jeudi 16 février 2012

Principales étapes des procès de béatification et de canonisation

Les règles de canonisation ont souvent changé au cours des siècles.
Actuellement, la Constitution apostolique du 25 janvier 1983 DIVINUS PERFECTIONIS MAGISTER a fixé la procédure à suivre dans les enquêtes pour les causes des saints qui seront faites à l'avenir par les évêques et ce document a été précisé par l’instruction Sanctorum Mater du 17 mai 2007.

Ces documents montrent bien qu’il s’agît d’une procédure complexe.
La rigueur est nécessaire dans l’étude de ces causes.
Voici ci-dessous les grandes lignes des étapes d’un procès de béatification et canonisation, sans rentrer dans les détails et cas particuliers.

Débuts d’une cause :

N’importe quel fidèle chrétien ou une association de fidèles peut demander à l’évêque du lieu la béatification d’une personne décédée ayant une réputation de sainteté, au plus tôt cinq ans après la mort de celle-ci.

Lorsque cette demande est acceptée par l’évêque, une enquête préliminaire est réalisée. Le requérant appelé acteur choisit, avec l’accord de l’évêque, un postulateur chargé de promouvoir la cause.

L’évêque adresse à Rome, à la Congrégation pour les Causes des Saints (CCS), un document présentant la personne et l’intérêt que pourrait avoir sa béatification.

Après avoir reçu le « nihil obstat » du Saint Siège, (c’est-à-dire « aucun empêchement » à l’ouverture de cette cause), c’est à l’évêque que revient le rôle de procèder à l’ouvertue officielle de la cause en signant le libellé de requête  « Supplex Libellus » à la demande du postulateur.
 Mais avant de signer la supplique, l'évêque consulte  les évêques de la région sur l'opportunité d'introduire cette cause.
La personne dont la cause de béatification est ouverte officiellement est alors appelée « serviteur de Dieu ».
Dans le cas où l’évêque interromprait l’étude de la cause, l’appellation de « serviteur de Dieu » ne serait plus utilisée.

Enquête diocésaine :

L’enquête diocésaine officiellement ouverte, un tribunal est constitué avec notamment le postulateur et un promoteur de justice chargé de vérifier la validité des documents et la pertinence de l’argumentation.
Le tribunal enquête sur la vie, les vertus et la réputation de sainteté du serviteur de Dieu.
Il procède à l’interrogatoire des témoins qui déposent sous serment.

L’enquête diocésaine terminée, ses travaux sont envoyés à la CCS à Rome.

La CCS à Rome procède en plusieurs étapes :

  • Ouverture du dossier

  • Après une étude des éléments du dossier est signé par le préfet de la CCS un décret de validité du procès diocésain

  • Après une étude approfondie du dossier par des experts en lien avec le postulateur, le préfet de la CCS peut proposer  au pape de signer
        - le Décret sur l’héroïcité des vertus le serviteur de Dieu a alors le titre de Vénérable.
        - ou la reconnaissance du martyre. Le serviteur de Dieu peut alors être directement béatifié

  • Pour pouvoir être béatifié, un miracle doit être reconnu par l’Eglise (non nécessaire pour les martyrs).
    Une nouvelle enquête est faite sur le présumé miracle avec l’aide de médecins, s’il s’agit d’une guérison.
    Le préfet de la CCS peut alors proposer au pape de signer le décret de reconnaissance de miracle.
    Leserviteur de Dieu est alors « béatifiable ».
     
  • Sur proposition du préfet de la CCS, le pape, s’il l’estime opportun, peut signer le décret de béatification et fixer une date pour la béatification. Depuis septembre 2005, ces béatifications ont lieu dans le diocèse d’origine.
    le serviteur de Dieu reçoit alors le titre de  Bienheureux.

           Le bienheureux a droit à un culte local dans son diocèse ou sa congrégation.

De la béatification à la canonisation :

  • Pour que le serviteur de Dieu puisse être canonisé, un deuxième miracle doit être reconnu et celui-ci doit avoir eu lieu après la béatification.
    Une nouvelle enquête diocésaine est alors ouverte sur le miracle présumé.
    Les documents sont envoyés à Rome, et après étude par la CCS,  c’est le pape qui doit à nouveau signer le décret de reconnaissance du miracle sur proposition du préfet de la CCS.

      - Voici un exemple avec la bienheureuse Elisabeth de la Trinité

  • Après la reconnaissance du second miracle, le pape peut décider de signer le décret de canonisation.
     Après la canonisation, qui se fait toujours à Rome, le serviteur de Dieu sera alors appelé Saint.

         Un saint a droit à un culte dans le monde entier.

Remarque : Le pape a le droit de ne pas respecter ces procédures habituelles, voir l'article suivant sur les "canonisations équipollentes" et la canonisation de JeanXXIII