dimanche 14 novembre 2010

Nous devons avoir la vivante et authentique détermination d'atteindre la sainteté (Mère Teresa)

Bienheureuse Mère Teresa (1910-1997)
        extrait de : L'amour, un fruit toujours de saison
. Éd. du Roseau, Canada, 1986.

 La sainteté consiste à accomplir d'un cœur joyeux la volonté de Dieu...            

Le premier pas vers la sainteté est la volonté de devenir saint.

A travers une volonté ferme et droite, nous aimons Dieu, nous choisissons Dieu, nous nous hâtons vers Dieu, nous L'atteignons, nous L'avons.
La sainteté n'est pas un luxe réservé au petit nombre, mais simple devoir pour vous et moi ;
aussi, soyons saints comme notre Père aux cieux est saint.
Saint Thomas disait : « La sainteté n'est rien d'autre qu'une ferme résolution » - l'acte héroïque d'une âme qui s'abandonne à Dieu.

Notre progrès dans la sainteté dépend de Dieu et de nous, de la grâce de Dieu et de notre volonté de devenir saint. Nous devons avoir la vivante et authentique détermination d'atteindre la sainteté.
« Je serai un saint » veut dire : je me dépouillerai moi-même de tout ce qui n'est pas Dieu, je viderai mon coeur de toutes les choses créées, je vivrai dans la pauvreté et le détachement, je renoncerai à ma volonté, à mes penchants, à mes caprices et à mes fantaisies(...).

Rien ne peut nous rendre saints, excepté la présence de Dieu...
Et pour moi la présence de Dieu réside dans la fidélité à de petites choses.

Nous pouvons ne pas accomplir de grandes choses - juste des petites, avec grand amour.
Les Sœurs font des petites choses : aider les enfants, visiter les personnes solitaires, les malades, les indésirables.
Quand quelqu'un me dit que les Sœurs n'ont entrepris aucun grand travail, qu'elles font tranquillement de petites choses, je réponds que même si elles n'aidaient qu'une seule personne, cela suffirait.
Jésus serait mort pour une seule personne, pour un seul pécheur.

Nous devons devenir saints, non parce que nous voulons nous sentir saints, mais parce que le Christ doit être capable de vivre pleinement Sa vie en nous.
Nous devons être tout amour, toute foi, toute pureté...

Je prie que chacun de vous soit saint, et ainsi répande l'amour de Dieu partout où il va.
Que Sa lumière de vérité soit dans la vie de chaque personne, de façon à ce que Dieu puisse continuer à aimer le monde à travers vous et moi.

 

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vendredi 11 mars 2011

JEAN PAUL II, le pape de la sainteté

  selon l’expression du Cardinal Martins en 2003 alors préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints.
   
   Le 1er novembre 1946, en la fête de tous les saints, dans une chapelle d’une Pologne crucifiée, un jeune homme du nom de Carol Wojtyla reçoit le sacrement de l’ordre dans la clandestinité.
32 ans après, élu pape sous le nom de Jean Paul II, il commence alors un long pontificat qui durera 26 ans.

   Profondément marqué par la haute dignité de la personne humaine, de chaque homme en particulier, ce géant insiste sur le fait que le projet de Dieu pour chacun de nous, c’est la sainteté.

  C’est appel universel à la sainteté, fortement rappelé par le Concile Vatican II, devient le thème central de tout son pontificat.
Il ne cesse dans ses interventions d’exhorter le monde entier et particulièrement les jeunes, à avancer avec confiance et audace vers la sainteté :

"Les saints sont les témoins visibles de la sainteté mystérieuse de l’Eglise.
Ils sont demeurés les plus humains des hommes, mais la lumière du Christ a pénétré toute leur humanité.
Ce sont les saints que l’Eglise béatifie et canonise, mais aussi tous les saints cachés, anonymes : ils sauvent l’Eglise de la médiocrité, ils la réforment du dedans, je dirais par contagion, et ils l’entraînent vers ce qu’elle doit être.
Chers amis, par les saints, Dieu vous fait signe. Vous êtes tous appelés, vous aussi, à la sainteté !"
              aux jeunes à Lyon - octobre 1986

« Je n’hésite pas à dire que la perspective dans laquelle doit se placer tout le cheminement pastoral est celle de la sainteté.
....Ce don de sainteté, pour ainsi dire objective, est offert à chaque baptisé.

   Mais le don se traduit à son tour en une tâche, qui doit gouverner toute l'existence chrétienne:
“ La volonté de Dieu, c'est que vous viviez dans la sainteté ” (1 Th 4, 3).
C'est un engagement qui ne concerne pas seulement certains chrétiens : “ Tous les fidèles du Christ, quel que soit leur état ou leur rang, sont appelés à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité”. » extrait de la lettre pour le nouveau millénaire reprenant le Concile Vatican II

    Il  béatifie et canonise de nombreux consacrés mais aussi de nombreux laïcs de toutes conditions et  de tous les pays (1342 bienheureux, 483 saints ! ) : couples, célibataires, mères ou pères de famille, jeunes gens … : Ces nombreuses béatifications et canonisations manifestent, comme il le dit lui-même, « la vitalité des églises locales qui sont aujourd’hui beaucoup plus nombreuses qu’aux premiers siècles et qu’au premier millénaire ».

« (…)Une sainteté qui ne consiste pas à accomplir des œuvres exceptionnelles, mais à vivre de façon extraordinaire les choses ordinaires; c´est-à-dire avec tout l´amour possibleRome, le 26 11 2001

   Il rappelle aussi qu’on doit « s’employer à reconnaître l’héroïcité des vertus d’hommes et de femmes qui ont réalisé leur vocation chrétienne dans le mariage ».

  Car pour lui, « Il est temps de proposer à tous, avec conviction, ce « haut degré » de la vie chrétienne ordinaire : toute la vie de la communauté ecclésiale et des familles chrétiennes doit mener dans cette direction ».extrait de la lettre pour le nouveau millénaire


  En ce 1er mai 2011 à Rome, ce héraut de la sainteté va rejoindre à son tour le cortège des bienheureux qu’il a tant aimés.
Comme tous les saints, sa fécondité spirituelle ne va pas cesser de se déployer pour le plus grand bien des hommes.

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samedi 23 avril 2011

Benoît XVI, catéchèse sur la sainteté du 13 avril 2011 (extraits)


 A l’exemple des saints

« Toute l'histoire de l'Eglise est marquée par les saints, ces hommes et femmes qui par leur foi, par leur charité, par leur vie ont été des phares pour de si nombreuses générations, et qu'ils le sont aussi pour nous.
Les saints manifestent de différentes manières la présence puissante et transformatrice
du Ressuscité ;
ils ont laissé le Christ se saisir si pleinement de leur vie qu'ils peuvent affirmer avec saint Paul : « Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).
Suivre leur exemple, recourir à leur intercession, entrer en communion avec eux, « nous unit au Christ de qui découlent, comme de leur source et de leur tête, toutes grâces et la vie du Peuple de Dieu lui-même »
                        (Conc. Œc. Vat. II, Const. dogm.> Lumen gentium, n. 50).


 Qui est appelé à être saint ?

> Que veut dire être saint ? Qui est appelé à être saint ? On est souvent porté encore à penser que la sainteté est une destination réservée à de rares élus.
Saint Paul, en revanche, parle du grand dessein de Dieu et affirme :
« C'est ainsi qu'Il (Dieu) nous a élus en lui (le Christ), dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l'amour » (Ep 1, 4). Et il parle de nous tous. Au centre du dessein divin, il y a le Christ, dans lequel Dieu montre son Visage.


 Que veut dire être saint ?

 La sainteté, la plénitude de la vie chrétienne ne consiste pas à accomplir des entreprises extraordinaires, mais à s'unir au Christ, à vivre ses mystères, à faire nôtres ses attitudes, ses pensées, ses comportements. La mesure de la sainteté est donnée par la stature que le Christ atteint en nous, par la mesure dans laquelle, avec la force de l'Esprit Saint, nous modelons toute notre vie sur la sienne.

Comment pouvons-nous parcourir la voie de la sainteté ?

La réponse est claire : une vie sainte n'est pas principalement le fruit de notre effort, de nos actions, car c'est Dieu, le trois fois Saint (cf. Is 6, 3), qui nous rend saints, c'est l'action de l'Esprit Saint qui nous anime de l'intérieur, c'est la vie même du Christ ressuscité qui nous est communiquée et qui nous transforme.

Pour le dire avec le Concile Vatican II : « Appelés par Dieu, non au titre de leurs œuvres mais au titre de son dessein gracieux, justifiés en Jésus notre Seigneur, les disciples du Christ sont véritablement devenus par le baptême de la foi, fils de Dieu, participants de la nature divine et, par là même, réellement saints. Cette sanctification qu'ils ont reçue, il leur faut donc, avec la grâce de Dieu, la conserver et l'achever par leur vie »> (ibid., n. 40).


La sainteté a donc sa racine ultime dans la grâce baptismale, dans le fait d'être greffés sur le Mystère pascal du Christ, avec lequel nous est communiqué son Esprit, sa vie de Ressuscité.
 Mais Dieu respecte toujours notre liberté et demande que nous acceptions ce don et vivions les exigences qu'il comporte, il demande que nous nous laissions transformer par l'actionde l'Esprit Saint, en conformant notre volonté à la volonté de Dieu.

Comment notre façon de penser et nos actions peuvent-elles devenir la manière de penser et d'agir du Christ et avec le Christ ? Quelle est l'âme de la sainteté ?

 La charité qui nous fait aimer Dieu par-dessus tout et le prochain à cause de lui est  le don premier et le plus nécessaire.
Mais pour que la charité, comme un bon grain, croisse dans l'âme et fructifie, chaque fidèle doit s'ouvrir à la Parole de Dieu et, avec l'aide de sa grâce, mettre en œuvre sa volonté, participer fréquemment aux sacrements, surtout à l'Eucharistie, et aux actions sacrées, s'appliquer avec persévérance à la prière, à l'abnégation de soi, au service actif de ses frères et à l'exercice de toutes les vertus.
La charité étant, en effet, le lien de la perfection et la plénitude de la loi (cf. Col 3, 14 ; Rm 13, 10), elle oriente tous les moyens de sanctification, leur donne leur âme et les conduit à leur fin » (Lumen gentium, n. 42).

 Qu'est-ce qui est essentiel ?

 Il est essentiel de ne jamais laisser passer un dimanche sans une rencontre avec le Christ Ressuscité dans l'Eucharistie ; cela n'est pas un poids en plus, mais une lumière pour toute la semaine.
Il ne faut pas commencer ni finir une journée sans avoir au moins un bref contact avec Dieu.
Et, sur la route de notre vie, suivre les « panneaux routiers » que Dieu nous a communiqués dans le décalogue lu
avec le Christ, qui est tout simplement l'explicitation de ce qu'est la charité dans des situations déterminées.
Il me semble que cela est la véritable simplicité et la grandeur de la vie de sainteté : la rencontre avec le Ressuscité le dimanche ; le contact avec Dieu au début et à la fin de la journée ; suivre, dans les décisions, les « panneaux routiers » que Dieu nous a communiqués, qui sont seulement des formes de charité.
Telle est la véritable simplicité, grandeur et profondeur de la vie chrétienne, du fait d'être saints.


Voilà pourquoi saint Augustin  peut affirmer une chose courageuse : « Aime et fais ce que tu veux ». Et il poursuit : « Si tu te tais, tais-toi par amour ; si tu parles, parle par amour ; si tu corriges, corrige par amour ; si tu pardonnes, pardonne par amour ; qu'en toi se trouve la racine de l'amour, car de cette racine ne peut rien procéder d'autre que le bien » (7, 8 : PL 35).

Et nos limites, notre faiblesse ?

Sans doute pourrions-nous nous demander : pouvons-nous, avec nos limites, avec notre faiblesse, tendre à des sommets si élevés ? Au cours de l'Année liturgique, l'Eglise nous invite à faire mémoire d'une foule de saints, c'est-à-dire de ceux qui ont vécu pleinement la charité, qui ont su aimer et suivre le Christ dans leur vie quotidienne. Ils nous disent qu'il est possible pour tous de parcourir cette voie.
 A toute époque de l'histoire de l'Eglise, à toute latitude de la géographie du monde, les saints appartiennent à tous les âges et à tous les états de vie, ils ont le visage concret de chaque peuple, langue et nation. Et ils sont de types très divers.

En réalité, je dois dire qu'en ce qui concerne ma foi personnelle également, de nombreux saints, pas tous, sont de véritables étoiles dans le firmament de l'histoire. Et je voudrais ajouter que pour moi, il n'y a pas que certains grands saints que j'aime et que je connais bien qui « indiquent la voie », mais aussi les saints simples, c'est-à-dire les personnes bonnes que je vois dans ma vie, qui ne seront jamais canonisées. Ce sont des personnes normales, pour ainsi dire, sans héroïsme visible, mais dans leur bonté quotidienne, je vois la vérité de la foi. Cette bonté, qu'elles ont mûrie dans la foi de l'Eglise, est pour moi la plus sûre apologie du christianisme et le signe qui montre où se trouve la vérité.

 Dans la communion des saints, canonisés et non canonisés, que l'Eglise vit grâce au Christ dans tous ses membres, nous jouissons de leur présence et de leur compagnie et nous cultivons la ferme espérance de pouvoir imiter leur chemin et partager un jour la même vie bienheureuse, la vie éternelle.

 Conclusion : La grandeur et la beauté de la vie chrétienne

 Chers amis, comme la vocation chrétienne est grande et belle, et également simple, vue sous cette lumière ! Nous sommes tous appelés à la sainteté : elle est la mesure même de la vie chrétienne.

 Je voudrais inviter chacun à s'ouvrir à l'action de l'Esprit Saint, qui transforme notre vie, pour être nous aussi comme des pièces de la grande mosaïque de sainteté que Dieu crée dans l'histoire, afin que le visage du Christ resplendisse dans tout son éclat.
 N'ayons pas peur de tendre vers le haut, vers les sommets de Dieu ; n'ayons pas peur que Dieu nous demande trop, mais laissons-nous guider dans chacune de nos actions quotidiennes par sa Parole, même si nous nous sentons pauvres, inadéquats, pêcheurs : c'est Lui qui nous transformera selon son amour.»
 
                   Benoît XVI, catéchèse sur la sainteté du 13 avril 2011 (extraits)

 

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dimanche 29 mai 2011

Citations sur la sainteté ( Madeleine Delbrêl)



            Nous autres, gens ordinaires

IL y a des gens que Dieu prend et met à part.
Il y en a d'autres qu'il laisse dans la masse, qu'il ne "retire pas du monde".

Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires.
Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires.
Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires.
Ce sont les gens de la vie ordinaire.
Les gens que l'on rencontre dans n'importe quelle rue.
Ils aiment leur porte qui s'ouvre sur la rue, comme leurs frères invisibles au monde aiment la porte qui s'est refermée sur eux.

Nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où  Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté.

Nous croyons que rien de nécessaire ne nous y manque, car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l'aurait déjà donné.                                            
                                                   Madeleine Delbrêl (1904-1964)

 

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jeudi 30 juin 2011

Le devoir d’état ... par Madeleine Delbrêl


La  taille du paradis en nous, c’est l’accomplissement minutieux et magnanime de notre  devoir d’état.

Faire son devoir d’état, c’est accepter de rester là où on est pour que le règne de Dieu vienne jusqu’à nous et s’étende sur cette terre que nous sommes.

Quand nous faisons la volonté de Dieu, quand nous nous levons, quand nous préparons  le  repas, quand nous sortons, quand nous faisons une course, quand nous prenons notre train, nous nous enfonçons pour ainsi dire dans l’union au Seigneur en acceptant et en voulant sa volonté.

Nos petites peines, elles, sont le merveilleux moyen que nous avons d’activer, de féconder la grande peine du monde.
Rien n’est triste en ce moment comme de voir souffrir des épreuves exceptionnelles, à l’aveugle, par le monde entier.

On reconnaîtrait vite un saint dans les toutes petites peines de la vie quotidienne.
Il y mettrait une aisance, un naturel et aussi une grâce – dans les deux sens du mot – une bonne grâce qui ferait de cette petite peine une grande œuvre d’amour.

Madeleine Delbrêl, la sainteté des gens ordinaires, Nouvelle Cité, p.33 à 41 (extraits)

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