, en définitive, pour témoigner de la plus profonde des vérités chrétiennes : qu'il existe, au-dessus des intérêts légitimes des peuples, un intérêt suprême auquel tous doivent se soumettre ; que, même en poli­tique, Dieu doit être « premier servi ».

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mercredi 11 janvier 2012

Jeanne d’Arc Par le pape Benoît XVI janvier 2011

 

 Benoît XVI, audience générale du mercredi 26 janvier 2011.

Je voudrais aujourd'hui vous parler de Jeanne d'Arc, une jeune sainte de la fin du Moyen-âge, morte à 19 ans, en 1431. Cette sainte française, citée à plusieurs reprises dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, est particulièrement proche de sainte Catherine de Sienne, patronne d'Italie et de l'Europe, dont j'ai parlé dans une récente catéchèse. Ce sont en effet deux jeunes femmes du peuple, laïques et consacrées dans la virginité; deux mystiques engagées non dans le cloître, mais au milieu de la réalité la plus dramatique de l'Eglise et du monde de leur temps. Ce sont peut-être les figures les plus caractéristiques de ces «femmes fortes» qui, à la fin du Moyen-âge, portèrent sans peur la grande lumière de l'Evangile dans les complexes événements de l'histoire. Nous pourrions les rapprocher des saintes femmes qui restèrent sur le Calvaire, à côté de Jésus crucifié et de Marie sa Mère, tandis que les Apôtres avaient fui et que Pierre lui-même l'avait renié trois fois. L'Eglise, à cette époque, vivait la crise profonde du grand schisme d'Occident, qui dura près de 40 ans. Lorsque Catherine de Sienne meurt, en 1380, il y a un Pape et un Antipape; quand Jeanne naît en 1412, il y a un Pape et deux Antipapes. Avec ce déchirement à l’intérieur de l'Eglise, des guerres fratricides continuelles divisaient les peuples chrétiens d'Europe, la plus dramatique d'entre elles ayant été l'interminable «Guerre de cent ans» entre la France et l'Angleterre.

Jeanne d'Arc ne savait ni lire ni écrire, mais elle peut être connue dans la profondeur de son âme grâce à deux sources d'une valeur historique exceptionnelle: les deux Procès qui la concernent. Le premier, le Procès de condamnation (PCon), contient la transcription des longs et nombreux interrogatoires de Jeanne durant les derniers mois de sa vie (février-mai 1431), et reporte les paroles mêmes de la sainte. Le second, le Procès en nullité de la condamnation, ou de «réhabilitation» (PNul), contient les dépositions d'environ 120 témoins oculaires de toutes les périodes de sa vie (cf. Procès de condamnation de Jeanne d'Arc, 3 vol. et Procès en nullité de la condamnation de Jeanne d'Arc, 5 vol., ed. Klincksieck, Paris 1960-1989).
Jeanne naît à Domremy, un petit village à la frontière entre la France et la Lorraine. Ses parents sont des paysans aisés, connus de tous comme d'excellents chrétiens. Elle reçoit d'eux une bonne éducation religieuse, avec une influence importante de la spiritualité du Nom de Jésus, enseignée par saint Bernardin de Sienne et répandue en Europe par les franciscains. Au Nom de Jésus est toujours uni le Nom de Marie et ainsi, sur un fond de religiosité populaire, la spiritualité de Jeanne est profondément christocentrique et mariale. Depuis l'enfance, elle démontre une grande charité et compassion envers les plus pauvres, les malades et tous les souffrants, dans le contexte dramatique de la guerre.

De ses propres paroles nous apprenons que la vie religieuse de Jeanne mûrit comme expérience mystique à partir de l'âge de 13 ans (PCon, I, p. 47-48). A travers la «voix» de l'archange saint Michel, Jeanne se sent appelée par le Seigneur à intensifier sa vie chrétienne ainsi qu'à s'engager personnellement pour la libération de son peuple. Sa réponse immédiate, son «oui», est le vœu de virginité, avec un nouvel engagement dans la vie sacramentelle et dans la prière: participation quotidienne à la Messe, confession et communion fréquentes, longs temps de prière silencieuse devant le Crucifix ou l'image de la Vierge. La compassion et l'engagement de la jeune paysanne française face à la souffrance de son peuple sont encore renforcés par son rapport mystique avec Dieu. L'un des aspects les plus originaux de la sainteté de cette jeune fille est précisément ce lien entre l'expérience mystique et la mission politique. Après les années de vie cachée et de maturation intérieure s'ensuivent deux brèves, mais intenses années de sa vie publique: une année d'action et une année de passion.
Au début de l'année 1429, Jeanne entame son œuvre de libération. Les nombreux témoignages nous montrent cette jeune femme de 17 ans seulement, comme une personne très forte et décidée, capable de convaincre des hommes incertains et découragés. Surmontant tous les obstacles, elle rencontre le Dauphin de France, le futur roi Charles VII, qui à Poitiers la soumet à un examen mené par plusieurs théologiens de l'université. Leur avis est positif: en elle, ils ne voient rien de mal, seulement une bonne chrétienne.
Le 22 mars 1429, Jeanne dicte une importante lettre au roi d'Angleterre et à ses hommes qui assiègent la ville d'Orléans (ibid., p. 221-222). Sa proposition est une véritable paix dans la justice entre les deux peuples chrétiens, à la lumière des noms de Jésus et de Marie, mais elle est rejetée, et Jeanne doit s'engager dans la lutte pour la libération de la ville, qui advient le 8 mai. L'autre moment culminant de son action politique est le couronnement du roi Charles VII à Reims, le 17 juillet 1429. Pendant toute une année, Jeanne vit avec les soldats, accomplissant au milieu d'eux une vraie mission d'évangélisation. Nombreux sont leurs témoignages sur sa bonté, son courage et son extraordinaire pureté. Elle est appelée par tous et elle-même se définit comme «la pucelle», c’est-à-dire la vierge.
La passion de Jeanne débute le 23 mai 1430, lorsqu'elle tombe prisonnière entre les mains de ses ennemis. Le 23 décembre, elle est conduite dans la ville de Rouen. C'est là que se déroule le long et dramatique Procès de condamnation, qui commence en février 1431 et finit le 30 mai avec le bûcher. C'est un grand procès solennel, présidé par deux juges ecclésiastiques, l'évêque Pierre Cauchon et l'inquisiteur Jean le Maistre, mais en réalité il est entièrement guidé par un groupe nombreux de théologiens de la célèbre université de Paris, qui participent au procès comme assesseurs. Ce sont des ecclésiastiques français qui, ayant fait un choix politique opposé à celui de Jeanne, ont a priori un jugement négatif sur sa personne et sur sa mission. Ce procès est une page bouleversante de l’histoire de la sainteté et également une page éclairante sur le mystère de l’Eglise, qui, selon les paroles du Concile Vatican II, est «à la fois sainte et appelée à se purifier» (LG, n. 8). C’est la rencontre dramatique entre cette sainte et ses juges, qui sont des ecclésiastiques. Jeanne est accusée et jugée par eux, jusqu’à être condamnée comme hérétique et envoyée à la mort terrible sur le bûcher. A la différence des saints théologiens qui avaient illuminé l’université de Paris, comme saint Bonaventure, saint Thomas d’Aquin et le bienheureux Duns Scot, dont j’ai parlé dans plusieurs catéchèses, ces juges sont des théologiens auxquels manquent la charité et l’humilité pour voir chez cette jeune l’action de Dieu. Les paroles de Jésus viennent à l’esprit, selon lesquelles les mystères de Dieu sont révélés à qui possède le cœur des tout-petits, alors qu’ils restent cachés aux sages et aux savants qui n’ont pas d’humilité (cf. Lc 10, 21). Ainsi, les juges de Jeanne sont radicalement incapables de la comprendre, de voir la beauté de son âme: ils ne savaient pas qu’ils condamnaient une sainte.

L’appel de Jeanne au jugement du Pape, le 24 mai, est rejeté par le tribunal. Le matin du 30 mai, elle reçoit pour la dernière fois la Communion en prison, et est immédiatement conduite au supplice sur la place du vieux marché. Elle demande à l’un de ses prêtres de tenir devant le bûcher une croix de procession. C’est ainsi qu’elle meurt en regardant Jésus Crucifié et en prononçant plusieurs fois et à haute voix le Nom de Jésus (PNul, I, p. 457; cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, 435). Environ vingt-cinq ans plus tard, le Procès de nullité, ouvert sous l’autorité du Pape Calixte III, se conclut par une sentence solennelle qui déclare nulle sa condamnation (7 juillet 1456; PNul, II p. 604-610). Ce long procès, qui recueillit les dépositions des témoins et les jugements de nombreux théologiens, tous favorables à Jeanne, met en lumière son innocence et sa parfaite fidélité à l’Eglise. Jeanne d’Arc sera ensuite canonisée par Benoît XV en 1920.
Chers frères et sœurs, le Nom de Jésus invoqué par notre sainte jusqu’aux derniers instants de sa vie terrestre, était comme le souffle incessant de son âme, comme le battement de son cœur, le centre de toute sa vie. Le «Mystère de la charité de Jeanne d’Arc», qui avait tant fasciné le poète Charles Péguy, est cet amour total pour Jésus, et pour son prochain en Jésus et pour Jésus. Cette sainte avait compris que l’Amour embrasse toute la réalité de Dieu et de l’homme, du ciel et de la terre, de l’Eglise et du monde. Jésus est toujours à la première place dans sa vie, selon sa belle expression: «Notre Seigneur premier servi» (PCon, I, p. 228; cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, 223). L’aimer signifie toujours obéir à sa volonté. Elle affirme avec une totale confiance et abandon: «Je m’en remets à Dieu mon créateur, je l’aime de tout mon cœur» (ibid., p. 337). Avec le vœu de virginité, Jeanne consacre de manière exclusive toute sa personne à l’unique Amour de Jésus: c’est «la promesse qu’elle a faite à Notre Seigneur de bien garder sa virginité de corps et d’âme» (ibid., p. 149-150). La virginité de l’âme est l’état de grâce, valeur suprême, pour elle plus précieuse que la vie: c’est un don de Dieu qui doit être reçu et conservé avec humilité et confiance. L’un des textes les plus connus du premier Procès concerne précisément cela: «Interrogée si elle sait d’être en la grâce de Dieu, elle répond: “Si je n’y suis, Dieu m’y veuille mettre; et si j’y suis, Dieu m’y veuille tenir”» (ibid., p. 62; cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, 2005).

Notre sainte vit la prière sous la forme d’un dialogue permanent avec le Seigneur, qui illumine également son dialogue avec les juges et lui apporte la paix et la sécurité. Elle demande avec confiance: «Très doux Dieu, en l’honneur de votre sainte Passion, je vous requiers, si vous m’aimez, que vous me révélez comment je dois répondre à ces gens d’Eglise» (ibid., p. 252). Jésus est contemplé par Jeanne comme le «Roi du Ciel et de la Terre». Ainsi, sur son étendard, Jeanne fait peindre l’image de «Notre Seigneur tenant le monde» (ibid., p. 172): icône de sa mission politique. La libération de son peuple est une œuvre de justice humaine, que Jeanne accomplit dans la charité, par amour de Jésus. Elle est un bel exemple de sainteté pour les laïcs engagés dans la vie politique, en particulier dans les situations les plus difficiles. La foi est la lumière qui guide chaque choix, comme témoignera, un siècle plus tard, un autre grand saint, l’anglais Thomas More. En Jésus, Jeanne contemple également toute la réalité de l’Eglise, l’«Eglise triomphante» du Ciel, comme l’«Eglise militante» de la terre. Selon ses paroles, «c’est tout un de Notre Seigneur et de l’Eglise» (ibid., p. 166). Cette affirmation, citée dans le Catéchisme de l’Eglise catholique (n. 795), possède un caractère vraiment héroïque dans le contexte du Procès de condamnation, face à ses juges, hommes d’Eglise, qui la persécutèrent et la condamnèrent. Dans l’Amour de Jésus, Jeanne trouve la force d’aimer l’Eglise jusqu’à la fin, même au moment de sa condamnation.
J’ai plaisir à rappeler que sainte Jeanne d’Arc a eu une profonde influence sur une jeune sainte de l’époque moderne: sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Dans une vie complètement différente, passée dans la clôture, la carmélite de Lisieux se sentait très proche de Jeanne, vivant au cœur de l’Eglise et participant aux souffrances du Christ pour le salut du monde. L’Eglise les a réunies comme patronnes de la France, après la Vierge Marie. Sainte Thérèse avait exprimé son désir de mourir comme Jeanne, en prononçant le Nom de Jésus (Manuscrit B, 3r), et elle était animée par le même grand amour envers Jésus et son prochain, vécu dans la virginité consacrée.
Chers frères et sœurs, avec son témoignage lumineux, sainte Jeanne d’Arc nous invite à un haut degré de la vie chrétienne: faire de la prière le fil conducteur de nos journées; avoir pleinement confiance en accomplissant la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit; vivre la charité sans favoritismes, sans limite et en puisant, comme elle, dans l’Amour de Jésus un profond amour pour l’Eglise. Merci.

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samedi 24 mars 2012

En fréquentant les saints vous grandirez dans la connaissance du Christ

ROME, samedi 24 mars 2012 (ZENIT.org)

Un grand rassemblement des diocèses de France réunit en effet autour des évêques 2 600 participants, ces samedi 24 et dimanche 25 mars, pour préparer le 50ème anniversaire de l'ouverture du Concile Vatican II. 

Message de Benoît XVI aux catholiques de France

réunis à Lourdes pour les 50 ans de Vatican II

Chers frères et sœurs de France,

C'est une grande joie pour moi de pouvoir vous adresser mon salut chaleureux à  vous qui êtes venus nombreux, à Lourdes, en réponse a l’appel de vos Évêques, pour célébrer le cinquantième anniversaire de l'ouverture du Concile Vatican II.
Je vous rejoins par la prière et par le cœur dans la démarche de foi que vous accomplissez auprès de la grotte de Massabielle.

Le Concile Vatican II a été et demeure un authentique signe de Dieu pour notre temps.
Si nous savons le lire et le recevoir à l’intérieur de la Tradition de l'Église et sous la direction sûre du Magistère, il deviendra toujours plus une grande force pour l'avenir de l'Église.
Aussi, je souhaite vivement que cet anniversaire soit, pour vous et pour toute l'Église qui est en France, l'occasion d'un renouveau spirituel et pastoral.
En effet, il nous est ainsi donné de pouvoir mieux connaître les textes que les Pères Conciliaires nous ont laissés en héritage et qui n'ont rien perdu de leur valeur, afin de les assimiler et d'en faire produire des fruits pour aujourd'hui.

Ce renouveau, qui se situe dans la continuité, prend de multiples formes ;et l'année de la foi, que j'ai voulu proposer à toute l'Église en cette occasion, doit permettre de rendre notre foi plus consciente et de raviver notre adhésion à l'Évangile.
Cela demande une ouverture toujours plus grande à la personne du Christ, en retrouvant notamment le goût de la Parole de Dieu, pour réaliser une conversion profonde de notre cœur et aller par les routes du monde proclamer l'Évangile de l'espérance aux hommes et aux femmes de notre temps, dans un dialogue respectueux avec tous.
Que ce temps de grâce permette aussi de consolider la communion à l'intérieur de la grande famille qu'est l'Église catholique et contribue à restaurer l'unité entre tous les chrétiens, ce qui fut l'un des objectifs principaux du Concile.

Le renouveau de l'Église passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des chrétiens eux-mêmes pour que resplendisse la Parole de vérité que le Seigneur nous a laissée.
Chers amis, en fréquentant les témoins de la foi, comme sainte Bernadette, l'humble voyante de Lourdes, Pauline Jaricot qui a suscité dans l'Église un nouvel élan missionnaire et tant d'autres, qui ont germé de la terre de France, vous grandirez dans la connaissance du Christ.
Par leur service de Dieu et de leurs frères, ces hommes et ces femmes nous montrent combien la foi est un acte personnel et communautaire, qui implique aussi un témoignage et un engagement publics que nous ne pouvons négliger !
Sainte Jeanne d'Arc, dont nous célébrons cette année le sixième centenaire de la naissance, en est un exemple lumineux, elle qui a voulu porter l'Évangile au cœur des réalités les plus dramatiques de l'histoire et de l'Église de son temps.

Redécouvrir la joie de croire et l'enthousiasme de communiquer la force et la beauté de la foi est un enjeu essentiel de la nouvelle évangélisation à laquelle est conviée toute l'Église. Mettez-vous en route sans crainte pour conduire les hommes et les femmes de votre pays vers l'amitié avec le Christ !

Chers Frères et Sœurs, que la Vierge Immaculée, Notre-Dame de Lourdes, qui a eu un rôle si important dans le mystère du Salut, soit aussi pour vous une lumière sur la route qui conduit vers le Christ ; qu'elle vous aide à grandir dans la foi. À vous tous, Évêques et fidèles, pèlerins de Lourdes, et à vous frères et sœurs de France qui êtes unis à nous par la radio ou la télévision, j'adresse de grand cœur une affectueuse Bénédiction Apostolique !