vendredi 10 avril 2009

Histoire de la canonisation

PREMIERS SIECLES

Les communautés chrétiennes érigent des autels sur la sépulture des martyrs, les "saints" et les entourent d'une vénération particulière. Aux évêques revient peu à peu la charge d'autoriser le culte et la vénération des reliques et de "ceux que la pratique remarquable des vertus et les charismes divins recommandaient à la pieuse dévotion et à l'imitation des fidèles".
La plupart des cultes étaient locaux et avaient pour objet le tombeau du saint.

MOYEN AGE

Le premier acte authentique de canonisation connu date de 993 : c'est celui d'Udalric canonisé par le pape Jean XV.
En 1153, Gauthier de Pontoise est le dernier saint canonisé par un évêque.
Depuis Alexandre III (vers 1180), le pape seul se réserve le droit de béatifier ou de canoniser. Durant tout le Moyen Age, on ne fait aucune distinction entre les titres de bienheureux et de saints. La procédure de canonisation n'est pas établie avec précision.

DU 16 ème AU 20 ème SIECLE

Le pape Sixte V (1588) confie les procès de béatification à la congrégation des rites. Urbain VIII (1642) puis Benoît XIV (1756) apportent des précisions sur les règles des procès de béatification.
Lorsque la Congrégation des Rites agrée l'introduction de la cause, le personnage est déclaré " vénérable". Ensuite, lorsque l'héroïcité des vertus et 2 miracles sont reconnus, il est déclaré "bienheureux". Enfin, si 2 autres miracles sont obtenus et après une longue étude approfondie, il peut être déclaré "saint".
Avec les progrès des sciences historiques, Pie XII (1930) institue dans la Congrégation des Rites une section historique à laquelle il confie les "causes historiques".

QUELQUES CHIFFRES

Au 17ième siècle : 22 saints.   Au 18ième  : 29 saints.   Au 19ième  : 80 saints.
Au 20ième siècle : Pie X : 4 saints.  Benoît XV : 3 saints dont Jeanne d'Arc.
Pie XI  : 34 saints dont le curé d'Ars et Thérèse de l'Enfant Jésus.
Pie XII : 33 saints.  Jean XXIII : 10 saints.  Paul VI : 81 saints.
Jean Paul II a canonisé 483 saints et béatifié 1342 bienheureux.
Benoît XVI : 45 saints et 843 bienheureux 

 

 

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jeudi 16 février 2012

Principales étapes des procès de béatification et de canonisation

Les règles de canonisation ont souvent changé au cours des siècles.
Actuellement, la Constitution apostolique Divinus perfectionis magister du 25 janvier 1983 a fixé la procédure à suivre dans les enquêtes pour les causes des saints qui seront faites à l'avenir par les évêques et ce document a été précisé par l’instruction Sanctorum Mater du 17 mai 2007.

Ces documents montrent bien qu’il s’agît d’une procédure complexe.
La rigueur est nécessaire dans l’étude de ces causes.
Voici ci-dessous les grandes lignes des étapes d’un procès de béatification et canonisation, sans rentrer dans les détails et cas particuliers.

Débuts d’une cause :

N’importe quel fidèle chrétien ou une association de fidèles peut demander à l’évêque du lieu la béatification d’une personne décédée ayant une réputation de sainteté, au plus tôt cinq ans après la mort de celle-ci.

Lorsque cette demande est acceptée par l’évêque, une enquête préliminaire est réalisée. Le requérant appelé acteur choisit, avec l’accord de l’évêque, un postulateur chargé de promouvoir la cause.

L’évêque adresse à Rome, à la Congrégation pour les Causes des Saints (CCS), un document présentant la personne et l’intérêt que pourrait avoir sa béatification.

Après avoir reçu le « nihil obstat » du Saint Siège, (c’est-à-dire « aucun empêchement » à l’ouverture de cette cause), c’est à l’évêque que revient le rôle de procèder à l’ouvertue officielle de la cause en signant le libellé de requête  « Supplex Libellus » à la demande du postulateur.
 Mais avant de signer la supplique, l'évêque consulte  les évêques de la région sur l'opportunité d'introduire cette cause.
La personne dont la cause de béatification est ouverte officiellement est alors appelée « serviteur de Dieu ».
Dans le cas où l’évêque interromprait l’étude de la cause, l’appellation de « serviteur de Dieu » ne serait plus utilisée.

Enquête diocésaine :

L’enquête diocésaine officiellement ouverte, un tribunal est constitué avec notamment le postulateur et un promoteur de justice chargé de vérifier la validité des documents et la pertinence de l’argumentation.
Le tribunal enquête sur la vie, les vertus et la réputation de sainteté du serviteur de Dieu.
Il procède à l’interrogatoire des témoins qui déposent sous serment.

L’enquête diocésaine terminée, ses travaux sont envoyés à la CCS à Rome.

La CCS à Rome procède en plusieurs étapes :

  • Ouverture du dossier

  • Après une étude des éléments du dossier est signé par le préfet de la CCS un décret de validité du procès diocésain

  • Après une étude approfondie du dossier par des experts en lien avec le postulateur, le préfet de la CCS peut proposer  au pape de signer le Décret sur l’héroïcité des vertus (ou la reconnaissance du martyre).
    le serviteur de Dieu a le titre de Vénérable.

  • Pour pouvoir être béatifié, un miracle doit être reconnu par l’Eglise (non obligatoire pour les martyrs).
    Une nouvelle enquête est faite sur le présumé miracle avec l’aide de médecins, s’il s’agit d’une guérison.
    Le préfet de la CCS peut alors proposer au pape de signer le décret de reconnaissance de miracle.
    Le serviteur de Dieu est alors « béatifiable ».
     
  • Sur proposition du préfet de la CCS, le pape, s’il l’estime opportun, peut signer le décret de béatification et fixer une date pour la béatification. Depuis septembre 2005, ces béatifications ont lieu dans le diocèse d’origine.
    le serviteur de Dieu reçoit alors le titre de  Bienheureux.

           Le bienheureux a droit à un culte local dans son diocèse ou sa congrégation.

De la béatification à la canonisation :

  • Pour que le serviteur de Dieu puisse être canonisé, un deuxième miracle doit être reconnu et celui-ci doit avoir eu lieu après la béatification.
    Une nouvelle enquête diocésaine est alors ouverte sur le miracle présumé.
    Les documents sont envoyés à Rome, et après étude par la CCS,  c’est le pape qui doit à nouveau signer le décret de reconnaissance du miracle sur proposition du préfet de la CCS.

      - Voici un exemple avec la bienheureuse Elisabeth de la Trinité

  • Après la reconnaissance du second miracle, le pape peut décider de signer le décret de canonisation.
     Après la canonisation, qui se fait toujours à Rome, le serviteur de Dieu sera alors appelé Saint.

         Un saint a droit à un culte dans le monde entier.

Remarque : Le pape a le droit de ne pas respecter ces procédures habituelles, voir l'article suivant sur les "canonisations équipollentes" et la canonisation de JeanXXIII