jeudi 26 mars 2009

Une formation

LE PATRIMOINE SPIRITUEL DE LA FRANCE

Les peuples qui ont reçu un très riche héritage spirituel doivent le préserver comme la prunelle de leurs yeux (...). Catholiques de France, vous avez hérité d’un patrimoine considérable de foi et de traditions chrétiennes. C’est ce trésor pour lequel les saints de votre pays ont tout sacrifié, afin de "s’en emparer" comme le demande l’Évangile. [_Jean-Paul II_]

LES SAINTS MODÈLES ET INTERCESSEURS

"Contempler la vie des hommes qui ont suivi fidèlement le Christ est un stimulant (…),  à  rechercher (…) et à connaître le chemin très sûr par lequel, (…), il nous sera possible de parvenir à l'union parfaite avec le Christ, c'est-à-dire à la sainteté. Il est donc au plus haut point convenable (…) que nous les invoquions avec ardeur, recourant à leurs prières et à leur aide." [_Concile Vatican II_]

DES PAGES D’ÉVANGILE VÉCUES AU QUOTIDIEN

  • "Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des saints qu’entre une musique notée et une musique chantée." [_St François de Sales_]
  • "La sainteté des saints ne se fonde pas sur des faits retentissants mais sur des petits riens qui, aux yeux du monde, paraissent insignifiants." [_Jean XXIII_]

DES SAINTS PROFONDÉMENT HUMAINS

  • "A notre époque nous voulons découvrir dans les saints (…), des frères de notre  labeur et de notre misère pour nous sentir en confiance avec eux." [_Paul VI_]
  • "Les saints (…) sont des hommes comme nous, avec des problèmes compliqués. La  sainteté ne consiste pas (…) à n’avoir jamais péché. Elle  grandit dans la capacité de conversion, de repentir, de disponibilité à recommencer, et surtout dans la capacité de réconciliation et de pardon." [_Benoît XVI_]
  • "Les saints n’ont pas tous bien commencé mais ils ont tous bien fini." [_Curé d’Ars_]

TOUS APPELÉS A LA SAINTETÉ

  • "Ce sont les saints que l’Église canonise, mais il y a aussi tous les saints cachés, anonymes (…). Chers amis, par  les saints, Dieu vous fait signe. Vous êtes tous appelés à la sainteté!" [_Jean-Paul II_]
  • "Je remercie le Seigneur qui m'a permis  de canoniser beaucoup de laïcs qui se sont sanctifiés dans les conditions les plus ordinaires de la vie.  Il est temps de proposer à tous ce "haut degré" de la vie chrétienne ordinaire." [_Jean-Paul II_]
  • "Marie a choisi la meilleure part (…) Cette meilleure part, qui semble être mon privilège en ma bien-aimée solitude du Carmel, est offerte à toute âme de baptisé(…) il faut que tu  te bâtisses une petite cellule au-dedans de ton âme (…), à travers tout, parmi tes sollicitudes maternelles, tu peux te retirer en cette solitude pour te livrer à l’Esprit Saint." [_Elisabeth de la Trinité_]
  • "On pense parfois que la sainteté est une condition privilégiée réservée à quelques élus. En réalité, devenir saint est la tâche de chaque chrétien, et nous pourrions dire de chaque homme!" [_Benoît XVI_]

toussaint

TOUSSAINT

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dimanche 10 mai 2009

TOUSSAINT

TOUSSAINT

 

Si l'Église propose quelques saints en modèles, i1 y a aussi l'immense foule des saints cachés et anonymes que nul de peut dénombrer et qui nous attendent au ciel avec, parmi eux, des parents, des amis, des voisins qui nous sont chers.

« Les saints sont demeurés les plus humains des hommes, mais la lumière du Christ a pénétré toute leur humanité.

Ce sont les saints que l'Église béatifie et canonise, mais aussi tous les saints cachés et anonymes : ils sauvent l'Église de la médiocrité, ils la réforment du dedans et ils l'entraînent vers ce qu'elle doit être.

Chers amis, par les saints, Dieu vous fait signe. Vous êtes tous appelés, vous aussi, à la sainteté
».

                                     

           (Paroles de Jean-Paul II aux jeunes à Lyon, en 1986)

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dimanche 17 octobre 2010

TOUSSAINT: HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI 1er novembre 2006

CHAPELLE PAPALE POUR LA SOLENNITÉ DE TOUS LES SAINTS
HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI
Basilique Vaticane
Mercredi 1er novembre 2006
Chers frères et soeurs,

Notre célébration eucharistique s'est ouverte par l'exhortation "Réjouissons-nous tous dans le Seigneur".
La liturgie nous invite à partager l'exultation céleste des saints, à en goûter la joie.

Les saints ne constituent pas une caste restreinte d'élus, mais une foule innombrable, vers laquelle la liturgie nous invite aujourd'hui à élever le regard.

Dans cette multitude, il n'y a pas seulement les saints officiellement reconnus, mais les baptisés de chaque époque et nation, qui se sont efforcés d'accomplir avec amour et fidélité la volonté divine.
Nous ne connaissons pas le visage ni même le nom de la plupart d'entre eux, mais avec les yeux de la foi, nous les voyons resplendir, tels des astres emplis de gloire, dans le firmament de Dieu.

Aujourd'hui, l'Eglise fête sa dignité de "mère des saints, image de la cité céleste" (A. Manzoni), et manifeste sa beauté d'épouse immaculée du Christ, source et modèle de toute sainteté.
Elle ne manque certes pas de fils contestataires et rebelles, mais c'est dans les saints qu'elle reconnaît ses traits caractéristiques, et c'est précisément en eux qu'elle goûte sa joie la plus profonde.

Dans la première Lecture, l'auteur du Livre de l'Apocalypse les décrit comme "une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue" (Ap 7, 9).
Ce peuple comprend les saints de l'Ancien Testament, à partir d'Abel le juste et du fidèle Patriarche Abraham, ceux du Nouveau Testament, les nombreux martyrs du début du christianisme, les bienheureux et saints des siècles successifs, jusqu'aux témoins du Christ de notre époque.
Il sont tous unis par la volonté d'incarner l'Evangile dans leur existence, sous l'impulsion de l'éternel animateur du Peuple de Dieu qu'est l'Esprit Saint.

Mais "à quoi sert notre louange aux saints, à quoi sert notre tribut de gloire, à quoi sert cette solennité elle-même?".

C'est par cette question que commence une célèbre homélie de saint Bernard pour le jour de la Toussaint.
C'est une question que nous pourrions nous poser également aujourd'hui.
Et la réponse que le saint nous donne est tout aussi actuelle:
"Nos saints - dit-il - n'ont pas besoin de nos honneurs et et ils ne reçoivent rien de notre culte. Pour ma part, je dois confesser que, lorsque je pense aux saints, je sens brûler en moi de grands désirs" (Disc. 2; Opera Omnia Cisterc. 5, 364sqq).

Telle est donc la signification de la solennité d'aujourd'hui: en regardant l'exemple lumineux des saints, réveiller en nous le grand désir d'être comme les saints: heureux de vivre proches de Dieu, dans sa lumière, dans la grande famille des amis de Dieu.

Etre saint signifie: vivre dans la proximité de Dieu, vivre dans sa famille
. <

Et telle est notre vocation à tous, répétée avec vigueur par le Concile Vatican II, et reproposée aujourd'hui de façon solennelle à notre attention.

Mais comment pouvons-nous devenir saints, amis de Dieu?

On peut répondre à cette interrogation tout d'abord par une négation: pour être saint, il n'est pas nécessaire d'accomplir des actions et des oeuvres extraordinaires, ni de posséder des charismes exceptionnels.

On peut ensuite répondre par une affirmation:
il est nécessaire avant tout d'écouter Jésus, et de le suivre sans se décourager face aux difficultés.
"Si quelqu'un me sert - nous avertit-Il - qu'il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera" (Jn 12, 26).
Celui qui a confiance en Lui et l'aime d'un amour sincère, comme le grain de blé tombé en terre, accepte de mourir à lui-même.
En effet, il sait que celui qui veut garder sa vie pour lui-même la perd, et que celui qui se donne, se perd, et trouve précisément ainsi la vie. (cf. Jn 12, 24-25).
L'expérience de l'Eglise démontre que toute forme de sainteté, tout en suivant des parcours différents, passe toujours par le chemin de la croix, le chemin du renoncement à soi-même.
Les biographies des saints décrivent des hommes et des femmes qui, dociles aux desseins divins, ont parfois affronté des épreuves et des souffrances indescriptibles, des persécutions et le martyre.
Ils ont persévéré dans leur engagement, "ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve - lit-on dans l'Apocalypse - ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau" (v. 14).
Leurs noms sont inscrits dans le livre de la vie (cf. Ap 20, 12); leur demeure éternelle est le Paradis.

L'exemple des saints est pour nous un encouragement à suivre les mêmes pas, à ressentir la joie de celui qui a confiance en Dieu, car l'unique cause véritable de tristesse et de malheur pour l'être humain est de vivre loin de Lui.

La sainteté exige un effort constant, mais elle est à la portée de tous car, plus que l'oeuvre de l'homme, elle est avant tout un don de Dieu, trois fois Saint (cf. Is 6, 3).

Dans la seconde Lecture, l'Apôtre Jean observe: "Voyez quelle manifestation d'amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. Et nous le sommes!" (1 Jn 3, 1).
C'est donc Dieu qui nous a aimés en premier et qui, en Jésus, a fait de nous ses fils adoptifs.

Dans notre vie, tout est don de son amour: comment demeurer indifférents face à un si grand mystère?

Comment ne pas répondre à l'amour du Père céleste par une vie de fils reconnaissants?

Dans le Christ, il nous a fait don de tout son être, et nous appelle à une relation personnelle et profonde avec Lui.

C'est pourquoi, plus nous imitons Jésus et demeurons unis à Lui, plus nous entrons dans le mystère de la sainteté divine.

Nous découvrons qu'Il nous aime de façon infinie, et cela nous pousse à notre tour à aimer nos frères.
Aimer implique toujours un acte de renoncement à soi-même, de "se perdre soi-même" et, précisément ainsi, cela nous rend heureux.

Ainsi, nous sommes arrivés à l'Evangile de cette fête, à l'annonce des Béatitudes que nous venons d'entendre retentir dans cette Basilique.
Jésus dit: Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, heureux les doux, heureux les affligés, heureux les affamés et les assoiffés de justice, les miséricordieux, heureux les coeurs purs, les artisans de paix, les persécutés pour la justice (cf. Mt 5, 3-10).

En vérité, le bienheureux par excellence est uniquement Lui, Jésus.
En effet, c'est Lui qui a véritablement une âme de pauvre, l'affligé, le doux, l'affamé et assoiffé de la justice, le miséricordieux, le coeur pur, l'artisan de paix; c'est Lui le persécuté pour la justice.
Les Béatitudes nous montrent la physionomie spirituelle de Jésus, et expriment ainsi son mystère, le mystère de Mort et de Résurrection, de Passion, et de joie de la Résurrection.
Ce mystère, qui est le mystère de la véritable Béatitude, nous invite à suivre Jésus et, ainsi, à nous acheminer vers elle.
Dans la mesure où nous accueillons sa proposition et nous nous plaçons à sa suite - chacun selon ses conditions -, nous aussi, nous pouvons participer à sa béatitude.

Avec Lui, l'impossible devient possible et même un chameau peut passer par le trou d'une aiguille (cf. Mc 10, 25); avec son aide, et uniquement avec son aide, il est possible de devenir parfaits comme le Père céleste est parfait (cf. Mt 5, 48).

Chers frères et soeurs, entrons à présent dans le coeur de la Célébration eucharistique, encouragement et aliment de sainteté.

Dans quelques instants deviendra présent de la façon la plus élevée le Christ, véritable Vigne, à laquelle, en tant que sarments, sont unis les fidèles qui sont sur terre et les saints du ciel.
Ainsi se renforcera la communion de l'Eglise en pèlerinage dans le monde avec l'Eglise triomphante dans la gloire.

Dans la Préface, nous proclamerons que les saints sont pour nous des amis et des modèles de vie.
Invoquons-les afin qu'ils nous aident à les imiter et engageons-nous à répondre avec générosité, comme ils l'ont fait, à l'appel divin.
Invoquons en particulier Marie, Mère du Seigneur et miroir de toute sainteté.
Qu'Elle, la Toute Sainte, fasse de nous de fidèles disciples de son fils Jésus Christ! Amen.

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vendredi 23 septembre 2011

Notre Eglise est l'Eglise des saints

Car l’heure des saints vient toujours. Notre Eglise est l'Eglise des saints. 

   Qui s'approche d'elle avec méfiance ne croit voir que des portes closes, des barrières et des guichets, une espèce de gendarmerie spirituelle.

Mais notre Eglise est l'Eglise des saints.

Pour être un saint, quel évêque ne donnerait son anneau, sa mitre, sa crosse, quel cardinal sa pourpre, quel pontife sa robe blanche, ses camériers, ses suisses et tout son temporel ?

Qui ne voudrait avoir la force de courir cette admirable aventure ?
Car la sainteté est une aventure, elle est même la seule aventure.

 Qui l'a une fois compris est entré au coeur de la foi catholique, a senti tressaillir dans sa chair mortelle une autre terreur que celle de la mort, une espérance surhumaine.

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Mais qui se met en peine des saints ?
On voudrait qu'ils fussent des vieillards pleins d'expérience et de politique, et la plupart sont des enfants.
Or l'enfance est seule contre tous.
Les malins haussent les épaules, sourient : quel saint eut beaucoup à se louer des gens d'Eglise ?

 Hé ! Que font ici les gens d'Eglise ! Pourquoi veut-on qu'ait accès aux plus héroïques des hommes tel ou tel qui s'assure que le royaume du ciel s'emporte comme un siège à l'Académie, en ménageant tout le monde ?
Dieu n'a pas fait l'Eglise pour la prospérité des saints, mais pour qu'elle transmît leur mémoire, pour que ne fût pas perdu, avec le divin miracle, un torrent d'honneur et de poésie.
Qu'une autre Eglise montre ses saints !

 La nôtre est l'Eglise des saints.

A qui donneriez-vous à garder ce troupeau d'anges ?

La seule histoire, avec sa méthode sommaire, son réalisme étroit et dur, les eût brisés.
Notre tradition catholique les emporte, sans les blesser, dans son rythme universel.
Saint Benoit avec son corbeau, saint François avec sa mandore et ses vers provençaux, Jeanne avec son épée, Vincent avec sa pauvre soutane, et la dernière venue, si étrange, si secrète, suppliciée par les entrepreneurs et les simoniaques, avec son incompréhensible sourire, Thérèse de l'Enfant Jésus.

Souhaiterait-on qu'ils eussent tous été, de leur vivant, mis en châsse ?
Assaillis d'épithètes ampoulées, salués à genoux, encensés ?
De telles gentillesses sont bonnes pour les chanoines.

Ils vécurent, ils souffrirent comme nous.
Ils furent tentés comme nous.

Ils eurent leur pleine charge et plus d'un, sans la lâcher, se coucha dessous pour mourir.
Quiconque n'ose encore retenir de leur exemple la part sacrée, la part divine, y trouvera du moins la leçon de l'héroïsme et de l'honneur.
Mais qui ne rougirait de s'arrêter si tôt, de les laisser poursuivre seuls leur route immense ?

Qui voudrait perdre sa vie à ruminer le problème du mal, plutôt que de se jeter en avant ? Qui refusera de libérer la terre ?

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Tout ce grand appareil de sagesse, de force, de souple discipline, de magnificence et de majesté n'est rien de lui-même, si la charité ne l'anime.

Mais la médiocrité n'y cherche qu'une assurance solide contre les risques du divin.
Qu'importe ! Le moindre petit garçon de nos catéchismes sait que la bénédiction de tous les homme d'Eglise ensemble n'apportera jamais la paix qu'aux âmes déjà prêtes à la recevoir, aux âmes de bonne volonté.

 Aucun rite ne dispense d'aimer.

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Nulle part ailleurs on ne voudrait imaginer seulement telle aventure, et si humaine, d'une petite héroïne qui passe un jour tranquillement du bûcher de l'inquisiteur en Paradis, au nez de cent cinquante théologiens.
« Si nous sommes arrivés à ce point, écrivaient au pape les juges de Jeanne, que les devineresses vaticinant faussement au nom de Dieu, comme certaine femelle prise dans les limites du diocèse de Beauvais, soient mieux accueillies par la légèreté populaire que les pasteurs et les docteurs, c'en est fait, la religion va périr, la foi s'écroule, l'Eglise est foulée aux pieds, l'iniquité de Satan dominera le monde !...»
et voilà qu'un peu moins de cinq cents ans plus tard l'effigie de la devineresse est exposée à Saint-Pierre de Rome, il est vrai peinte en guerrière, sans tabard ni robe fendue !, et à cent pieds au-dessous d'elle, Jeanne aura pu voir un minuscule homme blanc, prosterné, qui était le pape lui-même.

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Du Pontife au gentil clergeon qui boit le vin des burettes, chacun sait qu'on ne trouve au calendrier qu'un très petit nombre d'abbés oratoires et de prélats diplomates.

Seul peut en douter tel ou tel bonhomme bien pensant, à gros ventre et à chaîne d'or, qui trouve que les saints courent trop vite, et souhaiterait d'entrer au paradis à petits pas, comme au banc d'ouvre, avec le curé son compère.

Notre Eglise est l'Eglise des saints.

Nous respectons les services d'intendance, la prévôté, les majors et les cartographes, mais notre cour est avec les gens de l'avant, notre cour est avec ceux qui se font tuer.

Nul d'entre nous portant sa charge, (patrie, métier, famille), avec nos pauvres visages creusés par l'angoisse, nos mains dures, l'énorme ennui de la vie quotidienne, du pain de chaque jour à défendre, et l'honneur de nos maisons, nul d'entre nous n'aura jamais assez de théologie pour devenir seulement chanoine. Mais nous en savons assez pour devenir des saints.

Que d'autres administrent en paix le royaume de Dieu ! Nous avons déjà trop à faire d'arracher chaque heure du jour, une par une, à grand-peine, chaque heure de l'interminable jour, jusqu'à l'heure attendue, l'heure unique où Dieu daignera souffler sur sa créature exténuée, Ô Mort si fraîche, ô seul matin !

Que d'autres prennent soin du spirituel, argumentent, légifèrent : nous tenons le temporel à pleines mains, nous tenons à pleines mains le royaume temporel de Dieu.

Nous tenons l'héritage des saints.

Car depuis que furent bénis avec nous la vigne et le blé, la pierre de nos seuils, le toit où nichent les colombes, nos pauvres lits pleins de songe et d'oubli, la route où grincent les chars, nos garçons au rire dur et nos filles qui pleurent au bord de la fontaine, depuis que Dieu lui-même nous visita, est-il rien en ce monde que nos saints n'aient dû reprendre, est-il rien qu'ils ne puissent donner ? ».

 

Georges Bernanos, Jeanne relapse et sainte,  Plon 1934, p 80-89

 

jeudi 6 octobre 2011

La communion des saints

    La communion des saints… Lequel d’entre nous est sûr de lui appartenir ?

Et s’il a ce bonheur, quel rôle y joue-t-il ?

Quels sont les riches et les pauvres de cette étonnante communauté ?

Ceux qui donnent et ceux qui reçoivent ?

Que de surprises ! Tel vénérable chanoine pieusement décédé, dont le bulletin diocésain aura fait l’éloge pompeux, dans le style particulier à ces publications, ne risque-t-il pas d’apprendre, par exemple, qu’il a dû sa vocation et son salut à quelque incrédule notoire, secrètement harcelé par l’angoisse religieuse, et auquel Dieu avait incompréhensiblement refusé les consolations mais non pas les mérites de la foi ?
(Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé.)

Oh ! rien ne paraît mieux réglé, plus strictement ordonné, hiérarchisé, équilibré que la vie extérieure de l’Eglise.
Mais sa vie intérieure déborde des prodigieuses libertés, on voudrait presque dire des divines extravagances de l’Esprit _ l’Esprit qui souffle où il veut.

Lorsqu’on songe à la stricte discipline qui maintient presque implacablement à sa place assignée chaque membre de ce grand corps ecclésiastique depuis le modeste vicaire jusqu’au Saint-Père avec ses privilèges, ses titres, on voudrait presque dire son vocabulaire particulier, n’est-ce pas en effet comme une extravagance, ces promotions soudaines, parfois très soudaines, de religieuses obscures, de simples laïques, ou même de mendiants faits brusquement patrons, protecteurs et parfois docteurs de l’Eglise universelle.

                                            Nos amis les saints, II,  p. 1380

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samedi 15 octobre 2011

Homélie de St Bernard pour la Toussaint

Pourquoi notre louange à l'égard des saints,
pourquoi notre chant à leur gloire,
pourquoi cette fête même que nous célébrons ?
Que leur font ces honneurs terrestres, alors que le Père du ciel, en réalisant la promesse du Fils, les honore lui-même ?
De nos honneurs les saints n'ont pas besoin, et rien dans notre culte ne peut leur être utile.
De fait, si nous vénérons leur mémoire, c'est pour nous que cela importe, non pour eux.
[...] Pour ma part, je l'avoue, je sens que leur souvenir allume en moi un violent désir [...]

Le premier désir, en effet, que la mémoire des saints éveille, ou plus encore stimule en nous, le voici :
nous réjouir dans leur communion tellement désirable et obtenir d'être concitoyens et compagnons des esprits bienheureux, d'être mêlés à l'assemblée des patriarches, à la troupe des prophètes, au groupe des Apôtres, à la foule immense des martyrs, à la communauté des confesseurs, au chœur des vierges, bref d'être associés à la joie et à la communion de tous les saints.

[...] Cette Église des premiers-nés nous attend, et nous n'en aurions cure !
Les saints nous désirent et nous n'en ferions aucun cas !
Les justes nous espèrent et nous nous déroberions !

Réveillons-nous enfin, frères ; ressuscitons avec le Christ, cherchons les réalités d'en haut ; ces réalités, savourons-les.
Désirons ceux qui nous désirent, courons vers ceux qui nous attendent, et puisqu'ils comptent sur nous, accourrons avec nos désirs spirituels.

{...] Ce qu'il nous faut souhaiter, ce n'est pas seulement la compagnie des saints, mais leur bonheur, si bien qu'en désirant leur présence, nous ayons l'ambition aussi de partager leur gloire, avec toute l'ardeur et les efforts que cela suppose.
Car cette ambition-là n'a rien de mauvais : nul danger à se passionner pour une telle gloire. [...]

Et voici le second désir dont la commémoration des saints nous embrase : voir, comme eux, le Christ nous apparaître, lui qui est notre vie, et paraître, nous aussi, avec lui dans la gloire.

Jusque-là, il ne se présente pas à nous comme il est en lui-même, mais tel qu'il s'est fait pour nous : notre Tête, non pas couronnée de gloire, mais ceinte par les épines de nos péchés [...]

Viendra le jour de l'avènement du Christ : alors on n'annoncera plus sa mort de manière à nous faire savoir que nous aussi sommes morts et que notre vie est cachée avec lui.

La Tête apparaîtra dans la gloire, et avec elles les membres resplendiront de gloire, lorsque le Christ restaurera notre corps d'humilité pour le configurer à la gloire de la Tête, puisque c'est lui la Tête.

Cette gloire, il nous faut la convoiter d'une absolue et ferme ambition.
[...] Et vraiment, pour qu'il nous soit permis de l'espérer, et d'aspirer à un tel bonheur, il nous faut rechercher de tout cœur l'aide et la prière des saints : ce qui est au-dessus de nos forces puisse-t-il nous être donné par leur intercession !

Homélie de St Bernard pour la Toussaint (Ed. cistersienne, 5, 364-368)

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mercredi 19 octobre 2011

La Sainteté , lumière de Dieu


Les Saints sont la gloire de Dieu sur la Terre,

ils sont l’expression vivante de la divinité ici-bas,

ils sont des anges et le bonheur des hommes. 

Un saint, c’est un homme qui est uni à Dieu,

qui ne fait qu’un avec lui,

qui demande à Dieu,

qui parle à Dieu,

et à qui Dieu obéit.

C’est un homme qui tient tous les pouvoirs de Dieu en sa main,

c’est un homme qui remue tout l’univers quand il est bien uni au Maître qui gouverne toutes choses. 

Les saints sont les hommes les plus puissants de la terre,

ils attirent tout à eux,

parce qu’ils ont la charité et la lumière de Dieu,

et la fécondité de l’Esprit Saint. 

Ils ont la richesse de Dieu,

qu’ils distribuent à chaque créature,

ce sont les économes du bon Dieu sur la terre. 

Et il faut que vous deveniez des saints

Il faut que vous deveniez des lumières pour conduire les hommes dans le bon chemin,

du feu pour échauffer les froids et les glacés,

des images vivantes de Dieu sur terre.

    

                            Bienheureux Antoine CHEVRIER

 

  Cité par le site : sur les pas des saints     http://surlespasdessaints.over-blog.com/

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