samedi 9 mai 2009

Ste THERESE de L'ENFANT JESUS 1873-1897

THERESE de l'ENFANT JESUS                                            

     Fête le 1er octobre

 Née à Alençon, en Normandie, dernière d'une famille de 9 enfants dont le père est horloger, Thérèse vit sa petite enfance heureuse.

A 4 ans et demi, elle perd sa mère.

Sous le choc, la petite Thérèse devient timide et hypersensible. La famille s'installe alors à Lisieux où Thérèse grandit dans la chaude atmosphère familiale, près de ses sœurs et de son papa.

A 9 ans, elle subit un nouveau choc quand sa grande sœur Pauline, qui remplace sa maman, entre au Carmel.

Thérèse souffre d'une grave maladie nerveuse. Elle est guérie par un sourire de la Vierge.

A 13 ans, la nuit de Noël, Thérèse, qui était jusqu'alors d'une hypersensibilité, reçoit le don de force.

A 15 ans, elle entre au Carmel de Lisieux où elle prend le nom de Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face.

Pendant 9 ans, elle mène une vie simple partagée entre son travail de lingère et de ménagère, de maîtresse des novices, et la prière.

Minée par la tuberculose, elle souffre aussi d'aridités intérieures et de solitude spirituelle.

La maladie de son père, atteint de moments de folie, l'affecte profondément. Mais elle offre toutes ses souffrances généreusement, notamment pour les missionnaires, se livrant totalement à l'amour miséricordieux de Jésus, accomplissant les actes simples de la vie quotidienne dans un amour confiant et total.

Elle meurt à 24 ans en prononçant ces mots : " Mon Dieu, je vous aime."  Peu de temps  auparavant,  elle avait promis de « passer son ciel à faire du bien sur la terre ».

Proclamée patronne des missions et patronne secondaire de la France, elle est déclarée docteur de l'Eglise par Jean Paul II.

Remarque : Pour la petite Thérèse, " la sainteté consiste en une disposition du cœur qui nous rend humbles et petits entre les bras de Dieu, conscients de notre faiblesse, et confiants jusqu'à l'audace en sa bonté de Père ".

Compléments


vendredi 23 septembre 2011

Notre Eglise est l'Eglise des saints

Car l’heure des saints vient toujours. Notre Eglise est l'Eglise des saints. 

   Qui s'approche d'elle avec méfiance ne croit voir que des portes closes, des barrières et des guichets, une espèce de gendarmerie spirituelle.

Mais notre Eglise est l'Eglise des saints.

Pour être un saint, quel évêque ne donnerait son anneau, sa mitre, sa crosse, quel cardinal sa pourpre, quel pontife sa robe blanche, ses camériers, ses suisses et tout son temporel ?

Qui ne voudrait avoir la force de courir cette admirable aventure ?
Car la sainteté est une aventure, elle est même la seule aventure.

 Qui l'a une fois compris est entré au cour de la foi catholique, a senti tressaillir dans sa chair mortelle une autre terreur que celle de la mort, une espérance surhumaine.

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Mais qui se met en peine des saints ?
On voudrait qu'ils fussent des vieillards pleins d'expérience et de politique, et la plupart sont des enfants.
Or l'enfance est seule contre tous.
Les malins haussent les épaules, sourient : quel saint eut beaucoup à se louer des gens d'Eglise ?

 Hé ! Que font ici les gens d'Eglise ! Pourquoi veut-on qu'ait accès aux plus héroïques des hommes tel ou tel qui s'assure que le royaume du ciel s'emporte comme un siège à l'Académie, en ménageant tout le monde ?
Dieu n'a pas fait l'Eglise pour la prospérité des saints, mais pour qu'elle transmît leur mémoire, pour que ne fût pas perdu, avec le divin miracle, un torrent d'honneur et de poésie.
Qu'une autre Eglise montre ses saints !

 La nôtre est l'Eglise des saints.

A qui donneriez-vous à garder ce troupeau d'anges ?

La seule histoire, avec sa méthode sommaire, son réalisme étroit et dur, les eût brisés.
Notre tradition catholique les emporte, sans les blesser, dans son rythme universel.
Saint Benoit avec son corbeau, saint François avec sa mandore et ses vers provençaux, Jeanne avec son épée, Vincent avec sa pauvre soutane, et la dernière venue, si étrange, si secrète, suppliciée par les entrepreneurs et les simoniaques, avec son incompréhensible sourire, Thérèse de l'Enfant Jésus.

Souhaiterait-on qu'ils eussent tous été, de leur vivant, mis en châsse ?
Assaillis d'épithètes ampoulées, salués à genoux, encensés ?
De telles gentillesses sont bonnes pour les chanoines.

Ils vécurent, ils souffrirent comme nous.
Ils furent tentés comme nous.

Ils eurent leur pleine charge et plus d'un, sans la lâcher, se coucha dessous pour mourir.
Quiconque n'ose encore retenir de leur exemple la part sacrée, la part divine, y trouvera du moins la leçon de l'héroïsme et de l'honneur.
Mais qui ne rougirait de s'arrêter si tôt, de les laisser poursuivre seuls leur route immense ?

Qui voudrait perdre sa vie à ruminer le problème du mal, plutôt que de se jeter en avant ? Qui refusera de libérer la terre ?

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Tout ce grand appareil de sagesse, de force, de souple discipline, de magnificence et de majesté n'est rien de lui-même, si la charité ne l'anime.

Mais la médiocrité n'y cherche qu'une assurance solide contre les risques du divin.
Qu'importe ! Le moindre petit garçon de nos catéchismes sait que la bénédiction de tous les homme d'Eglise ensemble n'apportera jamais la paix qu'aux âmes déjà prêtes à la recevoir, aux âmes de bonne volonté.

 Aucun rite ne dispense d'aimer.

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Nulle part ailleurs on ne voudrait imaginer seulement telle aventure, et si humaine, d'une petite héroïne qui passe un jour tranquillement du bûcher de l'inquisiteur en Paradis, au nez de cent cinquante théologiens.
« Si nous sommes arrivés à ce point, écrivaient au pape les juges de Jeanne, que les devineresses vaticinant faussement au nom de Dieu, comme certaine femelle prise dans les limites du diocèse de Beauvais, soient mieux accueillies par la légèreté populaire que les pasteurs et les docteurs, c'en est fait, la religion va périr, la foi s'écroule, l'Eglise est foulée aux pieds, l'iniquité de Satan dominera le monde !...»
et voilà qu'un peu moins de cinq cents ans plus tard l'effigie de la devineresse est exposée à Saint-Pierre de Rome, il est vrai peinte en guerrière, sans tabard ni robe fendue !, et à cent pieds au-dessous d'elle, Jeanne aura pu voir un minuscule homme blanc, prosterné, qui était le pape lui-même.

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Du Pontife au gentil clergeon qui boit le vin des burettes, chacun sait qu'on ne trouve au calendrier qu'un très petit nombre d'abbés oratoires et de prélats diplomates.

Seul peut en douter tel ou tel bonhomme bien pensant, à gros ventre et à chaîne d'or, qui trouve que les saints courent trop vite, et souhaiterait d'entrer au paradis à petits pas, comme au banc d'ouvre, avec le curé son compère.

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Nous respectons les services d'intendance, la prévôté, les majors et les cartographes, mais notre cour est avec les gens de l'avant, notre cour est avec ceux qui se font tuer.

Nul d'entre nous portant sa charge, (patrie, métier, famille), avec nos pauvres visages creusés par l'angoisse, nos mains dures, l'énorme ennui de la vie quotidienne, du pain de chaque jour à défendre, et l'honneur de nos maisons, nul d'entre nous n'aura jamais assez de théologie pour devenir seulement chanoine. Mais nous en savons assez pour devenir des saints.

Que d'autres administrent en paix le royaume de Dieu ! Nous avons déjà trop à faire d'arracher chaque heure du jour, une par une, à grand-peine, chaque heure de l'interminable jour, jusqu'à l'heure attendue, l'heure unique où Dieu daignera souffler sur sa créature exténuée, Ô Mort si fraîche, ô seul matin !

Que d'autres prennent soin du spirituel, argumentent, légifèrent : nous tenons le temporel à pleines mains, nous tenons à pleines mains le royaume temporel de Dieu.

Nous tenons l'héritage des saints.

Car depuis que furent bénis avec nous la vigne et le blé, la pierre de nos seuils, le toit où nichent les colombes, nos pauvres lits pleins de songe et d'oubli, la route où grincent les chars, nos garçons au rire dur et nos filles qui pleurent au bord de la fontaine, depuis que Dieu lui-même nous visita, est-il rien en ce monde que nos saints n'aient dû reprendre, est-il rien qu'ils ne puissent donner ? ».

 

Georges Bernanos, Jeanne relapse et sainte,  Plon 1934, p 80-89

 

samedi 25 février 2012

Jean Paul II et la théologie vécue des saints

Dans sa LETTRE APOSTOLIQUE NOVO MILLENNIO INEUNTE, le pape JEAN-PAUL II a recours à la "théologie vécue des saints" pour mieux appréhender
le mystère de Jésus en Croix :

27. Face à ce mystère, conjointement à la recherche théologique, une aide sérieuse peut nous venir du grand patrimoine qu'est
la « théologie vécue » des Saints.

Ceux-ci nous offrent des indications précieuses qui permettent d'accueillir plus facilement l'intuition de la foi, et cela en fonction des lumières particulières que certains d'entre eux ont reçues de l'Esprit Saint, ou même à travers l'expérience qu'ils ont faite de ces états terribles d'épreuve que la tradition mystique appelle « nuit obscure ».

Bien souvent, les saints ont vécu quelque chose de semblable à l'expérience de Jésus sur la Croix, dans un mélange paradoxal de béatitude et de douleur.

Dans le Dialogue de la Divine Providence, Dieu le Père montre à Catherine de Sienne que dans les âmes saintes peuvent être présentes à la fois la joie et la souffrance:
« Et l'âme est bienheureuse et souffrante: souffrante pour les péchés du prochain, bienheureuse par l'union et l'affection de la charité qu'elle a reçue en elle. Ceux-là imitent l'Agneau immaculé, mon Fils unique, lequel sur la Croix était bienheureux et souffrant ».

De la même façon, Thérèse de Lisieux vit son agonie en communion avec celle de Jésus, éprouvant précisément en elle le paradoxe de Jésus bienheureux et angoissé:
« Notre Seigneur dans le Jardin des Oliviers jouissait de toutes les délices de la Trinité, et pourtant son agonie n'en était pas moins cruelle.
C'est un mystère, mais je vous assure que j'en comprends quelque chose par ce que j'éprouve moi-même ».14

C'est un témoignage lumineux! Du reste, le récit même des évangélistes assure le fondement de cette perception ecclésiale de la conscience du Christ quand il rappelle que Jésus, même dans l'abîme de la douleur, meurt en implorant le pardon pour ses bourreaux (cf. Lc 23,34) et en adressant à son Père son abandon filial jusqu'à l'extrême: « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23,46).

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